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    Un soldat américain debout sur un blindé en Syrie

    La France perdra-t-elle ses derniers leviers en Syrie après le retrait US?

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    Après le retrait des Américains de Syrie, Paris risque de perdre les derniers leviers qui lui permettaient de contrôler l’évolution de la politique intérieure syrienne, écrit Le Figaro se référant à de hauts diplomates français.

    Au fil de la crise syrienne, la France «perd l'un après l'autre» ses leviers d'influence sur le terrain, et le départ programmé des militaires américains du pays pourrait entraîner des «conséquences telluriques» pour Paris et ses alliés, selon un responsable français cité par Le Figaro.

    Pour l'interlocuteur du journal, après le retrait des États-Unis, les forces françaises «seront obligées de suivre le mouvement». L'Occident risque ainsi de «perdre la seule carte dont il disposait encore, celle du nord du pays», indique-t-il. Or, la diplomatie française ne compte pas pour autant baisser les bras, insiste le quotidien.

    Suite à l'annonce par Donald Trump du retrait américain, la partie française a redoublé ses efforts en vue de le convaincre de «renoncer à sa décision ou au moins d'en retarder l'application» notamment pour le motif que la lutte contre Daech* n'était pas terminée. «Il reste des poches djihadistes en Syrie. En Irak, Daech* redresse la tête», prévient un haut diplomate cité par le journal.

    Cette même source se déclare persuadée qu'Emmanuel Macron a «contribué à la décision de finalement ralentir le retrait des forces américaines». «On a gagné entre deux et quatre mois», affirme le responsable. Pourtant, malgré ses efforts, les leviers dont dispose la France en Syrie sont aujourd'hui «minimes». «Il faut prendre acte du fait qu'il y a des choses qu'on ne peut plus faire et que notre influence s'est érodée», constate-t-il.

    Dans le même temps, les buts poursuivis par Paris en Syrie n'ont pas changé, selon le journal. «Il s'agit de lutter contre le terrorisme et d'aider à trouver "une solution politique inclusive" — notamment vis-à-vis des sunnites — sans laquelle il serait illusoire, prévient Paris, de penser pouvoir éradiquer Daech* et le djihadisme».

    Le quotidien estime que la France «reste l'un des rares pays, avec la Russie, qui parle à tout le monde dans la région» tout en soulignant que Moscou «n'a pas réussi à transformer sa victoire militaire en Syrie en succès politique». Toujours d'après Le Figaro, la France pourrait encore agir grâce à son siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'Onu, qui devra donner son aval à l'éventuelle paix syrienne, mais, les Nations unies ayant été «court-circuitées par la Russie, l'Iran et la Turquie», ces perspectives «ne sont guère enthousiasmantes».

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    influence, retrait des troupes, Daech, Russie, Turquie, Iran, Irak, France, États-Unis, Syrie
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