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    Un supporteur de Jair Bolsonaro

    Après l'Europe, l'Amérique latine pourrait vivre son «Brexit»

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    Elliot Lelievre
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    L'Amérique latine connaîtra-t-elle son propre «Brexit»? La bombe a été lâchée par Tereza Cristina, future ministre de l'Agriculture du Brésil, qui a déclaré que son pays pourrait quitter le Mercosur, la zone de libre-échange du continent, si celui-ci n'était pas réformé en profondeur.

    Après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'Amérique latine pourrait elle aussi connaître son propre «Brexit», trois ans après le référendum britannique. Cette fois, c'est Brasilia qui pourrait quitter le Mercosur, la zone de libre-échange sud-américaine regroupant l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay.

    L'hypothèse, qui pouvait paraître saugrenue avant l'élection de Jair Bolsonaro, inquiète aujourd'hui les chancelleries du continent, plus encore après les déclarations de Tereza Cristina, députée brésilienne annoncée comme future ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de Jair Bolsonaro, dans le quotidien brésilien O Globo.

    Tereza Cristina, qui prendra ses fonctions en janvier 2019, déclare que l'exécutif auquel elle appartiendra veut réformer le marché commun sud-américain, qu'elle considère pénalisant pour les produits agricoles brésiliens et ajoute que son pays pourrait «quitter le bloc» du Mercosur dans le cas où les conditions resteraient «défavorables» au Brésil.

    À l'image du Brexit européen, qui a engendré un clivage entre le camp du leave (quitter) et celui du remain (rester), les Brésiliens se sont montrés divisés sur les réseaux sociaux.

    Je trouve la déclaration de Tereza Cristina sur la sortie du Mercosur extrêmement inquiétante. L'Argentine est notre 3e partenaire commercial et nous exportons plus vers l'Amérique latine et les Caraïbes que vers l'ensemble de l'UE.

    Certains s'inquiètent des répercussions qu'un «Brexit» aurait sur l'économie brésilienne. Si le Mercosur ne regroupe actuellement que quatre pays membres, il totalise près de 80% du PIB d'Amérique latine et est l'une des premières destinations des denrées produites au Brésil. À ce titre, il représente donc d'une grande importance économique.

    La pensée politico-sociale de Teresa Cristina est nulle. Le Brésil quitte le Mercosur et met fin au bloc. Nous sommes le principal partenaire commercial de l'Argentine et du Paraguay. L'Argentine est notre 3e plus grand partenaire. Agir de la sorte briserait ces pays et handicaperait le nôtre.

    Et, comme au Royaume-Uni, d'autres se prononcent clairement en faveur d'une sortie du Mercosur, qu'ils voient comme un frein au développement de l'économie brésilienne, quand il n'est pas accusé d'être une source de corruption.

    Le seul pays d'Amérique du Sud proche —très proche- de devenir une puissance majeure est le Chili. Et ce pays ne fait pas partie du Mercosur. Tereza Cristina a bien raison. Un autre objectif de l'équipe de @JairBolsonaro. L'accord doit être complètement révisé.

    Il faut sortir du Mercosur et en finir avec tous ces bien lotis, ces décideurs, ces retraites dorées et avec les hauts salaires des politiques voleurs et corrompus.

    Le Trump latino-américain n'est pas encore entré en fonction que plane déjà la menace de scissions au sein du continent. Mais il faudra cette fois attendre au moins jusqu'en janvier pour savoir à quel point la menace est réelle.

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    Tags:
    Brexit, O Globo, Mercosur, Union européenne (UE), Tereza Cristina, Jair Bolsonaro, Paraguay, Uruguay, Chili, Amérique latine, Argentine, Royaume-Uni, Europe, Brésil
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