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Sommet Poutine-Biden à Genève (28)
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Alors que les relations bilatérales russo-américaines sont au plus bas depuis la guerre Froide, Vladimir Poutine et Joe Biden ont tenu leur premier sommet bilatéral à Genève ce 16 juin. Si l'on reste loin d’une normalisation, pour le géopolitologue Oleg Kobtzeff et le spécialiste de la Russie Pierre Lorrain, le bilan de cette rencontre est positif.

Arctique, traité de limitation des armements, retour des ambassadeurs, cybersécurité, crise du coronavirus, droits de l’homme, échanges de prisonniers ou encore conflit en Ukraine : Vladimir Poutine et Joe Biden ont abordé ce 16 juin un large pan du spectre des relations russo-américaines. Des rapports à leur plus bas niveau depuis la guerre Froide, selon les deux chefs d’État.

Poignée de main entre Vladimir Poutine et Joe Biden à la villa La Grange à Genève, le 16 juin 2021
© Sputnik . Sergueï Bobylev/POOL
Les deux dirigeants se sont ainsi entretenus durant presque quatre heures, dans la villa La Grange au bord du lac Léman, à l’occasion de leur première rencontre depuis l’accession au pouvoir de Joe Biden en janvier. Lors de leurs conférences de presse respectives, exigence de la partie américaine sans doute afin de ne pas voir se rejouer l’épisode d’Helsinki, les deux Présidents se sont dit satisfaits de leurs échanges, soulignant une «absence d’hostilité».

Un «dialogue assez constructif», sans «aucune animosité»

«On peut dire que c’est relativement positif», réagit au micro de Sputnik Oleg Kobtzeff, professeur de géopolitique à l’université américaine de Paris, qui tire le bilan d’une rencontre «assez bonne» à ses yeux. «Elle aurait pu être bien pire, être une rencontre de confrontation, mais sans être particulièrement amicale», précise cet expert de la Russie.

«Le plus important est qu’ils vont mettre en place des structures diplomatiques permanentes pour régler de manière civilisée les désaccords», souligne-t-il. Des «groupes de travail» qui seraient ainsi créés sur l’ensemble des sujets qui fâchent: cybersécurité, défense, droits de l’homme, etc. Pour autant, notre intervenant préfère le terme de «stabilisation» à celui d’«amélioration» à ce stade des relations entre Moscou et Washington.

«Difficile de dire» si ces relations vont s’améliorer, a lui-même déclaré le Président russe aux journalistes, concédant toutefois voir une «lueur d'espoir» concernant l'établissement d'une confiance mutuelle. Estimant le «dialogue assez constructif», Vladimir Poutine a notamment salué la «décision responsable» de son homologue américain de proroger en février le traité de désarmement New START. Bien que les questions à Vladimir Poutine aient débutées sur l’Ukraine, dossier international dans tous les esprits, le spécialiste de la Russie Pierre Lorrain juge que «le fait que Zelensky [le Président ukrainien, ndlr] n’ait pas été reçu [par Biden, ndlr] avant le sommet est significatif, cela montre que l’Ukraine n’est pas un dossier majeur mais annexe».

Les journalistes américains ont essayé, quant à eux, de recadrer les échanges autour de la question des droits de l’homme et de la cybersécurité.

Vers une entente autour de l’Afghanistan?

Le même régime a été servi à Joe Biden, dont la posture vis-à-vis de son homologue russe a visiblement été jugé pas assez sévère par sa presse. Au cœur des questions : les rançongiciels et les soi-disant ingérences russes dans les élections américaines. Tout en donnant des gages à la presse, le Président américain a estimé toutefois «bonne» et «positive» la tonalité du sommet.

L'actuel occupant de la Maison-Blanche s’est attardé sur les dossiers internationaux, le nucléaire iranien ou encore l’Afghanistan, déclarant que Vladimir Poutine lui aurait promis de lui apporter son aide. En retour, le Président américain s’est dit prêt à fournir certaines garanties sur la Syrie et la Libye.

Pour Pierre Lorrain, l’Afghanistan est justement le «point cardinal» d’un potentiel réchauffement des relations russo-américaines. «Les États-Unis veulent impliquer la Russie, car elle a de bons contacts avec toutes les parties prenantes en Afghanistan, y compris les talibans par l’intermédiaire des pays d'Asie centrale, Turkménistan en tête.»

Ce spécialiste de l’URSS revient sur le poids déterminant de Moscou pour convaincre les pays limitrophes de l’Afghanistan, à savoir l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, d’héberger à nouveau une base américaine. Base qui permettrait à Washington de continuer à soutenir les autorités de Kaboul. «Le seul capable de persuader ces pays, c’est Poutine», estime le journaliste qui évoque le récent refus d’Islamabad d’accueillir sur son sol des soldats américains. Reste à voir si le chef du Kremlin acceptera.

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Sommet Poutine-Biden à Genève (28)

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