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    Ghardaïa

    Peine capitale prononcée contre un «espion du Mossad» en Algérie

    © AFP 2018 Ryad Kramdi
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    Safwene Grira
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    Un espion du Mossad condamné à mort par Alger, ce n’est pas une vraie surprise. L’Algérie est en effet une puissance militaire régionale, mais aussi un pays d’une intransigeance jamais démentie sur la question palestinienne, à l’heure où des appels à la normalisation avec l’État hébreu fusent dans des pays du Golfe opposés à l’Iran.

    La Cour criminelle de Ghardaïa, dans le Centre algérien, a prononcé lundi soir en appel, la peine capitale à l'encontre d'un ressortissant libérien, d'origine libanaise, pour «espionnage au profit d'Israël».

    Six autres accusés, de différentes nationalités subsahariennes, ont écopé d'une peine de 10 ans de réclusion, assortie d'une amende d'un million de dinars algériens (plus de 7000 euros), a relaté l'Agence de presse officielle algérienne (APS).

    Les griefs imputés aux sept condamnés concernent l'«espionnage au profit d'une puissance étrangère (Israël) et constitution d'une bande criminelle dans le cadre d'un projet collectif visant à porter gravement atteinte à l'Algérie», selon la source officielle algérienne.

    L'affaire du «démantèlement de la cellule d'espionnage» remonte au mois de janvier 2016, alors que la ville algérienne de Ghardaïa venait de connaître, des violences intercommunautaires meurtrières. Cette condamnation, qui confirme en substance la peine prononcée en première instance en février dernier, intervient alors que des responsables algériens mettaient récemment en garde contre des tentatives d'infiltration, ainsi que des plans visant à la déstabiliser le pays.

    Pour leur part, les avocats de la défense avaient estimé que les preuves établissant un lien avec Israël étaient «insuffisantes». Celles-ci se limitaient, selon la défense, à ce qui figurait dans des documents portant le sigle de l'armée israélienne ainsi que des données saisies sur des téléphones portables appartenant aux accusés, mentionne le Journal Echourouk,

    Confronté à ces accusations, l'accusé principal, Alem Dine Fawzi, a nié tous les faits qui lui étaient reprochés. Il a néanmoins reconnu qu'il était entré illégalement en Algérie, pour s'installer à Ghardaïa, 26e ville du pays, pour des raisons médicales, indique encore le journal algérien.

    Il ne s'agit pas de la première fois que le Mossad, les services secrets israéliens, est accusé par les Algériens d'actes d'espionnage. En mars 2016, des rapports de presse algériens ont abondamment commenté l'arrestation, en Allemagne, de deux individus armés, munis d'identités diplomatiques israéliennes, à proximité d'un chantier où deux frégates militaires algériennes étaient en construction, en vertu d'un accord germano-algérien.

    Pour des observateurs algériens, cet «intérêt» serait justifié par le statut de puissance militaire régionale de l'Algérie, deuxième armée africaine derrière l'Égypte, mais également par l'intransigeance d'Alger quant à l'établissement de relations quelconques avec les Israéliens. Une position politique et diplomatique toujours d'actualité à l'heure où des appels à la normalisation avec l'État hébreu se multiplient, principalement dans des pays du Golfe opposés à l'Iran.

    Au cours du siècle dernier, l'Algérie a engagé par deux fois ses troupes contre les Israéliens. En 1967, lors de la Guerre des Six Jours, la fin des hostilités a acculé les troupes algériennes envoyées par le président Houari Boumediene à un retour au bercail. En 1973, toutefois, l'armée algérienne a largement participé aux combats, de façon souvent décisive.

     

     

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    Tags:
    espionnage, Mossad, Algérie
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