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    Quand le Québec se laisse gagner par la fièvre verte

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    Jérôme Blanchet-Gravel
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    Au Québec, les mouvements écologistes ont le vent en poupe et demandent au nouveau gouvernement d’en faire beaucoup plus pour les écosystèmes. Depuis quelques mois, l’environnement est au centre de nombreux débats dans la Belle Province. Entrevue avec Alex Tyrrell et Andréane Moreau, deux acteurs du mouvement écologiste québécois.

    Après la création du «Pacte pour la transition», un tout nouveau mouvement vert, c'est au tour des étudiants québécois de se mobiliser en faveur de l'environnement. Le 15 mars dernier, une manifestation historique a eu lieu à Montréal et Québec contre les changements climatiques. Selon les organisateurs, 150.000 personnes y ont pris part à Montréal et 10.000 dans la capitale de la province francophone. Pour l'occasion, 150.000 étudiants de partout au Québec ont fait grève pour soutenir cette cause. Le début de temps nouveaux?

    Interrogé par Sputnik, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, s'est dit très satisfait de voir le mouvement prendre autant d'ampleur. Il note la présence de nombreux jeunes dans ses rangs, un signe encourageant selon lui.

    «C'est bien de voir que des gens aussi jeunes prennent le leadership et se mobilisent en si grand nombre. Lors de la manifestation du 15 mars, il y avait même des gens du secondaire en grève. C'est vraiment bien de voir que même des gens du secondaire sont en train de prendre des risques pour faire valoir leur point de vue. C'est vraiment exceptionnel. Au Québec, nous avons eu beaucoup de succès avec les grèves étudiantes contre l'augmentation des frais de scolarité, et cette fois, c'est pour l'environnement», a souligné M. Tyrrell au micro de Sputnik.

    Le chef du Parti vert du Québec estime que «les réactions des gens au pouvoir sont intéressantes». Il rappelle que la Ville de Montréal vient d'annoncer qu'elle accueillera en avril un sommet international sur l'environnement. M. Tyrrell n'y voit pas un simple hasard, mais le résultat d'un «vent de changement». Pour l'occasion, les ministres de l'Environnement de nombreux pays seront présents dans la métropole.

    Des jeunes et un sommet sur l'environnement

    Le gouvernement du Québec serait aussi devenu plus réceptif aux revendications des écologistes. Comme l'État fédéral, le gouvernement de François Legault serait au moins rendu au «stade des communications». L'ancienne ministre québécoise de l'Environnement, MarieChantal Chassé, avait elle-même déjà participé à une manifestation contre les changements climatiques. Le développement économique resterait toutefois la priorité des dirigeants.

    «Au Québec et au Canada, nous en sommes au moins rendus au point que les gens au pouvoir doivent faire des relations publiques autour des changements climatiques et de la protection de l'environnement. Cela dit, quand vient le temps de prendre de bonnes décisions pour l'environnement, on parle encore de perte d'emplois et de certaines usines qui ne pourraient plus ouvrir. On est encore davantage en faveur de la croissance économique que de la protection de l'environnement», a expliqué é le chef du Parti vert du Québec.

    La co-porte-parole du collectif «La Planète s'invite à l'université», Andréane Moreau, affirme aussi que le gouvernement Legault n'en fait pas assez. Elle a pris part à l'organisation des manifestations du 15 mars dernier à Montréal et Québec. Le même jour, plusieurs événements du genre avaient lieu dans le monde, y compris à Paris.

    «On s'inscrit dans le mouvement mondial contre les changements climatiques. L'idée, c'est de dire qu'au Québec aussi, on peut agir par rapport à ça, parce que c'est important. En ce moment, les changements climatiques ne sont clairement pas une priorité des gouvernements», a souligné Andréane Moreau.

    Le collectif «Le climat s'invite à l'université» demande au gouvernement du Québec d'adopter deux mesures-phare. Premièrement, «établir un programme d'éducation à l'environnement et de sensibilisation à la crise climatique». Deuxièmement, adopter une loi climatique forçant l'atteinte des cibles recommandées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

    Andréane Moreau martèle que les étudiants veulent forcer le gouvernement Legault à agir. D'autres événements seraient à prévoir au cours des prochains mois.

    «On va continuer à agir tant qu'il n'y aura pas de mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. […] On va faire tout ce qu'il faut pour qu'il y ait du changement», a assuré la co-porte-parole.

    Les étudiants mobilisés demandent également aux institutions d'enseignement de retirer les investissements qu'ils ont faits dans les énergies fossiles. En février 2017, la direction de l'Université Laval avait annoncé qu'elle renonçait à ses placements dans le pétrole. Deux ans plus tard, cette université n'a toujours pas retiré tous ces placements dans ce secteur, ce qui lui vaut des critiques.

    Au Québec, la question environnementale semble même éclipser les enjeux portant sur l'identité, principal débat depuis les années 1970. D'une certaine manière, le succès actuel des écologistes comble un grand vide dans la Belle Province. 

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    Tags:
    étudiants, environnement, réchauffement climatique, climat, écologie, François Legault, Montréal, Québec, Canada
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