Maghreb
URL courte
Par
81815
S'abonner

Ankara a dépêché sa ministre du Commerce à Rabat après la déclaration du ministre marocain de l’Industrie et du Commerce qui a menacé «de déchirer» l’accord de libre-échange qui lie les deux pays depuis 2006. Selon lui, ledit accord fait perdre au Maroc deux milliards de dollars par an.

La ministre turque du Commerce Ruhsar Pekcan s’est rendue mercredi 15 janvier à Rabat où elle s’est entretenue avec Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, sur comment régler la crise relative au déséquilibre dans l’Accord de libre-échange (ALE) signé en 2006 entre les deux États.

Cette visite intervient au lendemain de l’allocution de M.Elalamy à la chambre des représentants où il a déclaré qu’à défaut de «réviser l’accord» de libre-échange avec la Turquie, le Maroc allait «carrément le déchirer», précisant que le royaume perdait deux milliards de dollars par an.

Un délai de 15 jours pour réviser l’accord de libre-échange

À l’issue des discussions tenues dans le cadre de la réunion de la commission mixte de l’Accord de libre-échange Maroc-Turquie, les deux parties se sont accordées sur un délai de 15 jours pour réviser les dispositions dudit accord qui sont défavorables à l’économie marocaine.

«Il y certains points à modifier au niveau des exportations et des importations marocaines et turques. C’est une évidence, à laquelle nous sommes parvenus», a déclaré le ministre marocain, cité par le site d’information Le 360. «J’ai insisté pour que les investissements turcs se développent davantage au Maroc», a-t-il ajouté, précisant que «dans 15 jours, je vais rencontrer une nouvelle fois mon homologue turque pour finaliser la révision de l’ALE, afin qu’il soit plus juste sur sa balance commerciale».

Le Maroc révisera tous les ALE défavorables à son économie

Face aux députés, Moulay Hafid Elalamy a expliqué que le royaume chérifien n’hésitera pas à réviser n’importe quel accord de libre-échange qu’il jugerait nocif à son économie.

«Le Maroc n’acceptera la destruction d’aucun pays, quelle que soit son économie nationale», a-t-il déclaré, ajoutant que «nous n’avons de problème avec aucun pays, mais en même temps, nous ne pouvons pas accepter qu’un État supprime des emplois dans notre pays».

Dans le même sens, le responsable a rappelé que «le Maroc a des accords de libre-échange avec 56 États». «Il est impossible de les condamner tous, car ils nous ont donné des résultats positifs dans certains secteurs, dont l’accord commercial avec l’Amérique [les États-Unis, ndlr], les exportations du Maroc vers ce pays ayant augmenté de 16% sur une période de 10 ans, de 13% avec les pays arabes, de 12% avec les Émirats arabes unis et de 23% avec la Turquie», a-t-il clarifié.

Le déficit commercial du Maroc avec la Turquie a considérablement augmenté, passant de 4,4 milliards de dirhams (413 millions d’euros) en 2006 à 16 milliards de dirhams (1,5 milliard d’euros) en 2018.

Lire aussi:

Erdogan accuse Macron de «régler des comptes avec l’islam et les musulmans»
Un élève de dix ans nommé Jihad mord son enseignante devant toute sa classe dans le Val-de-Marne
Ce que l’on sait de l’arme utilisée par le terroriste pour décapiter le professeur Paty
«La lutte contre l’islamisme radical ne plaît pas à tous»: le drôle de limogeage d’un commissaire des Yvelines
Tags:
commerce, déficit, déficit budgétaire, libre-échange, crise politique, Turquie, Maroc
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook