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    Lac d'Ourmia, dans le nord-ouest de l’Iran

    L'assèchement du lac d'Ourmia, en Iran, est-il en passe d’être enrayé?

    © AFP 2019 ATTA KENARE
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    Le niveau de l’eau du lac d'Ourmia, dans le nord-ouest de l’Iran, s’est élevé d’un mètre par rapport à l’année dernière, ce qui relance l’espoir après de longues années d’assèchement, dû au changement climatique et à l'activité humaine, a indiqué à Sputnik un écologiste iranien.

    Le lac d'Ourmia, dont la superficie couvre plus de 3 % de celle de l'Iran, était dans le passé alimenté par les eaux de 60 rivières saisonnières et permanentes. Ce lac a commencé à s'assécher au début des années 2000 en raison du changement climatique et de l'activité humaine grandissante.

    «Pour régénérer l’écosystème du lac d'Ourmia, notre équipe de spécialistes a réalisé plusieurs mesures, dont le déplacement de gros volumes d’eau dans le lac par la pose de tubes et la construction de canaux», raconte à Sputnik Mohammad Masoud Tajrishi, vice-directeur de l'Organisation de la défense de l'environnement de l’Iran et chef du Groupe de travail pour la revitalisation du lac d'Ourmia.

    Le lac rose d'Ourmia en Iran
    © AP Photo / Ebrahim Noroozi

    Selon l’Iranien, on dépense plus d'eau qu'il n'est nécessaire.

    «Aussi, avons-nous pensé à modifier les moyens de mener les travaux agricoles. Ainsi, dans la province de l’Azerbaïdjan Occidental, 90% des revenus des fermiers dépendent directement de l’agriculture, alors que dans d’autres provinces, il y a d’autres sources, dont le tourisme», a-t-il poursuivi.

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    Il a par ailleurs évoqué l’impact négatif sur le processus de revitalisation du lac des sanctions imposées à l’Iran par les États-Unis.

    «Avant ces sanctions, l’Iran avait coopéré avec l'Australie dans la résolution des problèmes du lac d'Ourmia. L'Université de technologie de Sharif, à Téhéran, menaient une recherche conjointe avec l’université de Melbourne. Avec les sanctions anti-iraniennes, cette coopération a été suspendue. Tout d’abord, les États-Unis ont sanctionné l’université iranienne, et ensuite, ils ont limité les possibilités de Melbourne de coopérer avec l’Iran», détaille M.Tajrishi.

    D’après lui, les Américains auraient déclaré aux Australiens que s’ils voulaient poursuivre leur coopération avec les États-Unis, ils devraient rompre leur coopération avec l’Iran.

    Les spécialistes préviennent que le lac d'Ourmia est sur le point de s’assécher complètement, et s’il n'est pas revitalisé d’ici 2030, la vie de plus de 14 millions de personnes sera en danger. Depuis que l'État a rouvert certains barrages qui détournaient les rivières, l'assèchement semble enrayé. Si les efforts continuent, le lac pourrait même se régénérer, mais il faudra des dizaines d'années.

    Tags:
    Lac d'Ourmia, sanctions contre l'Iran, Australie, États-Unis, Iran
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