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L’armée kosovare, qui n’est toujours pas reconnue par l’Otan, a toutefois été invitée à participer aux exercices organisés sous le Commandement des forces des États-Unis en Europe (EUCOM) et dédiés au 10e anniversaire de l’adhésion de la Croatie à l’Alliance. Un analyste militaire serbe commente pour Sputnik cette situation paradoxale.

La politique de tel ou tel État envers la Serbie ne doit pas être évaluée selon des déclarations diplomatiques, mais selon des faits, tels par exemple que l'invitation de l'armée du Kosovo aux exercices de l'Otan, qui ne la reconnaît d'ailleurs pas, a déclaré à Sputnik Ljuban Karan, lieutenant-colonel à la retraite qui a servi dans le contre-espionnage yougoslave.

«Ce qui se produit avec la soi-disant armée du Kosovo montre explicitement que le dialogue a été sciemment dirigé dans une impasse et qu'une résolution militaire de la situation au Kosovo se prépare. C'est pour cette raison qu'ils [les États-Unis, ndlr] soutiennent et arment discrètement l'armée kosovare. Cela prouve que les Américains et cette armée ont des projets conjoints consistant à faire de cette armée kosovare une force militaire réelle qui puisse à l'avenir contrôler le territoire du Kosovo», a poursuivi l'expert.

Et d'ajouter que tout cela se trouvait en contradiction flagrante avec les intérêts de la Serbie et créait une base pour un conflit autour du Kosovo.

«En invitant les soi-disant forces armées du Kosovo à participer aux exercices, ils veulent montrer à tous les pays membres de l'Otan, et avant tout à ceux d'entre eux qui ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo, qu'ils le considèrent comme indépendant et qu'en tant qu'État indépendant, le Kosovo peut avoir son armée et participer avec tous les autres membres de l'Alliance à toutes les "opérations amicales" de celle-ci», a résumé M.Karan.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a regretté à l'époque la décision de Pristina de transformer ses forces de sécurité en armée régulière, en déclarant que l'Alliance allait «réexaminer le niveau de son engagement» au Kosovo. Qui plus est, l'Alliance compte parmi ses membres quatre pays (l'Espagne, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie) qui n'ont toujours pas reconnu l'indépendance kosovare, proclamée unilatéralement en février 2008.

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Tags:
reconnaissance, indépendance, exercices militaires, armée, contre-espionnage, OTAN, Sputnik, Jens Stoltenberg, Ljuban Karan, Slovaquie, Roumanie, Grèce, Espagne, Croatie, États-Unis, Kosovo, Serbie
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