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Après 25 ans de cavale, l'homme d'affaires rwandais Félicien Kabuga, l'un des principaux accusés encore recherchés par la justice internationale, a été interpellé le 16 mai non loin de Paris, indique le parquet général.

Félicien Kabuga, considéré comme le «financier du génocide rwandais» et recherché par la justice internationale, a été arrêté samedi matin près de Paris, ont annoncé le parquet général de Paris et la gendarmerie dans un communiqué commun.

Âgé de 84 ans, M.Kabuga, qui résidait à Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, sous une fausse identité, est notamment accusé d'avoir créé les milices Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit 800.000 morts selon l'Onu.

Un des «fugitifs les plus recherchés»

Il est visé par un mandat d'arrêt du Mécanisme international, la structure chargée d'achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR), rappelle l'AFP. Selon le communiqué des autorités françaises, il faisait partie des «fugitifs les plus recherchés au monde».

En 1994, Félicien Kabuga, dont une fille était mariée à un fils du Président rwandais Juvénal Habyarimana, appartenait au cercle restreint de ce dernier, dont l'assassinat, le 6 avril 1994, allait déclencher le génocide.

Il présidait la Radio télévision libre des Mille Collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, et le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait «des fonds» destinés à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe, selon l'acte d'accusation du TPIR.

Il est également accusé d'avoir ordonné aux employés de sa société «d'importer un nombre impressionnant de machettes au Rwanda en 1993», avant de les faire distribuer en avril 1994 aux Interahamwe.

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d'être expulsé, Félicien Kabuga avait ensuite temporairement rejoint Kinshasa. Il avait été signalé en juillet 1997 à Nairobi, où il avait échappé à une opération destinée à l'arrêter, puis à une autre en 2003, selon l'ONG spécialisée TRIAL.

Satisfaction de l'Onu

Il doit désormais être rapidement présenté au parquet de Nanterre en vue de son incarcération puis au parquet général de Paris dans les prochains jours. S'en suivra une procédure d'extradition devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui décidera de sa remise au Mécanisme international à La Haye pour qu'il y soit jugé.

Cette arrestation rappelle que tous ceux suspectés d'y avoir participé auront à faire face à la justice, a déclaré samedi un procureur de l'Onu à La Haye.

Cette arrestation «est un rappel que ceux qui sont responsables du génocide peuvent être amenés à rendre des comptes, même 26 ans après leurs crimes», a déclaré Serge Brammertz, principal procureur du Mécanisme international, la structure chargée d'achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

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Tags:
arrestation, financement, génocide, Rwanda
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