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L'intérêt des hommes d'affaires occidentaux, belges compris, pour le marché russe immense ne disparaît pas malgré la crise et les sanctions.

Une quarantaine d'entreprises belges continue de produire en Russie. Le Belge Philippe Nyssen est arrivé en Russie en 1992. Il a commencé par les ventes et les importations des biens de consommation. Il a opté ensuite pour la mise en place des chaînes de gros et de détail pour aboutir à la production. Son expérience de travail dans plusiers branches dans des pays de CEI a contribué à sa réussite en matière de gestion des biens immobiliers industriels.

A l'heure actuelle M. Nyssen est directeur général de Freight Village Ru, premier site logistique multimodal en Russie, qui s'étend sur une superficie de 600 hectares du parc industriel de Vorsino. M. Nyssen nous a fait part de ses idées sur les possibilités des sociétés occidentales eu égard au travail sur le marché russe.

Philippe Nyssen: Oui, en effet la lacs, que nous connaissons aujourd'hui, est un peu différente des autres que nous avons connu dans le passé. On peut faire un parallèle direct avec la crise économique de août 2008, qui avait amené une dévaluation du rouble extraordinaire. Un pays comme la Russie, qui est en dette énormément de l'importation, qui vit la dévaluation, évidemment l'augmentation du prix ou du coût des produits qui sont importés, que ce soit la technologie ou des denrées alimentaires. L'importation a évidemment diminué de façon extraordinaire. On voit énormément aussi de sociétés qui ferment, c'est très sensible sur le marché. L'augmentation en effet du chômage, et la Russie ne connaissait pratiquement pas de chômage. Donc, c'est une réalité de marché.

Dans notre cas nous construisons cet énorme centre logistique sur les 600 hectares, qui veut dire le terminal ferroviaire des conteneurs. Pour ce qui est de Freight Village, notre chiffre d'affaires n'a diminué que de 6% en 2014, comparée à 2013. Nous avons prévu de construire 120 000 m2 de dépôts, dont 40 000 sont achevés d'ici un mois et qui ont trouvé acquéreur tout de suite. Nous sommes financés par la Vnesheconombank qui octroi ses fonds directement de l'état, directement du gouvernement et du budget de gouvernement, ce qui veut dire que nos responsabilités financières par rapport à cette banque n'ont pas changé. Donc, dans notre cas nous sommes en effet très chanceux, puisque nos loyers, qui ont été financés en roubles, n'ont pas changé du tout.

Sputnik: Je sais que nombreux sont les businessmen belges qui se sont intéressés pour se déployer en Russie, pour vendre ou même investir. Y a-t-il vraiment des raisons pour cela?

Philippe Nyssen: Tout à fait. Nous comme développeur on a des terrrains industriels que nous vendons avec toutes les communications aux sociétés. Nous sommes en relation avec les investisseurs de tous les pays pour la localisation de leurs entreprises ou de leur production en Russie. Les sociétés qui viennent aujourd'hui ont toutes des projets très sérieux. C'est un résultat direct de la crise. Si on prend un exemple, le fromage Camembert n'est plus importé, on n'en trouve plus. Si demain une société française aimerait toujours vendre de Camembert en Russie, elle est obligée de venir en Russie. Enormément de sociétés fabriquent leurs produits en Europe et on dit « Non en Russie», mais c'est le moment idéal. Pourquoi? Parce que le marché est calme. Le temps de construire l'usine est 1-2 ans, et le marché reprendra à ce moment-là, ce que tout le monde espère bien sûr. C'est le moment idéal pour construire et pour l'investissement.

Sputnik: Et les possibilités du marché russe restent assez grandes.

Philippe Nyssen: Il s'agit d'un marché énorme, et le but est de produire localement. Rien que Moscou représente déjà un marché gigantesque. La crise aujourd'hui de nouveau a prouvé que ceux qui produisent localement, se retrouvent en meilleure posture que ceux qui envoient leurs marchandises en Russie.

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Philippe Nyssen, Belgique, Russie
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