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John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lâche un ouvrage explosif en pleine campagne électorale. Pour l’avoir publié sans l’aval des autorités, il risque gros. Cela en valait-il la peine? Gérald Olivier, chercheur associé à l’IPSE, décrypte les révélations de Bolton sur Trump pour le Désordre mondial.

Il est difficile de ne pas penser que si Donald Trump avait permis à son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, de déclencher une opération de changement de régime en Iran, ce dernier ne l’aurait peut-être pas attaqué dans son nouveau livre, «The Room Where It Happened» («La pièce où c’est arrivé»).

Lorsque Bolton a pris ses fonctions, il a dû accepter que le gouvernement contrôle tout livre potentiel avant sa publication afin de s’assurer qu’il ne contienne pas d’informations classées secret-défense. Mais Bolton et son éditeur, impatients, ont décidé de passer outre et de sortir le livre avant feu vert des autorités. Le gouvernement américain poursuit maintenant Bolton pour rupture de contrat. S’il perd, il pourrait avoir à verser au gouvernement tout ou partie de son avance de deux millions de dollars, reçue de son éditeur. Il s’ouvre également à d’éventuelles poursuites criminelles pour la divulgation d’informations potentiellement classifiées.

Le gouvernement a même tenté d’empêcher la publication du livre en amont, mais le juge a décidé qu’il était trop tard, puisque des extraits avaient déjà paru dans la presse. Quelles informations inédites se trouvent dans le livre de Bolton? Et comment Trump les prend-il?

John Bolton
© AP Photo / Andrew Harnik
Gérald Olivier, journaliste, chercheur associé à l’Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), analyse l’impact des révélations de Bolton:

«Je pense qu’il n’y a rien de dommageable dans le livre pour la réélection de Donald Trump. C’est-à-dire que le grand problème de John Bolton, c’est qu’il n’apporte pas d’éléments nouveaux. Il ne dit rien qu’on ne sache déjà.
Le fait que Donald Trump soit un personnage relativement peu au fait de la géopolitique –que ces sujets-là ne l’intéressent pas–, qu’il a un ego surdimensionné, qu’il fasse confiance à son intuition beaucoup plus que ses connaissances et à ses conseillers, il n’y a rien de nouveau dans tout cela. Ça a déjà été dit par Bob Woodward dans ses ouvrages et par un certain nombre de journalistes.»

Perspectives de Trump pour sa réélection

Le rédacteur en chef du blog «France-Amérique» commente l’impact des diverses crises –sociale et sanitaire– sur les chances électorales de Trump:

«Moi, je suis persuadé que les Américains sont dans leur immense majorité un peuple qui a besoin de –et qui apprécie– la paix sociale. Lorsqu’ils auront vu sur leurs écrans de télévision jour après jour et semaine après semaine que leurs centres-villes sont en feu, qu’il y a des attaques, qu’il y a des meurtres […] à un moment, cet électorat va se mobiliser et dire "Trop c’est trop et ce n’est pas ce qu’on veut."
Alors je pense qu’actuellement, Donald Trump est en train d’observer ce qu’il se passe. Ces villes et États sont gérés par des Démocrates. Je pense qu’il est en train de regarder comment l’opinion publique perçoit ces événements.»

L’expert revient sur un lancement de campagne compliqué pour le Président américain lors d’un rassemblement controversé à Tulsa, dans l’Oklahoma, et analyse sa cote de popularité:

«Trump a toujours eu contre lui une majorité d’Américains. Sa politique n’a jamais suscité un enthousiasme tel qu’une majorité d’Américains se range derrière lui, alors que tous les Présidents jusqu’à présent avaient connu à un moment 55, 60, 65% de popularité. Avec Trump, ça n’a absolument pas bougé. On est resté entre 40 et 48%. Ce serait tombé aujourd’hui à 38%.»

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Donald Trump, John Bolton, États-Unis
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