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Mike Pompeo, Secrétaire d’État américain, a annoncé de nouvelles sanctions contre la Syrie, dont des mesures contre la famille de Bachar el-Assad. Mais la Syrie est-elle vraiment la cible de cette stratégie? Analyse de Fadi Assaf, ancien conseiller du Président du Liban et consultant en relations internationales, au micro de Rachel Marsden.

Le Secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, vient d’annoncer une nouvelle tentative des États-Unis pour augmenter la pression sur Bachar el-Assad. Sanctions, sanctions et encore plus de sanctions, par le biais du «Caesar Syria Civilian Protection Act» (dont le «Caesar Act»), signés par Donald Trump il y a six mois.

C’est une vieille formule de l’Administration Trump, déjà expérimentée contre l’Iran, le Venezuela et Cuba, par exemple. La stratégie consiste à sanctionner certains individus et entreprises du pays, tout en revendiquant la solidarité américaine avec le peuple. Sauf que les citoyens de ces pays, eux, ressentent l’impact des sanctions économiques étrangères sur leur vie quotidienne et savent quels acteurs sont responsables de leurs difficultés.

Par ailleurs, l’Administration Trump a tendance à faire sous-traiter ses interventions étrangères à des alliés régionaux, qui mènent une politique étrangère soutenue par les États-Unis. Mais est-ce vraiment une approche non interventionniste lorsqu’il y a des pressions économiques sur les alliés autant que sur les ennemis? 

Fadi Assaf, ancien conseiller du Président du Liban et consultant en relations internationales, explique comment l’objectif de la stratégie de sanctions contre la Syrie a évolué:

«Les deux types de sanctions –européennes ou américaines– ont peu de chance d’aboutir et d’ailleurs, leurs objectifs ont évolué avec le temps. Au début, c’était "renversons le régime syrien". Après, "combattons Daech*, attention aux populations civiles”. Après, c’était "allons vers un État de droit et on verra ce qu’on va faire avec Assad lui-même”. Maintenant, les Américains déclarent que "nous n’avons pas l’intention de renverser el-Assad, mais de lui faire changer de comportement”. Les sanctions ont des objectifs qui évoluent en permanence.»

Quid des autres cibles des sanctions US?

D’après Assaf, la Syrie ne représente pas l’objectif final pour les États-Unis:

«Il est clair que l’objectif américain, en soi, n’est pas seulement la Syrie. La Syrie n’est pas importante pour eux. Ce qui est important, c’est toute la géopolitique qui se construit autour de ce conflit. Les États-Unis ne voulaient pas être en marge de cette réorganisation géopolitique. Bien entendu [ils ne voulaient pas non plus, ndlr] laisser des entreprises chinoises profiter de cette guerre pour s’installer durablement, ou bien les Russes pour qu’ils restent indéfiniment dans le secteur du gaz, ou bien les Européens ou bien même leurs alliés qui viennent s’installer, sans qu’eux ne soient aussi dans le jeu. Je pense qu’il y a un aspect de guerre économique.»

L’expert réagit aussi aux propos de Pompeo, qualifiant les États-Unis du plus grand donateur humanitaire au peuple syrien depuis le début du conflit:

«Certainement qu’une partie essentielle va à l’humanitaire, parce que les réfugiés dans les pays voisins vont manger et se soigner avec, mais bien entendu dans ce cadre-là, si on comptabilise aussi les aides aux "proxies" locaux, qu’ils soient Kurdes ou autres, oui, les Américains se sont impliqués directement dans la guerre. Ils ont des alliés locaux avec qui ils traitent. Certainement qu’ils les financent. Maintenant, je ne sais pas comment ils tiennent leur comptabilité.»

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
Bachar el-Assad, Mike Pompeo, Syrie
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