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    Sur le dossier vénézuélien, Macron «s'aligne sur la politique rétrograde de Trump»

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    Elliot Lelievre
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    En déplacement à Paris pour intervenir à l'UNESCO, Ernesto Villegas, ministre de la Culture du Venezuela, a réagi aux déclarations d'Emmanuel Macron qui estimait récemment que l'élection présidentielle vénézuélienne du 20 mai prochain ne serait ni juste, ni libre, ni transparente.

    Le 3 avril dernier, le Président Macron recevait à l'Elysée une délégation vénézuélienne composée de membres de l'opposition interdite par la République bolivarienne parce que considérée par elle comme inconstitutionnelle.

    Au terme de cette rencontre, l'administration présidentielle a publié un communiqué dans lequel Emmanuel Macron estimait que les conditions d'organisation de l'élection présidentielle vénézuélienne du 20 mai prochain «ne permettent pas, en l'état, un scrutin juste, libre et transparent».

    Une déclaration qui n'a pas du tout plu à Caracas, qui y a vu une tentative d'ingérence de la France dans ses affaires intérieures. Dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères, le gouvernement vénézuélien a directement répondu au Président français:

    «Président Macron, vous devriez répondre à la grave crise sociale et migratoire dont souffre l'Europe plutôt que de violer le Droit international en vous immisçant dans les affaires du Venezuela et d'en tirer un bénéfice personnel au vu de votre popularité affaiblie en France.»

    Interrogé au micro de Sputnik, Ernesto Villegas, le ministre de la Culture vénézuélien, en déplacement à Paris, s'est montré moins vindicatif à l'égard du Président français. Le dignitaire ne mentionne à aucun moment de violations du Droit international mais se désole que, sur le dossier vénézuélien également, Emmanuel Macron adopte la même position de Washington.

    «Il est regrettable que le Président Macron ait décidé de s'aligner sur la politique rétrograde et irrespectueuse — en particulier envers le Venezuela — de Donald Trump.»

    M. Villegas a ensuite regretté qu'Emmanuel Macron se fasse un avis sur la question vénézuélienne en dialoguant non pas avec le gouvernement et ses représentations mais avec des personnes considérées par Caracas comme des extrémistes. Selon le ministre, la France a ainsi renoncé à avoir un rôle constructif dans ce dossier.

    «On pouvait espérer que la France joue un rôle beaucoup plus constructif. Au lieu de cela, elle a reçu une partie extrémiste de la population vénézuélienne.»

    Rappelant que l'opposition constitutionnelle sera bel et bien présente lors du scrutin présidentiel du 20 mai prochain, notamment en la personne d'Henri Falcón, qui était directeur de campagne du candidat de l'opposition lors des dernières élections, le ministre de la Culture a estimé que la position adoptée par le Président français pouvait s'expliquer soit par une méconnaissance du Venezuela, soit du fait de mauvais conseillers.

    «Il y a un éventail politique plus rationnel et démocratique que malheureusement le Président Macron n'a pas vu, ou que ses conseillers ne lui ont pas permis de voir.»

    Le membre du gouvernement vénézuélien ajoutait en conclusion:

    «Pourvu que le Président Macron prenne note des dommages que peut engendrer, en politique, le fait de s'afficher en mauvaise compagnie.»

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    Tags:
    élection présidentielle, Ernesto Villegas, Emmanuel Macron, France, Venezuela
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