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À en croire une enquête de journalistes du quotidien belge De Standaard, des sans-papiers et des ouvriers sans contrat ont participé à la construction du symbole du Conseil européen, le fameux bâtiment Europa.

Les travaux de construction du bâtiment Europa, qui abrite actuellement le siège du Conseil européen, se sont déroulés non sans violations des règles de recrutement des ouvriers, révèle une enquête du quotidien belge De Standaard.

Ainsi, des journalistes belges ont interviewé un ouvrier bulgare, Beyhan Dzhelilov, qui au printemps 2012 s'est vu proposer de travailler sur le bâtiment Europa. Selon lui, dès le début, il a trouvé «suspect» de n’avoir reçu aucun contrat, mais comme il avait besoin d’argent, il a accepté la proposition à ses risques et périls.

Le quotidien précise que l’appel d’offres a été initialement remporté par les géants belges de la construction Interbuild et Jan De Nul. Après quoi, une chaîne temporaire de petites entreprises de construction pour recruter la main d'œuvre a été mise à contribution. Un certain nombre d'employeurs frauduleux ont réussi à entrer dans cette chaîne de sous-traitants pour embaucher des travailleurs sans contrats appropriés.

Si les premiers mois, M.Dzhelilov touchait environ 2.000 à 3.000 euros par mois en espèces, en 2013, les ennuis ont commencé ce qui l’a poussé, avec d’autres employés, à déposer une plainte auprès de l’inspection du travail.

«À l'automne 2013, une vingtaine d'employés de GDS [Group Diamond Services] se sont plaints de ne pas recevoir leur argent. Ils ont même déposé leurs outils pendant une journée» a expliqué un responsable de l’inspection.

Et d’ajouter:

«Il y avait des Moldaves, des Italiens, des Portugais, des Brésiliens, des Espagnols, des Roumains, des Bulgares et même deux Guinéens, mais ils se faisaient passer pour des Portugais. Beaucoup n'avaient pas les bons papiers».

La société belge Jan De Nul a confirmé à De Standaard que GDS avait été rejeté: «il n’a pas respecté la planification contractuelle et n'a pas exécuté correctement les travaux du point de vue technique».

«Tous les employés de tous les sous-traitants ont été contrôlés au sujet de la possession des documents nécessaires. Cela s'applique également aux employés des sous-traitants qui ont agi pour le compte d'un sous-traitant ou d'un sous-sous-traitant. Ce n'est qu'après cette inspection préliminaire que les employés agréés des sous-traitants ont eu accès au site», a déclaré l'entreprise.

Cependant, les journalistes de De Standaard disent avoir vu les badges de travail de Dzhelilov et de trois de ses collègues, même s'ils n'avaient pas de contrat.

«Le sommet de l'iceberg»

L'auditeur du travail, Fabrizio Antioco, a indiqué aux journalistes que le dossier contenant la plainte de Dzhelilov avait été perdu, ce qui n’est pas étonnant, souligne De Standaard, qui indique que les dossiers d'accidents du travail mortels ou comportant des millions d'euros de fraude sont prioritaires sur les dossiers plus petits comme ceux de Dzhelilov.

Jan Knockaert, directeur de Fairwork Belgium, une petite organisation qui fournit une assistance juridique aux personnes sans permis de séjour légal, n’est pas surpris par cette affaire. D’après lui, cette année, il a déjà reçu 497 appels de sans-papiers concernant des vols ou des accidents du travail.

«Ces appels ne sont que la neige sur le sommet de l'iceberg», a-t-il indiqué avant d’ajouter que «tout le monde en Belgique utilise des employés sans domicile légal».

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Tags:
sans-papiers, fraude, constructions, Conseil européen
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