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    Sahara occidental: le rôle d’Alger dans l’application du mécanisme de l’UA, selon Rabat

    © Sputnik . Natalia Seliverstova
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    Lors d’un entretien avec la chaîne France 24, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale a commenté le mécanisme créé par l’Union Africaine pour la résolution du conflit du Sahara occidental, mais aussi les relations bilatérales entre le Maroc et l’Algérie et leur impact sur la construction du Maghreb arabe.

    Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, s'est exprimé sur le mécanisme de l'Union Africaine (UA) dans un entretien donné à France 24 en langue arabe le 3 juillet dernier. Il a également pointé du doigt le rôle de l'Algérie dans la résolution du conflit du Sahara occidental, ainsi que les relations bilatérales entre les deux pays et leur importance dans la construction de l'Union du Maghreb Arabe (UMA).

    Concernant le mécanisme de l'UA sur le conflit au Sahara occidental, le chef de la diplomatie marocaine a estimé que ce dernier est «nécessaire» car il apporte «des réponses à un certain nombre de questions et à un certain nombre de manœuvres qu'il y avait au niveau de certains organes de l'Union africaine, y compris le Conseil paix et sécurité». «L'essentiel est qu'aujourd'hui un organe a été créé pour traiter avec les Nations unies», a-t-il ajouté en soulignant que la décision de créer ce mécanisme affirmait «avec clarté que le problème sera traité à ce niveau et dans ce cadre [dans le cadre des Nations unies, ndlr]». Le responsable marocain a martelé que «le rôle de l'Union africaine [via ce mécanisme, ndlr] se limitera à soutenir et à accompagner le processus onusien, rien de plus».

    A propos du rôle que devraient jouer les pays voisins du Maroc et du Sahara occidental dans la résolution du conflit, le diplomate a affirmé qu'«il y a une reconnaissance sur le fait que d'autres parties ont un rôle important (…) et que pour nous [le Maroc, ndlr] l'acteur principal dans ce dossier est l'Algérie». «Si l'on veut trouver une solution à ce problème, il faut que cette partie [l'Algérie, ndlr] s'implique autant qu'elle a contribué à le créer».

    Réagissant à la position de l'État algérien qui considère que le conflit du Sahara occidental devrait être résolu dans le cadre de négociations bilatérales et sans conditions préalables entre le Front Polisario et le Maroc, M.Bourita a rappelé que «le Conseil de sécurité de l'Onu a résolu cette question dans sa dernière résolution [avril 2018, ndlr], lorsqu'il a demandé la participation des pays voisins dans les négociations». «Tout le monde savait qui était désigné par l'expression "pays voisins" [l'Algérie, ndlr]», a-t-il souligné. Pour le ministre marocain «si l'on veut un nouvel épisode dans ce dossier, il faut que les parties véritables soient autour de la table».

    En conclusion, s'exprimant sur les relations bilatérales entre l'Algérie et le Maroc et leur incidence sur la construction du Maghreb arabe, Nasser Bourita a déclaré, en tant que citoyen maghrébin, «il regrette avec amertume (…) qu'un problème [le conflit du Sahara occidental, ndlr] créé du temps de la guerre froide, soit encore présent et qu'il ralentisse les relations bilatérales et le Maghreb arabe».

    Les relations algéro-marocaines sont «contre nature», a regretté le diplomate marocain, en affirmant que «le Maroc n'a pas fermé les frontières, qu'il n'a jamais manœuvré contre les intérêts suprêmes de l'Algérie et n'a jamais pris de positions qui soient attentatoires aux intérêts du peuple algérien». «Le Maroc avait toujours tendu sa main pour la construction du Maghreb arabe », a-t-il ajouté en précisant que «les défis aujourd'hui étaient collectifs (…) soit nous [l'Algérie et le Maroc, ndlr] allons gagner ensemble soit nous perdrons ensemble».

    Lors de la clôture, le 2 juillet, de son 31e sommet à Nouakchott, l'Union africaine (UA) a annoncé l'adoption d'un mécanisme africain pour le règlement du conflit du Sahara occidental en collaboration avec l'Onu. Le mécanisme en question a été recommandé par le rapport du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental, présenté dimanche 1er juillet aux chefs d'État africains.

    Pour rappel, dans un entretien, le 10 avril 2018, avec la chaîne France 24 à Paris, Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires étrangères, a déclaré que l'Algérie ne «s'impliquera» pas directement dans les négociations entre le Maroc et le Front Polisario, car elles ne concernent que les deux parties du conflit. «Le Maroc affirme que c'est une affaire entre l'Algérie et le Maroc, ce n'est pas le cas, c'est une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui, et entre le Maroc et les décisions des Nations unies», a-t-il affirmé.

    Dans son rapport au conseil de sécurité sur la situation au Sahara occidental, rendu public le 4 avril 2018, le secrétaire général de l'Onu écrivait vouloir «parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable du conflit, qui permette d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental», relatait le quotidien Jeune Afrique. «Je voudrais, comme le Conseil de sécurité, exhorter à nouveau les États voisins, l'Algérie et la Mauritanie, à apporter leur concours au processus politique et à s'engager plus avant dans les négociations», ajoutait le responsable onusien, mais sans que cette sollicitation n'ait un caractère obligatoire.

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    mécanisme de contrôle, conflit, résolution, ONU, Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, Abdelkader Messahel, Nasser Bourita, Sahara occidental, Algérie, Afrique, Maroc
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