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Même si Donald Trump se vante d'avoir prévenu un conflit nucléaire sur la péninsule coréenne, la situation dans la région s'améliore surtout grâce aux efforts de Pyongyang et Séoul, estime l'analyste russe Ivan Timofeev qui ne voit dans ces déclarations du Président qu'une rhétorique adressée aux Américains à la veille des élections de mi-mandat.

À cinq jours des élections de mi-mandat — qui auront lieu aux États-Unis le 6 novembre — Donald Trump fait l'éloge de ses efforts visant à rétablir la paix entre les deux Corées. Ainsi, évoquant, lors d'un discours prononcé ce jeudi soir devant ses partisans à Columbia (Missouri), le sommet de Singapour, le Président a déclaré avoir sauvé le monde d'une guerre nucléaire.

«Mes relations avec Kim Jong-un sont très bonnes et nous en arrivons au point où ils veulent vraiment faire quelque chose, et nous n'allons pas nous inquiéter des millions de vies perdues et les armes nucléaires déployées partout et volant au-dessus du Japon et de tout le monde […] Permettez-moi de vous dire que nous aurions assisté aujourd'hui à une guerre nucléaire, si la bonne personne n'était pas venue. Alors, nous nous en sortons bien», a-t-il développé.

Dans une interview accordée à la chaîne RT, l'analyste Ivan Timofeev, du Conseil russe aux Affaires étrangères, a qualifié ces propos d'exagérés.

«Tout d'abord, les accords conclus à Singapour ne résolvent pas le problème nucléaire de la péninsule coréenne. Kim Jong-un n'a pas abandonné les armes nucléaires, apparemment, il en dispose toujours. Les Américains n'ont pas refusé de déployer des armes en Corée du Sud. En fait, le problème n'est pas résolu», a expliqué l'expert.

L'interlocuteur de RT a ajouté que les sanctions imposées à Pyongyang n'ont pas été levées. Il y a donc un certain «réchauffement au niveau de la rhétorique» qui n'a pas encore conduit à de véritables actions décisives.

Selon M. Timofeev le discours de Président reste populiste et ne peut pas se passer de déclarations similaires.

«Un Américain ordinaire n'est pas un expert, il ne s'intéresse pas à la politique de Kim Jong-un, ni à celle de la Corée du Sud. Un Américain ordinaire regarde la télévision, lit les journaux et croit ce qu'ils disent sans en vérifier généralement les faits. Donc, bien sûr, c'est un discours pour une personne ordinaire et pour un électeur», a-t-il conclu.

Rappelons que lors du sommet historique qui s'est tenu le 12 juin à Singapour, Kim Jong-un et Donald Trump étaient parvenus à un compromis très vague en faveur d'une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», dont les modalités et le calendrier avaient été repoussés à des négociations ultérieures.

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Tags:
guerre nucléaire, Donald Trump, Kim Jong-un, Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Russie
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