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Dans leur dernier prank, les rois du canular téléphonique Vovan et Lexus se sont fait passer pour le vice-Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour cibler le député LREM Jacques Maire, qui est aussi à la tête d’une formation politique au sein de l’institution européenne. Sujet de leur conversation: l’affaire Navalny.

Jacques Maire pensait honnêtement discuter avec son collègue européen de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) Alexandre Merejko de l’affaire Navalny, mais il a en réalité été piégé par des prankeurs russes: Vovan et Lexus.

Voici le contenu de leur conversation. Néanmoins, aucun des propos rapportés dans cet enregistrement ne peut être authentifié par Sputnik.

L’affaire Navalny au centre

L’appel commence avec les excuses de l’un des prankeurs à cause de l’heure tardive. Effectivement, le lendemain devait avoir lieu une réunion au sein de l’institution au sujet d’Alexeï Navalny, et le «M.Merejko» usurpé téléphone ainsi pour s’assurer d’une «position ferme» du député français à l’encontre de la Russie.

M.Maire répond qu’il «sera ferme à ce sujet», mais que «le pic de la confrontation sera plus tard, lorsque nous publierons un rapport».

«Un rapport sur l'empoisonnement, qui est déjà en cours de préparation et qui est la raison pour laquelle j'ai rencontré Navalny, et un deuxième sur la détention et l'arrestation de Navalny», a-t-il détaillé. «Si nous voulons être fermes avec les Russes dans cette affaire, nous devons le faire lors de l'audition de mercredi. Mais si nous allons plus loin, vers une résolution plus sérieuse qui affectera cette affaire, alors cela se fera dans le rapport que nous distribuerons en mars et qui sera adopté lors de la réunion d'avril. On ne peut pas aller plus vite. C'est le moyen le plus rapide.»

Le prankeur continue de faire pression sur son interlocuteur en disant espérer que celui-ci «avait déjà parlé avec le Président Macron» et «que celui-ci est convaincu que seule la Russie est à blâmer».

Un amendement à venir contre la délégation russe

«Oui, je le sais, mais la différence d’un point de vue politique est seulement que nous devons suivre un processus, un processus de préparation minutieux. Je dois aller en Russie. Peut-être qu'ils me laisseront entrer. Si je ne suis pas autorisé à entrer en Russie, elle ne pourra pas présenter son point de vue. Mais je pense qu'il est important pour elle de le fournir, car si tout se passe bien, alors nous arriverons à des sanctions et lancerons un mécanisme conjoint! Si nous voulons lancer un mécanisme conjoint, nous devons bien nous préparer», lance-t-il.

Le député français évoque aussi l’amendement 10 qui prévoit «de priver de vote ceux qui participent à la délégation [russe au sein de l’institution, ndlr] et se trouvent dans le même temps dans la liste des sanctions».

«Nous ne voulons pas priver complètement la Russie de ses droits, car ils ne seront pas là. Et puis cela fermerait toute opportunité de venir en Russie. Il n'y aurait aucune possibilité d'observer les élections comme maintenant. Rien. Et il n'y aurait pas de mécanisme conjoint», souligne-t-il.

Néanmoins, interrogé sur ce qu’il pense de l’empoisonnement présumé de Navalny, le Français assure qu’il «n’a reçu pour le moment aucun argument de la Russie prouvant que la Russie n’est pas derrière cela».

Un «slip» de Navalny

Le prankeur propose ensuite de donner à étudier aux laboratoires militaires français le slip bleu de Navalny dont il était prétendument vêtu le jour de son empoisonnement supposé et que s’est procuré l’ambassadeur ukrainien, ce qui a vivement intéressé l’élu français. Tous deux se sont mis d’accord pour en discuter davantage lors d’une rencontre face-à-face.

Sanctions contre la Russie

Le 2 mars, les États-Unis et l'Union européenne avaient déjà imposé des sanctions à l’encontre de responsables et entités russes coupables selon eux de l’empoisonnement présumé et de l’emprisonnement d’Alexeï Navalny.

L’avocat et fondateur du Fonds de lutte contre la corruption (FBK), M.Navalny, a été envoyé le dimanche 28 février dans une colonie pénitentiaire à 200 kilomètres à l'est de Moscou pour y purger une peine de deux ans et demi de prison. Lui-même et ses partisans dénoncent cette condamnation comme politique.

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Tags:
Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Vovan (Vladimir Kouznetsov), Lexus (Alexeï Stoliarov), Alexeï Navalny
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