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    Pékin

    Et si Pékin acceptait la médiation entre Riyad et Téhéran, pour qui prendrait-t-il parti?

    © AFP 2019 Wang Zhao
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    Ces 21 et 22 février, le prince héritier d'Arabie saoudite se trouve en Chine, premier partenaire commercial de la pétromonarchie. Il n’est pas exclu que Mohammed Ben Salmane sollicite la médiation de Pékin dans la normalisation des relations entre Riyad et Téhéran, ont déclaré à Sputnik trois analystes: une Russe, un Chinois et un Saoudien.

    La Chine s'est plus d'une fois déclarée prête à aider Riyad et Téhéran à surmonter leurs divergences par le biais de «consultations menées sur un pied d'égalité et dans un esprit d'amitié», et il est possible que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane en fasse mention lors de sa visite à Pékin, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Irina Fedorova, de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie.

    «Ayant des accords de partenariat stratégique tant avec l'Iran qu'avec l'Arabie saoudite, la Chine à tout pour intervenir en intermédiaire entre ces deux pays,», a souligné Mme Fedorova.

    Et d'ajouter que, d'autre part, la Chine avait elle-même tout intérêt à ce que le Proche-Orient soit stable afin que ses importations d'hydrocarbures en provenance de cette région soient sécurisées.

    Selon l'interlocutrice de l'agence, la Chine pourra y assurer la médiation si elle le veut bien et si on le lui demande.

    Il est toutefois difficile d'anticiper dès à présent une telle demande de la part de Riyad à Pékin, a indiqué à Sputnik Ji Kaiyun, directeur du Centre des études iraniennes de l'Université chinoise du Sud-Ouest.

    «La diplomatie chinoise au Proche-Orient est somme toute positive. Elle part des intérêts de la paix et de la stabilité. La Chine adopte une attitude amicale aussi bien envers l'Arabie saoudite qu'à l'égard de l'Iran. […] L'Iran ne doit pas constituer un obstacle dans les relations de la Chine avec l'Arabie saoudite comme l'Arabie saoudite ne doit pas entraver les rapports sino-iraniens», a indiqué le spécialiste.

    Selon ce dernier, la Chine ne pourrait qu'essayer de réconcilier l'Iran et les pays du Golfe, les aidant à la recherche d'une compréhension mutuelle et d'un compromis.

    «Quoi qu'il en soit, Pékin ne prendra jamais le parti de Riyad ni celui de Téhéran», a prévenu le Chinois.

    Pourtant, le troisième interlocuteur de Sputnik, l'économiste saoudien Ahmed al Shahri a supposé que la visite actuelle à Pékin du prince héritier d'Arabie saoudite serait principalement consacrée au développement de la coopération économique bilatérale sino-saoudienne.

    «Les relations entre l'Arabie saoudite et la Chine reposent sur une base très solide. C'est avant tout leur coopération économique, et Mohammed Ben Salmane vient justement à Pékin pour résoudre des questions économiques. À présent, la Chine est le principal importateur de pétrole saoudien», a relevé l'expert.

    Dans le même temps, nombre de spécialistes estiment que le prince héritier d'Arabie saoudite s'intéressera aussi à la position de Pékin sur les points chauds régionaux, tels que la Syrie, le Yémen et l'Irak.

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    Tags:
    médiation, visite, hydrocarbures, importations, Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie, Sputnik, Ahmed al Shahri, Mohammed ben Salmane Al-Saoud, Ji Kaiyun, Irina Fedorova, Riyad, Golfe persique, Proche-Orient, Arabie Saoudite, Pékin, Iran, Chine, Yémen, Syrie, Irak
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