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    Carla Ortiz, actrice et réalisatrice bolivienne, en Syrie

    «J’ai vu les Casques blancs partager les blocs opératoires avec le Front Al-Nosra»

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    L’ingérence de certaines puissances occidentales en Syrie ne permet pas à son peuple de parvenir à la paix, estime Carla Ortiz, actrice et réalisatrice bolivienne, très critique de la couverture médiatique en Occident des événements en Syrie. Elle a fait part à Sputnik de son expérience de plusieurs mois passés dans ce pays ravagé par la guerre.

    Le seul moyen d'en finir avec la guerre en Syrie consiste à écouter la version des Syriens sur place, au lieu de prêter l'oreille aux représentants des puissances étrangères qui insistent toujours sur plus d'ingérence, a déclaré à Sputnik Carla Ortiz, dont le documentaire «La voix de la Syrie» renferme des témoignages d'habitants, des mensonges des médias occidentaux et la réalité du quotidien dans un pays où la guerre a fait un demi-million de morts en sept ans.

    Carla Ortiz en Syrie
    Carla Ortiz
    Carla Ortiz en Syrie

    «Les puissances qui se chargent de faire la police dans le monde doivent mieux savoir qui sont ces individus qui ont fabriqué des vidéos sur les attaques chimiques présumées. […] Néanmoins, elles soutiennent cyniquement la désinformation pour permettre la poursuite des bombardements qui ruinent le pays en lutte contre le terrorisme, dont d'ailleurs tout l'Occident est responsable, car l'arme livrée à des groupes modérés se retrouve finalement entre les mains des extrémistes», a expliqué l'interlocutrice de l'agence.

    Elle a raconté avoir découvert à Alep que beaucoup d'écoles étaient utilisées comme blocs opératoires par le Front Al-Nosra* et les Casques blancs. Ce groupe dont les membres se déclarent bénévoles protégeant et aidant les civils dans les zones contrôlées par les rebelles s'opposent au gouvernement syrien en place.

    ​«J'ai vu les Casques blancs partager des blocs opératoires avec le Front Al-Nosra* et ce sans aucun problème. Mais si en tant qu'habitant ordinaire, tu avais vu les exactions de ces extrémistes sur ton peuple et ta famille, les viols de tes filles et les décapitations de personnes, tu n'aurais jamais partagé quoi que ce soit avec eux», a relevé la Bolivienne.

    Et d'ajouter que les gens dans la rue affirmaient que les Casques blancs «ne sauvaient pas les civils», qu'ils «refusaient même les soins aux enfants hospitalisés», et que lors de la bataille d'Alep, ils «travaillaient main dans la main» avec le Front Al-Nosra*.

    «Même les sympathisants de l'opposition syrienne appellent à mettre fin à la guerre qui a fait couler trop de sang. Nous devons diffuser une information alternative pour aider ce peuple. Nous devons cesser de penser que la Syrie se trouve loin. Un enfant syrien ne se distingue en rien de nos propres enfants», a résumé l'interlocutrice de Sputnik.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

     

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    couverture, viol, exaction, décapitation, opposition, enfants, médias, guerre, Casques blancs syriens, Front al-Nosra, Al-Qaïda, Sputnik, Carla Ortiz, Occident, Syrie
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