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    Jean-Yves Le Drian

    Déclaration de Le Drian: des «faux messages» envoyés au monde

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    Tout en actant la victoire de Bachar el-Assad dans la guerre en Syrie, Jean-Yves Le Drian affirme que le Président syrien «n'a pas gagné la paix». Un politologue iranien décrypte pour Sputnik cette déclaration plutôt ambiguë du chef de la diplomatie française.

    Après l'affaiblissement des groupes terroristes dans la province d'Alep, c'est celle d'Idlib qui est devenue le refuge des terroristes, a indiqué à Sputnik Mani Mehrabi, observateur politique et spécialiste iranien des problèmes internationaux, commentant la récente déclaration sur la Syrie du ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

    «À partir de cela, cette province [d'Idlib, ndlr] est devenue la "ligne rouge" pour le Royaume-Uni, les États-Unis, la France et la Turquie. À chaque fois que le gouvernement syrien se préparait avec ses alliés à nettoyer cette province, il s'attirait des attaques de ces États», a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

    Et de rappeler que M. Le Drian avait qualifié de légitimes les attaques d'avril contre la Syrie pour prévenir la lutte de son gouvernement contre l'opposition.

    «L'opposition mentionnée par Le Drian, ce sont les personnes qui se trouvent à présent à Idlib. À l'époque, il a officiellement mis en garde Assad contre une éventuelle entrée des forces syriennes à Idlib, en soulignant que le problème d'Idlib ne pourrait être résolu que par une voie politique. Pour Le Drian, le processus politique signifie accepter un compromis du gouvernement syrien avec Hayat Tahrir al-Cham* et livrer les provinces nord à des groupes terroristes», a expliqué l'Iranien.

    Selon ce dernier, ayant publiquement reconnu la victoire de Bachar el-Assad dans la guerre, le ministre français a envoyé au monde deux faux messages.

    «Les dernières déclarations de Le Drian ont été faites pour faire pression sur le gouvernement syrien et ses alliés. […] Premier message: la guerre civile en Syrie est terminée, et la répartition des provinces syriennes doit rester ce qu'elle est à présent. Deuxième message: après la fin de la guerre, le gouvernement syrien entend attaquer les perdants, se livrer à un génocide et régler les comptes», a poursuivi M. Mehrabi.

    Et de rappeler que la coalition formée des États-Unis, de la France et le Royaume-Uni n'avait pas atteint ses objectifs par ses frappes d'avril dernier contre la Syrie.

    «Et à présent, par ses jeux propagandistes contre le gouvernement syrien et ses alliés, elle veut faire pression sur le gouvernement syrien par le biais du Conseil de sécurité de l'Onu et, de toute évidence, déclencher une confrontation armée avec le gouvernement syrien. Force est de reconnaître que la solidarité inédite de Mike Pompeo, de Filippo Grandi, de Staffan de Mistura, de Recep Tayyip Erdogan et d'António Guterres, ainsi que leur position commune visant à obliger la Russie et la Syrie à renoncer à leur intention de nettoyer Idlib ne font que le confirmer», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    Alors que l'ultime bataille contre les djihadistes semble imminente, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré dimanche 2 septembre au micro de France Inter que Paris redoutait une catastrophe humanitaire à Idlib en référence à l'éventuelle offensive des forces gouvernementales dans la région.

    En avril dernier, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient réalisé des frappes aériennes contre des installations militaires en Syrie en réaction aux rapports faisant état d'une attaque chimique à Douma imputée à l'armée syrienne.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

     

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    Tags:
    terrorisme, opposition, attaque chimique, gouvernement, guerre civile, coalition, armée gouvernementale syrienne, Hayat Tahrir al-Cham, Sputnik, Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, Mani Mehrabi, Antonio Guterres, Recep Tayyip Erdogan, Staffan de Mistura, Filippo Grandi, Mike Pompeo, Bachar el-Assad, Jean-Yves Le Drian, Douma, États-Unis, Royaume-Uni, France, Idlib, Syrie
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