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Le parquet fédéral américain enquête pour savoir si Mark Forkner, ancien pilote de Boeing, a induit en erreur de manière intentionnelle l’agence fédérale de l’aviation (FAA) sur le logiciel de contrôle de vol du 737 MAX mis en cause dans deux crashs, a rapporté le New York Times en se référant à deux sources.

Mark Forkner, un ancien pilote de haut niveau de la compagnie aérienne Boeing, est soupçonné par l’enquête d’avoir volontairement mis le régulateur de l’agence fédérale de l’aviation (FFA) sur une fausse piste lorsque sa société demandait l'approbation de son avion de ligne 737 MAX, rapporte le New York Times, citant deux sources.

Ainsi, selon ces sources, ces derniers mois, les enquêteurs fédéraux ont interrogé plusieurs employés de Boeing pour établir si Mark Forkner avait sciemment menti à la FAA sur le nouveau logiciel anti-décrochage (MCAS) des Boeing 737 MAX mis en cause dans deux catastrophes ayant emporté la vie de 346 personnes.

Dans des messages adressés à un collègue remontant à novembre 2016, mais qui n’ont refait surface qu’en octobre 2019, M.Forkner, à l’époque pilote de Boeing, affirmait à propos du MCAS qu’il «déraille dans le sim [le simulateur, ndlr]».

Son collègue, Patrik Gustavsson, a fait remarquer qu'il allait falloir actualiser les instructions dans le manuel de vol, indique l'AFP. De fait, huit mois avant les échanges rendus publics vendredi, M.Forkner avait demandé à l'agence fédérale de l'aviation (FAA) s'il pouvait ne pas mentionner le MCAS dans le manuel de vol. Le régulateur, convaincu que le dispositif informatique n'était ni dangereux ni amené à intervenir souvent, avait alors donné son feu vert. Un porte-parole de la FAA a précisé que l'autorisation du régulateur n'était cependant pas requise.

M.Forkner s'était dit inquiet d'avoir «menti aux régulateurs (sans le savoir)». Son collègue y a répondu que «ce n'était pas un mensonge, personne ne nous avait dit que c'était comme ça».

Les messages de Forkner semblent être les premières observations connues du public selon lesquelles le système anti-décrochage MCAS se comportait de manière irrégulière lors des essais avant que l'avion ne soit mis en service.

Réaction de Boeing

Dans l’immédiat, le parquet fédéral américain n’a pas répondu à la demande de commentaires de l’agence Reuters, tandis que le porte-parole de Boeing, Gordon Johndroe, a déclaré dans un communiqué que la société «coopérait à l'enquête du ministère de la Justice».

Quant aux avocats de M.Forkner, David Gerger et Matt Hennessy, le Times rapporte qu’ils ont fermement nié que leur client ait donné de fausses informations:

«Mark n'a menti à personne», ont-ils déclaré, selon le quotidien. «Il a fait son travail honnêtement et ses informations auprès de la FAA étaient honnêtes. En tant que pilote et vétéran de l’US Air Force, il ne mettrait jamais en danger la sécurité des autres pilotes ou de leurs passagers. C'est ce que toute enquête juste établirait.»

Cloués au sol après deux catastrophes

Les vols des appareils 737 MAX sont suspendus depuis le 13 mars 2019 après le crash d’un avion Lion Air le 29 octobre 2018 (189 morts) puis celui d’un appareil d’Ethiopian Airlines (157 morts) le 10 mars 2019.

Le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause et Boeing travaille actuellement sur les changements exigés par les régulateurs.

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Tags:
aviation, Boeing, Boeing 737 MAX
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