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    Partisans du parti de la gauche radicale Syriza

    Syriza - La réaction de la gauche française

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    Alexeï Makarov
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    Gilles Garnier, membre de l’exécutif national du parti communiste français, a donné ses impressions sur les élections grecques et a expliqué qu’un tel revirement n’est pas à exclure en France .

    « Une page se tourne » telle était la réaction de Jean-Luc Mélenchon après la victoire historique du parti de gauche radicale Syriza en Grèce aux élections législatives. Ca résume bien l'esprit de toute la gauche française par rapport au résultat de ce scrutin grec, même l'ancienne ministre de François Hollande Aurélie Filippetti a salué cette victoire. Gilles Garnier membre de l'exécutif national du parti communiste français nous a donné ses impressions sur ces élections et nous a expliqué qu'un tel revirement n'est pas à exclure en France:

    La victoire en Grèce du mouvement Syriza, je suppose que pour vous c'est un heureux événement, qu'est-ce que vous avez ressenti, quelle est votre réaction au parti communiste?

    Je pense que c'était une très grande joie pas seulement pour les communistes, mais pour l'ensemble des hommes et des femmes qui espèrent enfin qu'une porte s'ouvre enfin contre les politiques d'austérité. Ca c'est passé en Grèce parce que l'agenda électoral commence par la Grèce, mais j'espère qu'il y en aura d'autres. En tout cas cela montre que quand un parti politique fait des choix à la fois raisonnables et à la fois profondément en divergence avec les politiques européennes et la politique qui vient d'être menée en Grèce, je crois qu'on a la chance d'avoir un mouvement essentiel pour la Grèce, pour le peuple grec qui a souffert pendant 5 ans, mais aussi pour l'ensemble de l'Europe.

    Le peuple grec n'est pas le seul à souffrir pour reprendre vos mots, est-ce que vous pensez que ce genre de victoire est possible par exemple en France?

    Je pense qu'en France les forces qui sont de gauche et qui sont contre les politiques d'austérité ont du mal encore à œuvrer un projet commun, mais elles se sont retrouvées déjà pour soutenir le candidat de Syriza — Alexis Tsipras à Paris, je pense que c'est l'un des signes qui montre que si la Grèce marche dans le bon sens ça peut faire un effet boule de neige. Je ne crois pas à l'automaticité des choses, la France a d'autres traditions, il y a d'autres politiques qui peuvent être menées en France, mais en tout cas je pense que le choix qui a été fait par le peuple grec ne laissera pas le peuple français totalement insensible. Nous avons su nous mêmes en 2005 montrer la voix et d'autres pays ont voté contre la constitution européenne, pour une victoire courte. Mais en tout cas là le peuple grec n'a pas cédé aux pressions européennes, voir même internationales, il a su prendre une décision claire avec une participation exceptionnelle, 75% et un résultat sans contestation.

    En France au niveau des urnes on en est encore loin.

    Au niveau des urnes, il y a seulement 4-5 ans Syriza était aux alentours de 5%, les choses ne se sont pas faites en 1 jour. Malheureusement il a fallu que le peuple grec traverse une épreuve terrible pour qu'il s'aperçoive qu'à la fois le Pasok et Nouvelle Démocratie menaient la même politique. Ce qui est fort aussi c'est qu'en Grèce ils n'ont pas suivi les sirènes de l'extrême droite d'Aube Dorée, malheureusement en France le Front National en cherchant à se donner une image un peu plus respectable capte pour l'instant une grande partie des déçus à la fois de la politique de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Nous espérons et nous ferons tout pour qu'en France c'est l'espoir à gauche qui renaisse pour pas que l'on se précipite dans les bras de quelqu'un dont on sait que la politique qu'il mènera sera en totale contradiction avec les intérêts du peuple et des intérêts des ouvriers et des employés de ce pays.

    Maintenant que Syriza est installé en Grèce, quel impacte ça aura sur l'Europe vous pensez?

    De toute façon tous ces pays qui ont boudé Alexis Tsipras comme chef de l'opposition, ils ne l'avaient pas reçu au plus haut niveau, ils seront bien obligés maintenant de considérer que la Grèce a un premier ministre légitime avec une majorité au parlement et donc les propositions qu'il fera ne seront pas simplement des propositions d'un grand parti d'opposition mais du gouvernement grec. Le pragmatisme et le réalisme font partie de la politique et je pense que quand on a entendu les légères évolutions d'un certain nombre de socialistes français qui parlaient de la victoire de la gauche en Grèce, je pense qu'ils sont capables maintenant de faire en sorte qu'Alexis Tsipras ne soit pas un vilain petit canard mais soit un véritable interlocuteur. Si ça peut donner des idées à la France, ça serait même mieux.

    Vous pensez que ces idées pourront s'enraciner quand?

    Comme je l'ai dit en Grèce ça a pris plusieurs années, il faut aussi que les gens se mettent à croire qu'il y avait un autre possible et quand on est dans un pays où les plus grandes forces politiques disent qu'il n'y a pas d'autres solutions que la politique actuellement menée, ceci ça pèse sur les consciences. J'ose espérer que le message du Front de Gauche et de l'ensemble de ceux qui critiquent les politiques d'austérité, sauront s'unir et apporter une politique alternative. Est-ce que ça se verra déjà lors des élections départementales ou régionales je n'en sais rien. Si Syriza fait marquer un certain nombre de premiers pas au peuple grec je pense que le peuple français pourrait y être sensible.

     

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    Tags:
    Syriza, Gilles Garnier, Grèce, France
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