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    GNL américain: la Chine annonce la sentence

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    A compter du 1er juin, les taxes sur les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en Chine passeront de 10 à 25%, a annoncé la commission des taxes du Conseil d'État chinois. L'industrie gazière américaine est-elle menacée de catastrophe?

    Les taxes chinoises sur les importations suivent les actions de Washington. Il y a deux semaines, Donald Trump a accusé Pékin d'avoir fait échouer les négociations commerciales et a décrété une hausse des taxes sur 200 milliards de dollars de produits chinois.

    ​Le chef de l'État américain a également promis d'étendre ces mesures à l'ensemble des importations chinoises. Pékin a immédiatement réagi en annonçant que de nouvelles taxes seraient décrétées à partir du 1er juin sur 60 milliards de produits américains supplémentaires, GNL compris.

    Le marché chinois du GNL est le plus grand du monde et affiche la plus forte croissance, ce qui en fait le plus convoité pour tous les exportateurs d'hydrocarbures, notamment les États-Unis.

    «Cette année, le marché chinois du GNL augmentera d'environ un quart», affirme Carlos Torres-Diaz, responsable d'étude du marché gazier chez Rystad Energy.

    C'est dans ce but précis qu'étaient prévus la plupart des projets de construction de terminaux de liquéfaction de gaz aux États-Unis. Parmi eux: l'usine Cameron LNG lancée récemment en Louisiane avec trois lignes de production d'une capacité totale de 13,5 millions de tonnes par an.

    Mais à cause de la guerre commerciale, en quatre mois les Américains n'ont exporté en Chine que 300.000 tonnes de gaz contre 1,4 million de tonnes pour la même période l'an dernier, indiquent les spécialistes de Vygon Consulting. Et suite aux nouvelles taxes, ces fournitures devront entièrement cesser.

    Par ailleurs, selon la Commission fédérale de régulation de l'énergie (FERC), les États-Unis construisent actuellement cinq lignes d'une capacité totale de 57 millions de tonnes de GNL par an. Les projets de cinq autres lignes ont été approuvés et attendent des décisions d'investissement définitives. Qui sont désormais remis en question.

    Les nouvelles taxes chinoises poussent les Américains à se tourner vers l'Europe. La semaine dernière, deux sénateurs ont soumis d'urgence au parlement américain un projet de loi sur les sanctions contre les propriétaires de navires utilisés pour la construction du gazoduc Nord Stream 2, ainsi que les individus qui apportent un soutien financier ou technique au projet. Washington exige depuis longtemps que les Européens abandonnent le gaz de pipeline russe au profit du GNL américain.

    La perte du marché chinois pourrait également faire échouer les plans d'expansion européenne des États-Unis. D'après les analystes de Rystan Energy, la Russie fournit actuellement du gaz à l'Europe au prix moyen de 5 dollars pour un million de Btu — un niveau qui correspond au seuil de rentabilité des fournitures de GNL américain en Europe. En d'autres termes, vendre leur gaz au même prix que le russe reviendrait pour les Américains à travailler sans profit.

    Washington aurait pu régler ce problème en assurant des fournitures parallèles en Asie, où le prix du GNL est traditionnellement plus élevé qu'en Europe. Mais désormais, sans la Chine, l'expansion des exportations en Europe serait extrêmement désavantageuse pour les Américains.

    Les compagnies russes ont de bonnes chances de s'emparer de la part du marché asiatique revendiquée par les Américains. Le 1er décembre sera lancé le gazoduc russe Sila Sibiri (Force de Sibérie) d'une capacité de 38 milliards de mètres cubes de gaz par an. La prochaine étape consiste à construire un autre gazoduc relié à la Chine via l'Altaï.

    «Les livraisons de gaz russe en Chine via l'itinéraire ouest pourraient devenir le couloir de transport de gaz le plus prometteur et le plus important», a indiqué fin avril le patron de Gazprom Alexeï Miller.

    «La Chine continue d'accroître sa consommation de gaz — de 15% en 2017 et de 18% en 2018. Les importations augmentent encore plus activement: de 32% l'an dernier, jusqu'à 125,7 milliards de mètres cubes. Au final, la Chine est arrivée pour la première fois à la tête des plus grands importateurs de gaz dans le monde. La demande en gaz continuera de grandir dans ce pays, et nous sommes prêts à y répondre avec des fournitures fiables et à long terme», a-t-il souligné.

    Tags:
    gazoduc, gaz naturel liquéfié (GNL), hydrocarbures, Force de la Sibérie, Commission fédérale de régulation de l'énergie (FERC), Nord Stream 2 AG, Gazprom, Donald Trump, Europe, Chine, États-Unis, Russie
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