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Après l’apparition du coronavirus, très probablement, sur le «marché humide» de Wuhan où chauves-souris, pangolins et autres serpents ornaient les étals, le véganisme pourrait-il prévenir les futures pandémies? L’association de défense des animaux PETA en est convaincue et milite pour l’arrêt de la pratique d’abattage par la même occasion.

Comment le SARS-CoV-2 est-il passé du monde sauvage à l’être humain? Si de très forts soupçons pèsent sur une transmission de la maladie par une espèce de chauves-souris à l’homme, la manière dont celle-ci s’est réalisée comporte de nombreuses inconnues. Une grande majorité de scientifiques et chercheurs s’accorde à dire que le virus est d’origine animale et est apparu sur le marché en plein air de Wuhan où étaient vendus de la viande fraîche et des animaux sauvages vivants, dans des conditions d’hygiène déplorables. Néanmoins, l’«hôte intermédiaire» ayant facilité la transmission n’est toujours pas clairement identifié.

Les 194 pays de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont réunis virtuellement, lundi 18 mai, afin de débattre de la réponse internationale à la pandémie de coronavirus et éclaircir ce mystère. Une résolution portée par l’Union européenne demande d’ailleurs à l’OMS de «collaborer étroitement avec l'Organisation mondiale de la santé animale, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et les pays [...] en vue d'identifier la source zoonotique [transmission de l’animal à l’homme, ndlr] du virus et de déterminer par quelle voie il s'est introduit dans la population humaine».

Consommation d’espèces sauvages

Pour l’association de défense des droits animaliers PETA France, interrogée par Sputnik lors d’un happening devant le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation lundi 18 mai, il est regrettable que «depuis trois mois, les médias ne parlent que de coronavirus. Malheureusement, on se rend compte que le lien entre cette pandémie dévastatrice et notre consommation de viande est souvent ignoré».

«Les virologues savent que les marchés [d’animaux] vivants mais également les élevages industriels et les abattoirs sont des terreaux fertiles pour les maladies zoonotiques», constate Marie-Morgane Jeanneau, porte-parole de l’association PETA France.

​Un rapport publié par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) estime qu’un consensus sur «le lien entre consommation et commerce de la viande de brousse et maladies infectieuses émergentes a été établi dans plusieurs cas (tels que le passage du SIV vers HIV, Ebola ou le SRAS)». Selon le FRB, «la transmission de nombreuses autres zoonoses liées à la consommation de viande de brousse est actuellement sous-estimée».

Changer nos modes de consommation

Le Pr Robert Lawrence de l’université Johns-Hopkins, cité par Vox, a indiqué qu’il y avait des preuves démontrant que lorsque l’on place des bêtes «dans des conditions insalubres et surpeuplées et qu’on utilise des antibiotiques à faible dose pour prévenir des maladies, on crée un incubateur parfait pour les mutations spontanées dans l'ADN des bactéries». La porte-parole de PETA milite pour une fermeture pure et simple des lieux d’abattage.

«La prochaine pandémie est imminente si on continue d’enfermer les animaux dans des conditions insalubres et de les consommer […]. On encourage le gouvernement à fermer les abattoirs et entamer une transition vers une alimentation végétale qui serait plus sûre, plus éthique et plus saine», détaille Marie-Morgane Jeanneau.

Outre la consommation de viande, l’association PETA pointe du doigt les abattoirs où les cas de contaminations au Covid-19 se multiplient.

«Une récente étude aux États-Unis montre que 4% des employés des abattoirs dans le pays ont été contaminés au coronavirus. En Europe, on se rend compte que l’on a le même phénomène. En Allemagne, deux foyers de plus de 200 personnes ont été recensés. En France, il y a des cas qui se déclarent», énumère la porte-parole de l’association.

La pratique de l’abattage mise en cause

Suffisant pour déterminer un lien de causalité? Rien n’est moins sûr. Pour expliquer cette recrudescence de cas de Covid-19 à travers le monde, les scientifiques évoquent l’activité intrinsèque et non la contamination à partir de la viande. L’agence française de sécurité sanitaire (Anses) déclarait en mars dernier qu’«à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n'existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 à l’origine de cette maladie».

Une des hypothèses serait la promiscuité des travailleurs dans les abattoirs, espaces généralement confinés. «Dans les abattoirs comme dans toutes les entreprises où il y a du personnel, il y a forcément de la promiscuité. Donc même avec des mesures barrières, il y a plus de risques», expliquait à l’AFP Paul Auffray, vice-président de la Fédération nationale porcine. D’autres penchent plutôt pour les mauvaises conditions de travail dans certains abattoirs qui augmentent les risques de contagion.

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