Ecoutez Radio Sputnik
    Fethullah Gülen

    Algérie: comment le mouvement Gülen aurait eu la peau de Toufik, l’ancien chef du DRS

    © REUTERS /
    International
    URL courte
    9305

    L’existence en Algérie de réseaux liés au turc Fethullah Gülen serait l’une des raisons ayant amené le Président Bouteflika à limoger son ancien chef des renseignements, le général Toufik. C’est ce qu’a rapporté le site ALG24, citant des sources affirmant que ce dernier aurait transmis au Président un rapport ne relatant pas la réalité des faits.

    Le départ en septembre 2015 du général de corps d'armée Mohamed Médiène, alias Toufik, ancien chef du Département du Renseignement et de la Sécurité algérien (DRS) — dissous depuis — avait suscité une polémique à l'échelle nationale et internationale et n'a pas encore livré tous ses secrets. C'est ce que rapporte, ce 8 octobre, le site d'information algérien ALG24, affirmant, selon des sources, que l'une des raisons du limogeage du général Toufik serait l'existence en Algérie de réseaux de soutien au prédicateur turc Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être le cerveau du coup d'État ayant visé le renversement du Président Recep Tayyip Erdogan en juillet 2016.

    ​«Tout a commencé lors de la visite du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, en novembre 2014 en Algérie. Ce dernier avait protesté auprès des autorités algériennes contre l'existence en Algérie du Mouvement islamiste Gülen à travers des écoles privées et diverses sociétés», affirment les sources.

    Tenant compte de la protestation du Président Turc, le chef de l'État algérien Abdelaziz Bouteflika en aurait informé le général Toufik. «Ce dernier transmit, ensuite, un rapport selon lequel le Mouvement Gülen n'était pas présent en Algérie. Ainsi donc, la Présidence de la République fît part de ce rapport à la partie turque», ajoutent les mêmes sources.

    Ayant pris connaissance du rapport transmis au Président Bouteflika par le DRS, «l'Ambassade turque en Algérie décidera de mener, quelques mois plus tard, une enquête par laquelle l'on découvre un réseau de financement du Mouvement Gülen qui comprend une quarantaine d'entités, dont une école privée à Bouzaréah [hauteurs d'Alger, ndlr], des entreprises spécialisées dans le textile ainsi qu'une boîte de communication dirigée par un turco-tunisien du nom d'Anes», précisent les sources à ALG24.

    Suite à la réception du rapport de l'ambassade turque, le Président Bouteflika aurait ordonné aux services de sécurité de confirmer son contenu. «Les enquêteurs chargés de cette affaire ont très vite pu avoir la confirmation en apportant toutes les preuves nécessaires», affirment les sources.

    La confiance du Chef de l'État en son chef du renseignement étant ébranlée, d'autant plus que cette affaire aurait porté un coup dur aux relations bilatérales entre les deux pays «la décision de mise à la retraite a été donc prononcée dans ce contexte», concluent les mêmes sources.

    La mise à la retraite du général Toufik fut le dernier épisode de la restructuration du DRS, qui avait déjà fait l'objet d'une série de scandales et d'affaires de corruption, pendant que cette institution repoussait sans cesse les limites de son champ d'intervention. En janvier 2016, le Président Bouteflika avait ainsi décidé de dissoudre le DRS et de créer à sa place trois directions générales de sécurité, rattachées directement à la présidence de la République.

    Lire aussi:

    Erdogan à Alger, pourra-t-il booster l’économie et régler les divergences géopolitiques?
    Algérie: de quoi «le Système» est-il le nom?
    Macron pourrait-il donner un nouveau souffle aux relations algéro-françaises?
    Tags:
    relations bilatérales, relations diplomatiques, démission, Département du renseignement et de la sécurité algérien (DRS), Mohamed Médiène, Fethullah Gülen, Abdelaziz Bouteflika, Recep Tayyip Erdogan, Algérie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik