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    Le Premier ministre hongrois «a clairement déclaré la guerre à George Soros»

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    George Soros et son ONG ne sont plus les bienvenus en Hongrie. Le 13 février, le gouvernement de Viktor Orbán a présenté au Parlement un projet de loi portant le nom de «Stop Soros» . Alors que les élections législatives du 8 avril se profilent, Sputnik a interrogé une experte italienne de l'Open Society Foundation sur cette initiative législative.

    Lors de son discours annuel sur l'état de la nation qu'il a prononcé le 18 février, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a de nouveau accusé le milliardaire américain George Soros de financer des réseaux d'influence à Bruxelles et à l'Onu. Ses accusations interviennent moins d'une semaine après que le projet de loi «Stop Soros» a été soumis au Parlement hongrois. Si cet ensemble de textes était voté, les ONG travaillant de le secteur de l'humanitaire et celles financées de l'étranger devraient périodiquement justifier leurs activités.

    L'écrivain et chercheur italienne indépendante, Francesca Totolo, qui a découvert les liens de George Soros et de sa société ouverte avec le monde politique italien, a expliqué à Sputnik les enjeux de ce projet de loi.

    Sputnik: Le Premier ministre hongrois a déclaré que le plus grand danger venait des politiciens de Bruxelles. Partagez-vous son avis?

    Francesca Totolo: Les craintes du Premier ministre Orbán ne sont pas dénuées de fondement. Nous savons très bien que la classe dirigeante bruxelloise met en œuvre des politiques à à court terme qui ne garantissent pas les intérêts de la population européenne. Il semble que l'Union européenne, la Commission européenne en premier lieu, soit plus soucieuse de garantir les intérêts de l'élite internationale. Elle est plus intéressée par la réduction des coûts salariaux et des protections contractuelles des travailleurs, laissant ainsi se développer les pathologies inhérentes au globalisme. À cet égard, les relations d'estime mutuelle et d'amitié qui lient Jean-Claude Juncker, Frans Timmermans, Martin Schulz et George Soros sont bien connues et documentées. Elles prennent la forme de visites ad hoc officielles du spéculateur hongrois et de déjeuners «non institutionnels» à Bruxelles. Cela justifie clairement les motivations des nombreuses invectives de la Commission européenne contre les gouvernements des États de Visegrád (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, ndrl), dont la Hongrie fait partie.

    Spoutnik: Le gouvernement hongrois a récemment soumis à l'examen du Parlement un projet de loi dit «Stop Soros» qui vise à freiner l'immigration et à permettre à l'Etat de mieux contrôler les financements étrangers des ONG. Cette loi est-elle nécessaire?

    Francesca Totolo: Je pense que oui. Orbán a clairement déclaré la guerre à George Soros, dont le seul et véritable but est d'encourager la dissidence, de la canaliser à son avantage, c'est-à-dire contre les gouvernements qu'il considère comme ses ennemis. Le cas de l'Ukraine est un exemple frappant de l'instrumentalisation par l'Open Society Foundation. En Hongrie, comme en Italie, des dizaines d'associations sont habilement soutenues par les ONG du réseau Open Society Foundation, elles font campagne pour une immigration sans limite et diffusent le concept de «société ouverte» cher à Soros. L'immigration non contrôlée et irrégulière doit être arrêtée pour sauvegarder la stabilité des pays. Les statistiques italiennes sont claires: seuls 40% des demandeurs d'asile ont bénéficié d'une protection internationale. Orbán le sait et préfère protéger ses citoyens et ne pas les exposer aux risques d'une immigration irresponsable. La loi «Stop Soros» servira donc à neutraliser ces organisations.

    Spoutnik: Viktor Orbán a déclaré que son gouvernement s'opposerait aux efforts déployés par les Nations unies et l'Union européenne pour rendre les mouvements migratoires supportables pour le monde. Quelles mesures le gouvernement hongrois peut-il prendre?

    Francesca Totolo: Les politiques migratoires de l'Union européenne, approuvées par les Nations unies, ne tiennent pas compte des répercussions d'un afflux aussi important et constant de migrants du Moyen-Orient et d'Afrique subsaharienne. Les résultats sont déjà visibles. […] Le gouvernement hongrois est soutenu par les autres États du groupe de Visegrád et devrait également faire entendre sa voix à l'Union européenne pour poursuivre son plan de protection de l'identité et de la sécurité de notre continent. Le Premier ministre Orbán devrait maintenir l'alliance [de la Hongrie] avec l'Autriche afin que des solutions pour les réfugiés puissent leur être proposées en dehors de l'Europe, c'est-à-dire près de leur pays d'origine.

    Spoutnik: Alors que des pays comme l'Autriche et ceux du Groupe de Visegrád adoptent une position ferme sur la question des fleux migratoires, quel effet cela peut-il avoir sur la politique migratoire élaborée par Bruxelles?

    Francesca Totolo: Malheureusement, je ne pense pas que les États du Groupe de Visegrád et l'Autriche pourront seuls faire évoluer la politique migratoire européenne de manière significative. Cependant, ils pourront inspirer d'autres pays et leurs représentants au sein du Parlement européen.

    Le Premier ministre Orbán pourrait bloquer le plan de réinstallation des réfugiés pour une durée indéterminée, en attendant 2019, date à laquelle il y aura des élections au Parlement européen. Le grand mécontentement, tangible même en Allemagne et en France, pourrait complètement changer la composition du Parlement. Les États du groupe de Visegrád, et l'Autriche pourraient alors compter sur de nombreuses politiques et réglementations de plus en plus nombreuses concernant les questions d'immigration, pesant davantage sur l'élite bruxelloise.​

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    migration, Union européenne (UE), Viktor Orban, George Soros, Ukraine, Europe, Hongrie
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