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Une centaine d’événements sont prévus en 2021 entre la France et la Russie. Les deux pays comptent renforcer des liens entre leurs régions respectives dans de nombreux domaines: jumelages, échanges universitaires, recherche, culture, éducation, économie, tourisme… Analyse avec Mikhaïl Makarov, directeur de la représentation commerciale russe.

Situation sanitaire oblige, l’inauguration tant attendue de l’Année croisée de la coopération décentralisée entre la Russie et la France a eu lieu le 19 mars dernier… en ligne.

Heureusement, ce format digital n’a pas nui à l’ampleur des échanges: le programme officiel recense des dizaines d’événements. Il a été inauguré par les coprésidents du comité d’organisation, Vladimir Ilyitchev, vice-ministre russe du Développement économique, et Christine Moro, Ambassadeur pour l’action extérieure des collectivités territoriales.

Mikhaïl Makarov, directeur de la représentation commerciale de la Russie en France, analyse pour Sputnik les enjeux de cet événement.

Sputnik France: Quelles sont les grandes orientations de l’Année croisée des régions?

Mikhaïl Makarov: «En cette période de restrictions dues au coronavirus et de fermeture des frontières, les liens interrégionaux restent la clé du développement durable de la coopération bilatérale entre nos pays. Mais le point le plus remarquable de l’Année croisée est que pratiquement toutes les régions de la Fédération de Russie seront associées d’une manière ou d’une autre aux activités prévues.

La liste des domaines d’intérêt mutuel est vraiment colossale: de la culture et du cinéma à la santé et au sport, de l’agriculture et de l’intelligence artificielle aux programmes éducatifs scolaires… On peut également citer la production vinicole, la pédagogie ou la gastronomie. Nous espérons que la pandémie ne nous empêchera pas de mettre en œuvre les plus de 100 projets et événements prévus au programme.»

Sputnik France: Y a-t-il un axe ou des projets spécifiques qui se distinguent?

Mikhaïl Makarov: «Les programmes éducatifs sont l’un des points forts de cette année. Il ne s’agit pas seulement d’échanges universitaires ou scolaires, nous soutenons la créativité des enfants de nombreuses manières. Par exemple, malgré 11.000 km qui séparent la commune de Gelos en Nouvelle-Aquitaine et la région de l’Amour, en Sibérie, toutes deux ont programmé une exposition virtuelle de photos et de dessins d’enfants.

La pandémie a bien sûr une incidence sur le format des événements. Je pense qu’il faut être réaliste et compter sur la moitié du programme en présentiel et la moitié en ligne. Espérons que bientôt tout reviendra à la normale.»

Sputnik France: Sur quels succès dans la coopération entre les régions les projets de cette année s’appuient-ils?

Mikhaïl Makarov: «Pour la Représentation commerciale russe, les événements dans le cadre de l’année croisée présentent surtout un intérêt du point de vue du développement et de l’approfondissement de la coopération en matière d’investissement. D’une manière ou d’une autre, chaque région représentée dans le programme entretient une relation assez étroite avec la France. Citons Moscou, avec ses 2.373 millions de dollars d’exportations vers la France en 2020, Saint-Pétersbourg (266 millions de dollars) ou encore la région de Ekaterinbourg (117 millions de dollars)…»

Sputnik France: Pourtant, les relations économiques avec l’Europe n’ont-elles pas été affectées par les mesures restrictives, c’est-à-dire les sanctions, depuis 2014?

Mikhaïl Makarov: «N’oubliez pas que depuis le début de cette crise, pas une seule entreprise française n’a freiné ses projets dans notre pays. C’est un signe! Plus de 500 entreprises à capitaux français emploient plus de 160.000 personnes sur le marché russe.

La France reste l’un des cinq principaux investisseurs européens dans l’économie russe. Le volume d’investissements cumulé pour le troisième trimestre 2020 s’élève à 18,5 milliards de dollars. Voilà quelques régions qui sont devenues destinataires d’investissements français: Air Liquide est installé au Tatarstan, Legrand dans la région d’Oulianovsk, Renault et Valeo dans la région de Samara, le groupe PSA dans la région de Kalouga…»

Sputnik France: Le jumelage entre des villes russes et françaises est une longue tradition. L’année 2021 est marquée, par exemple, par 50 ans d’amitié entre Poitiers et Iaroslavl…

Mikhaïl Makarov: «D’habitude, la coopération entre les villes s’exprime davantage dans son aspect humain, comme les échanges de délégations, d’équipes artistiques et sportives, d’expositions, de littérature, de films, de photographies sur la vie des villes. De son côté, notre représentation soutient des missions avec une orientation commerciale prononcée.

Mais j’aimerais citer par exemple que le programme prévoit en juin prochain la participation de dentelliers français au IVe Festival international de la dentelle, "Vita Lace", à Vologda. C’est ce qu’on appelle tisser des liens concrets!»

Sputnik France: Le programme est ambitieux, mais les sanctions antirusses empêcheront-elles sa réalisation?

Mikhaïl Makarov: «Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, les statistiques officielles du commerce et de l’investissement mutuels sont l’indicateur le plus éloquent: les entreprises françaises souhaitent développer leurs relations avec la Russie.

Bien sûr, les hommes d’affaires français avec lesquels nous communiquons sont loin de la politique et ont généralement une vision négative des barrières existantes. Je suis sûr que tôt ou tard, les sanctions seront levées et nous devons être prêts à compenser ce que nous avons manqué dans le commerce mutuel au cours des cinq dernières années.»

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Tags:
région, France, Russie, coopération
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