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    Décision d’Ankara sur les S-400: «À l’Otan, nos alliés auront finalement à s’y faire»

    Décision d’Ankara sur les S-400: «À l’Otan, nos alliés auront finalement à s’y faire»

    © REUTERS / Dylan Martinez
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    Il serait difficile de rétablir les bonnes relations entre les États-Unis et la Turquie si Ankara achetait des systèmes de missiles sol-air russes S-400, a prévenu Wess Mitchell, chargé des relations avec l'Europe et l'Otan au département d'État américain. Un ancien chef de la diplomatie turque a commenté cette déclaration pour Sputnik.

    La Turquie est d'ores et déjà habituée à de telles sorties et à des menaces de sanctions de la part de Washington, a relevé Faruk Logoglu, ancien ministre turc des Affaires étrangères et ex-ambassadeur aux États-Unis, dans un entretien accordé à Sputnik.

    «Cette question a plus d'une fois été soumise à l'examen du Congrès américain, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat. Elle a même trouvé sa place dans un article ajouté au projet de loi sur le budget», a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que cela ne signifiait cependant pas du tout qu'on pouvait sous-estimer la gravité de tels propos.

    «Il s'agit en effet de l'état d'esprit général qui règle au sein du Congrès des États-Unis concernant la Turquie, encore qu'il ne s'agisse pas uniquement de l'acquisition des S-400, mais aussi d'autres aspects des relations turco-américaines», a poursuivi M.Logoglu.

    Il a toutefois remis en doute l'éventualité de sanctions américaines contre la Turquie.

    «J'espère qu'à l'avenir, Ankara fera des démarches pour normaliser ses relations avec les États-Unis et l'Union européenne, ce qui ne signifie en aucun cas que cela puisse exercer un impact négatif sur les relations turco-russes. À mon avis, la Turquie a pris une décision définitive et irréversible sur l'achat de S-400. Aussi, ce sujet est-il clos une fois pour toutes. À l'Otan, nos alliés auront finalement à s'y faire», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    La Turquie, deuxième armée de l'Otan par ses effectifs, et la Russie ont signé en décembre dernier un accord sur les livraisons de systèmes S-400 pour quelque 2,5 milliards d'euros. Ce contrat prévoit l'achat par Ankara de deux batteries de systèmes S-400. Les deux pays se sont entendus sur la coopération technique dans ce domaine qui permettrait à la Turquie de produire des missiles sol-air sur son territoire.

    La loi américaine CAATSA (Countering America's Adversaries Through Sanctions Act) destinée à «contrer les adversaires de l'Amérique au moyen de sanctions», qui est entrée en vigueur fin janvier 2018, prévoit des sanctions sur les «transactions importantes» avec des entreprises du secteur russe de la défense et du renseignement. Le département d'État américain a qualifié la loi en question de moyen de dissuasion envers ceux qui veulent conclure des accords avec la Russie.

    Le S-400 Triumph est le système de défense antiaérienne et antimissile russe le plus moderne, capable également de détruire des cibles terrestres. La portée des missiles qui équipent les S-400 dépasse les 400 kilomètres. Ils peuvent atteindre une altitude de 30 kilomètres.

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    relations, loi, sanctions, achat, missiles, S-400, Département d'Etat des Etats-Unis, Union européenne (UE), Sputnik, OTAN, Wess Mitchell, Faruk Logoglu, Russie, Washington, États-Unis, Ankara, Turquie
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