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Exclue du partenariat mondial sur l’avion de chasse américain F-35 à cause de l’achat de systèmes russes S-400, la Turquie affirme avoir reçu un courrier de la part des USA capable de relancer le dialogue entre les deux pays en vue de régler le problème en question.

Le président de la Direction des industries turques de la défense, Ismail Demir, annonce ce 7 mai l’ouverture d’un futur dialogue avec Washington portant sur l’exclusion d’Ankara du partenariat international sur l’avion de chasse F-35, rapporte le quotidien turc Hürriyet Daily News. Selon le responsable, la décision unilatérale des États-Unis de suspendre la participation de la Turquie suite à l’achat par cette dernière de missiles russes S-400 va «à l'encontre de l'esprit d'alliance».

«Le processus de dialogue débutera dans le cadre de ce partenariat», a déclaré M.Demir, cité par le quotidien, faisant part de la volonté de trouver une solution «fondée sur le droit».

Et de poursuivre: «Nous avons dit qu'aucun pays ne pouvait être exclu unilatéralement du programme F-35». Dans ses propos, M.Demir s’est référé au «dernier courrier des États-Unis» justifiant, selon lui, ce point de vue.

Selon le responsable turc, l’accord ne prévoit pas l’exclusion unilatérale d’une des parties.

«Selon ce texte, l’élimination de tout partenaire n'est possible que par le vote unanime de tous les partenaires ou par le retrait du pays concerné de son plein gré», a-t-il expliqué, précisant que rien de tel n’avait été entrepris dans le cas de la Turquie, exclue du partenariat en 2019 en raison de la livraison des systèmes russes de défense antiaérienne.

Le partenariat international autour du F-35

Le partenariat international concernant le F-35, avion de chasse dernier cri du colosse de l’industrie de l'armement Lockheed Martin, est géré par le Bureau du programme conjoint F-35 du Pentagone. Selon le site de l’entreprise contractante principale du programme, à ce jour, huit pays sont partenaires du programme international, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Italie, les Pays-Bas, l'Australie, la Norvège, le Danemark et le Canada.

En mars, le ministre turc de l’Industrie et des technologies, Mustafa Varank, avait d’ailleurs déclaré à Sputnik que, malgré son exclusion du projet, Ankara continuait à fabriquer les composants dont elle est responsable.

L’achat de S-400 par Ankara

C’est en 2017 que les dirigeants russe et turc ont conclu un accord pour un montant de 2,5 milliards de dollars sur la livraison de systèmes S-400 qui a débuté en 2019. Cet achat a déclenché une véritable crise dans les relations turco-américaines, Washington appelant Ankara à renoncer à ces S-400 et à opter pour des complexes américains Patriot à la place. Si cet achat suscite autant de polémiques en Occident, c’est parce que c’est la première fois qu’un pays membre de l’Otan se procure un S-400 russe. Selon les États-Unis, l’utilisation par un État de l’Alliance d’un système de défense antiaérienne russe, censé traiter différentes cibles aériennes, pourrait tout simplement compromettre le fonctionnement des F-35.

Les États-Unis ont alors menacé de suspendre la participation de la Turquie au partenariat, chose faite en 2019, Ankara ayant refusé de faire des concessions.

La Turquie visée par la loi CAATSA

Qui plus est, la Maison-Blanche a menacé d’appliquer à l’encontre d’Ankara la loi CAATSA (Countering America's Adversaries Through Sanctions Act) visant à «contrer les adversaires des États-Unis par le biais de sanctions». Promulguée en 2017, elle facilite l'instauration de mesures envers, notamment, la Russie, la Corée du Nord et l’Iran.

En décembre dernier, Donald Trump, alors Président, s’en est servi contre la Direction des industries turques de la défense (SSB), son chef Ismail Demir et trois autres employés pour leur coopération avec Rosoboronexport, l'agence russe chargée des exportations du complexe militaro-industriel russe.

Dans le cas turc, c’est la section 231 de la loi -l’imposition de sanctions à l'encontre de personnes impliquées dans les transactions avec les secteurs du renseignement ou de la défense du Gouvernement de la Fédération de Russie (Imposition of sanctions with respect to persons engaging in transactions with the intelligence or defense sectors of the Government of the Russian Federation)- qui a été utilisée, indique un communiqué du département d’État américain.

La section en question prévoit, entre autres, des mesures de rétrsion dites secondaires, qui peuvent viser non seulement des ressortissants russes ou américains, mais également ceux de pays tiers s’ils collaborent avec les structures du renseignement ou de la défense russe.

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Tags:
États-Unis, Turquie, S-400
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