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La coalition qui soutient le Président Maduro a gagné les législatives au Venezuela, alors que le Président autoproclamé Juan Guaido a perdu son siège. Maurice Lemoine, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste de l’Amérique latine, revient au micro de Rachel Marsden sur les enjeux du scrutin et la réaction de l’Occident.

«En tant qu’exercice de démocratie, l’élection de l’Assemblée nationale organisée par le Venezuela dimanche a été une farce absolue.» Voici comment la rédaction du Washington Post qualifie la victoire de la coalition soutenant le Président vénézuélien, Nicolas Maduro. Le Grand pôle patriotique a obtenu 67,7% des 5,2 millions de voix exprimées, selon le Conseil national électoral du pays.

Il y a cinq ans, le résultat était bien différent: c’est l’opposition qui avait largement remporté le scrutin. Et cette victoire avait permis à la personnalité de l’opposition préférée des États-Unis, le «Président par intérim» autoproclamé Juan Guaido, d’utiliser son poste de chef du Parlement pour revendiquer un rôle de leadership national. Mais après cette dernière élection, que l’opposition a appelée à boycotter –l’abstention a atteint 69,5%–, ce dernier est sur le point de perdre son siège. Alors, est-ce la fin du conte de fées de Guaido?

Pas si vite, parce que de nombreux pays, dont les États-Unis et ceux de l’Union européenne, font écho à la position du Washington Post et ne reconnaissent pas le résultat du scrutin. Pourquoi? Et sur quelles bases peuvent-ils réellement contester ce vote? Maurice Lemoine, journaliste spécialiste de l’Amérique latine et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, réagit aux accusations occidentales:

«Les élections n’ont pas été truquées. Les élections ont eu lieu dans les mêmes conditions que celles de 2015, qui avaient été gagnées par l’opposition, avec un conseil électoral du même type. Et en particulier cette année, il y avait un certain nombre d’observateurs, dont le Conseil latino-américain des experts électoraux, qui a certifié que les élections étaient justes.
Et je précise qu’il ne s’agit pas de comparses de Nicolas Maduro, parce que le chef de cette mission d’observation est l’ancien vice-ministre de la Justice d’Alvaro Uribe, en Colombie, c’est-à-dire que c’est un homme de droite.»

L’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique décrypte également la posture actuelle de l’Europe:

«L’Union européenne va attendre de savoir ce que les Américains vont décider. Parce que la nouvelle Administration de Joe Biden va prendre ses fonctions légalement en janvier et donc va se prononcer et à ce moment-là, l’Union européenne suivra ce que vont dire les États-Unis. Si demain, les États-Unis disent "on négocie avec Maduro, on reçoit Maduro, on déroule le tapis rouge pour Maduro", les Européens vont dire pareil.»

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