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    Emmanuel Macron et Donald Trump, le 10 novembre 2018

    De l'eau dans le gaz entre Macron et Trump au sujet d'une «armée européenne»

    © AP Photo / Thibault Camus
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    Donald Trump s'est résolument élevé contre le souhait d'Emmanuel Macron de mettre en place une «armée européenne» et la rencontre entre les deux chefs d'État samedi 10 novembre s'est déroulée sous le signe d'un Président français au ton résolument conciliant sur la question sensible au lendemain d'un tweet agressif de son homologue américain.

    Le gouffre des désaccords politiques semble se creuser toujours plus profondément entre les Présidents français et américain qui ont des avis opposés, tant sur l'environnement et les relations commerciales que sur le nucléaire iranien. À leur rencontre, le 10 novembre à l'Élysée, qui avait pourtant pour cadre la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Donald Trump est arrivé d'humeur batailleuse, après avoir attaqué Emmanuel Macron dès son atterrissage en France, par le biais de Twitter comme à son habitude.

    «Le Président Macron vient de suggérer que l'Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les États-Unis, la Chine et la Russie. Très insultant mais peut-être que l'Europe devrait d'abord payer sa part à l'Otan que les États-Unis subventionnent largement!»

    Le Président américain restait visiblement contrarié lors de cette rencontre avec son homologue français, ce qui porte à croire que ça ne va pas fort entre eux, surtout si on se souvient de l'idylle affichée par les deux hommes lors de la visite d'Emmanuel Macron à Washington, en avril dernier. Ainsi, Emmanuel Macron et Donald Trump ne cessaient de toucher le public en montrant au monde entier que deux Présidents peuvent aimer se faire des accolades, se tenir par la main, s'exercer au jardinage et même souligner, d'une manière singulière, le caractère «privilégié» de leurs relations en enlevant quelques pellicules de l'épaule de son interlocuteur.

    Cette fois-ci, sourires, embrassades et même main posée par Emmanuel Macron sur le genou de Donald Trump ont laissé de marbre ce dernier.

    Le Président français a alors tenu à préciser devant les caméras à l'Élysée et au côté de son homologue américain qu'il était nécessaire de mieux partager «le fardeau de la Défense au sein de l'Otan».

    L'Élysée a également tenté de désamorcer la situation, indiquant qu'une confusion pourrait être à l'origine de ce tweet colérique. Ainsi, Emmanuel Macron a successivement évoqué les menaces pour l'Europe d'intrusions dans le cyberespace, puis l'annonce faite par Washington sur son retrait du Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

    «Je comprends que l'enchaînement des sujets dans l'interview puisse créer de la confusion mais ce sont bien deux sujets différents, le traité FNI et ce sujet d'une force de défense des Européens où il y a des travaux en cours», a souligné la présidence française auprès de la presse.

    Emmanuel Macron «n'a jamais dit qu'il fallait créer une armée européenne contre les États-Unis», a ajouté la présidence.

    Ce 11 novembre 2018, les chefs d'État et de gouvernement de près de 80 pays, dont Vladimir Poutine, sont présents à Paris pour le centenaire de l'armistice de 1918. Avant de se rendre aux célébrations, la plupart des dirigeants a tout d'abord fait une halte à la résidence officielle du Président français.

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    Tags:
    relations économiques, environnement, Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), programme nucléaire iranien, armée, 100ème anniversaire de l'armistice, Première Guerre mondiale, Twitter, Inc, OTAN, Donald Trump, Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, Washington, Europe, Chine, Paris, France, États-Unis, Russie
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