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    Le palais Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres italien

    Une sécession des régions riches d’Italie est-elle possible?

    CC BY 2.0 / Simone Ramella
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    Le 15 février, la signature d’un accord est prévue en Italie entre le gouvernement central et les régions de Vénétie, de Lombardie et d’Émilie-Romagne réclamant davantage d’autonomie, voire un régionalisme différencié. Sputnik en a discuté avec Gianfranco Viesti, professeur d’économie et auteur du livre intitulé «Vers la sécession des riches?».

    Si la Vénétie, la Lombardie et l'Émilie-Romagne obtiennent de l'État central l'octroi de nouvelles compétences dans le cadre d'un régionalisme différencié, cela va créer un précédent grave qui ne touchera pas uniquement les habitants de ces trois régions, mais aussi l'ensemble des Italiens qui n'auraient plus les mêmes droits aux services que ce soit en matière de santé ou d'éducation. Dans sa pétition, Gianfranco Viesti, professeur d'économie à l'université de Bari appelle à l'éviter.

    Sputnik: De quoi s'agit-il au juste dans votre livre intitulé «Vers la sécession des riches?»?

    Gianfranco Viesti: Dans ce livre, j'étudie l'intention des régions italiennes de Vénétie, de Lombardie et d'Émilie-Romagne d'obtenir plus d'autonomie du gouvernement central. […] Il ne s'agit pas seulement de changements administratifs et techniques concernant la population de ces trois régions, mais aussi et surtout d'importants changements politiques à l'échelle de tout le pays.

    Les problèmes s'y expliquent par trois raisons essentielles. Tout d'abord, dans quels domaines précis ces régions revendiquent-elles davantage d'autonomie: la santé, l'enseignement scolaire et l'infrastructure? […] Ensuite, qui et comment le financera? […] Il va sans dire que cela se répercuterait sur la répartition des ressources et la qualité de l'enseignement scolaire et de la santé dans les autres régions italiennes. Et enfin, le parlement n'a aucunement participé à l'examen de cet accord que les trois régions et le gouvernement central doivent signer le 15 février.

    Sputnik: Quelles incidences négatives pourrait avoir un tel accord pour le pays?

    Gianfranco Viesti: Un tel accord aura pour effet que les habitants des régions riches auront accès à des ressources économiques et sociales plus importantes que ceux des régions moins riches. Il s'agit d'un sujet très sensible pour les destinées de l'Italie. Aussi, est-il nécessaire que cette décision soit adoptée sur fond de discussion générale parlementaire, politique et culturelle qui fait défaut pour le moment.

    Sputnik: Somme toute, êtes-vous contre l'autonomie des régions?

    Gianfranco Viesti: L'autonomie des régions, c'est remarquable et elle existe d'ores et déjà, mais il s'agit là d'une différenciation économique des régions quand certaines régions auraient plus de pouvoirs et de possibilités que d'autres. Au bout du compte, je ne suis pas contre l'autonomie, mais c'est un sujet extrêmement délicat qui demande une analyse du fonctionnement du système dans son ensemble et de tous ses aspects financiers.

    En août, l'interlocuteur de Sputnik a rédigé une pétition contre le renforcement de l'autonomie régionale de la Vénétie, de la Lombardie et de l'Émilie-Romagne, expliquant que cela concernait non seulement les habitants de ces trois régions du nord italien, mais aussi ceux de l'ensemble du pays et qu'il existerait un «risque de sécession des riches».

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    Émilie-Romagne, enseignement, santé, sécession, région, régionalisme, autonomie, gouvernement italien, Sputnik, université de Bari, Gianfranco Viesti, Lombardie, Vénétie, Italie
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