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La Chine est furieuse contre l’Administration Trump, qui a supprimé le Mouvement islamique du Turkestan oriental, des Ouïghours, de sa liste noire des organisations terroristes. Décryptage de Pierre Picquart, docteur en géopolitique et spécialiste de la Chine, au micro de Rachel Marsden.

Les États-Unis ont l’habitude d’instrumentaliser leur liste noire d’organisations terroristes à des fins politiques. Qui y figure et qui en est exclu en dit long sur les orientations de la politique étrangère américaine.

Par exemple, le Mujaheddin-e-Khalq (ou MeK, Organisation des moudjahiddines du peuple iranien), un allié du Président irakien Saddam Hussein avant sa chute, était considéré comme une menace pour les intérêts américains. L’organisation a été retirée de la liste noire en 2012 quand les Américains ont estimé qu’elle pouvait être un groupe de résistance efficace contre l’Iran.

Des dignitaires américains, dont l’ancien ambassadeur de l’Onu et ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, ainsi que l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, ont même pris la parole lors de rassemblements politiques du MeK à Paris, alors qu’il était encore considéré comme terroriste par les États-Unis.

Le mois dernier, les États-Unis ont également retiré le Soudan de la liste des États terroristes, lorsque ce dernier a accepté de payer une indemnité de 335 millions de dollars aux victimes du terrorisme et à leurs familles, a annoncé Donald Trump. Autrefois, le Soudan fut accusé d’avoir hébergé l’ancien dirigeant d’Al-Qaïda*, Oussama ben Laden.

Dernièrement, le département d’État américain a retiré le Mouvement islamique du Turkestan oriental de sa liste noire. Ce groupe ouïghour opère principalement dans l’ouest de la Chine. Mais pourquoi maintenant? Dans quel intérêt? Et pourquoi la Chine est-elle si furieuse?

Pierre Picquart, docteur en géopolitique et en géographie humaine à l’université de Paris VIII, spécialiste de la Chine et du monde chinois, brosse un tableau sans concession de cette situation:

«On va chercher des mouvements séparatistes, qui sont à l’origine pas uniquement de troubles sociaux, mais d’attentats. Rappelons qu’il y a eu en Chine des attentats comme chez nous avec Daech*. La Chine a eu plus de 300 attentats meurtriers, et puis tout d’un coup, on les finance ou on les supprime d’une liste de terroristes.»

Mais qui est ce groupe? Et quels sont les défis de Pékin face au terrorisme? Le spécialiste de la Chine et du monde chinois répond:

«On a ici un petit groupe qui n’est pas du tout fondamentalement religieux, mais avant tout un groupe politique qui essaie de justifier ses attentats en prônant une soi-disant autonomie musulmane. Or, on est bien sur un territoire chinois avec des particularités locales, comme il y a partout dans toute la Chine, notamment avec le respect des minorités et là, on a visiblement l’apparition d’une manipulation d’un groupe d’individus.
Et n’oublions pas que de ce côté-là, on est tout près des propres terroristes que combattent l’Occident et les États-Unis, puisque des enfants armés s’entraînent à la guerre et donc c’est une zone que la Chine souhaite contrôler pour la sécurité de son territoire.»

*Organisation terroriste interdite en Russie

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États-Unis, Chine
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