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    «Il s’agit plutôt de pressions psychologiques»: le Pentagone pourrait-il frapper l’Iran?

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    Selon le journal américain The Wall Street Journal (WSJ), le Conseil à la sécurité nationale dirigé par John Bolton, l'un des plus proches conseillers de Donald Trump, aurait réclamé à l’automne dernier au Pentagone divers scénarios de frappes contre l'Iran. Un spécialiste iranien des relations internationales a commenté la situation pour Sputnik.

    Le Conseil à la sécurité nationale des États-Unis aurait demandé au Pentagone d'élaborer plusieurs scénarios de frappes contre l'Iran après que trois obus de mortier se sont abattus en septembre dernier sur le complexe de l'ambassade américaine en Irak, situé dans la «zone verte», quartier ultra-sécurisé de Bagdad, d'après le journal américain The Wall Street Journal (WSJ). Si l'attaque n'a fait ni victime ni dégât et que ses auteurs n'ont pas été identifiés, elle a été attribuée par Washington aux milices chiites irakiennes soutenues par Téhéran. Le Pentagone se serait exécuté, en suggérant entre autres une intrusion d'avions américains dans l'espace aérien iranien et des frappes aériennes contre des sites militaires de la République islamique.

    «Analysant cette proposition, nous devons examiner le contexte et le rôle de certaines personnalités dans la définition de la politique étrangère des États-Unis. Avec l'apparition de Donald Trump, nous constatons le retour à une approche unilatérale dans la politique étrangère américaine […] ainsi que l'influence grandissante de personnes du type de John Bolton qui est connu par son hostilité envers l'Iran et son implication dans des groupes tels que l'Organisation des moudjahidine du peuple iranien [considérée comme terroriste par la République islamique, ndlr]», a déclaré à Sputnik Mojtaba Jelalzadeh, spécialiste de la politique internationale du Centre de recherche à l'Université Azad de Téhéran.

    Selon ce dernier, le principal objectif des néo-conservateurs américains ou plutôt des Républicains de droite consiste à récupérer manu militari la puissance des États-Unis.

    «Mais bien que des personnes comme John Bolton souhaitent une confrontation militaire avec l'Iran, l'élite au pouvoir aux États-Unis n'adoptera jamais une telle décision. Il s'agit plutôt de pressions psychologiques», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter qu'une frappe militaire contre un pays aussi stable que l'Iran ne resterait évidemment pas sans conséquences dans la région en crise qu'est le Proche-Orient.

    «Il va sans dire qu'en tant que puissance indépendante, stable et militaire, la République islamique possède un potentiel de défense. L'Iran a élaboré un plan et une stratégie de défense. […] Mais si un conflit militaire éclate, il sera long et ne s'achèvera pas rapidement», a prévenu l'interlocuteur de Sputnik.

    Les officiels américains n'ont confirmé ni infirmé les informations du WSJ sur une requête du Conseil de sécurité nationale des États-Unis adressée au Pentagone. Néanmoins, l'ex-adjointe de John Bolton, Mira Ricardel, a convoqué une réunion d'urgence du Conseil à la sécurité nationale pour étudier des représailles contre Téhéran.

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    NSC, Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI), néoconservatisme, terrorisme, milices chiites irakiennes, conflit, politique étrangère, élites, Pentagone, Wall Street Journal, Université Azad de Téhéran, Mira Ricardel, Mojtaba Jelalzadeh, Donald Trump, John Bolton, Bagdad, Proche-Orient, Téhéran, Irak, États-Unis, Iran
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