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Amnesty International a rendu public le 18 février son rapport annuel sur les «Droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord». L’ONG reproche aux autorités algériennes d’avoir fait usage, de façon injustifiée, de violences policières et d’arrestations arbitraires à l’encontre des citoyens engagés dans le Hirak.

La publication du rapport régional d’Amnesty International (AI) coïncide avec le premier anniversaire du Hirak, un mouvement de contestation qui a pris forme en février 2019 pour dénoncer un possible cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. «Usage d’une force injustifiée ou excessive pour disperser manifestations, arrestations arbitraires, actes de torture et mauvais traitements, interdiction de certaines associations»… AI a relevé de nombreux abus commis par les services de sécurité et l’appareil judiciaire à l’encontre de personnes et d’associations engagées dans ce mouvement pacifique.

«À partir de la fin février, toutefois, les forces de sécurité ont fait usage à plusieurs reprises d’une force excessive ou injustifiée pour disperser des manifestants rassemblés pacifiquement dans la capitale ou dans d’autres villes; elles ont ainsi utilisé des balles en caoutchouc, du gaz lacrymogène, des canons à eau et des matraques.
Les responsables de la sécurité ont régulièrement restreint l’accès à la capitale le vendredi, principalement en installant spécialement des points de contrôle de la gendarmerie et de la police et en menaçant d’immobiliser les véhicules, notamment les bus, pénétrant dans la ville et d’imposer des amendes aux conducteurs», indique ce rapport.

L’ONG internationale de défense des droits humains revient dans son rapport sur la mort de Ramzi Yettou, décédé le 19 avril à l’hôpital Mustapha Bacha d’Alger. Âgé de 23 ans, le jeune homme «avait été frappé par des policiers à coups de matraque une semaine plus tôt, alors qu’il rentrait chez lui après une manifestation». Le rapport évoque également la mort en détention du docteur Kamel Eddine Fekhar, militant politique de la région de Ghardaïa, décédé le 28 mai 2019 en détention après 50 jours de grève de la faim. «Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ce décès, mais aucune conclusion n’a par la suite été rendue publique», relève Amnesty International.

«Ce n’est pas la première fois que les autorités algériennes tentent d’agir pour faire taire toute dissidence ou opposition. Cette fois-ci, les manifestations ont été tolérées, d’autant plus si nous comparons à d’autres pays de la région où il y a eu utilisation de balles réelles contre les manifestants pacifiques. Cela a occasionné 800 morts en Iran et en Irak», a indiqué le 18 février Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie, lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation de ce rapport.

Contacté par Sputnik, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des Droits de l’homme (LADDH), estime que le rapport d’AI vient confirmer le constat réalisé par l’organisation qu’il représente durant toute l’année 2019. Il dénonce lui aussi «les moyens de répression» utilisés de manière injustifiée par les services de sécurité «face à des manifestants pacifiques», les arrestations et les condamnations arbitraires, ainsi que la «limitation des libertés publiques». Saïd Salhi relève lui aussi une certaine «retenue» de la part des forces de l’ordre lors des manifestations, mais il souligne que cela est à mettre sur le «caractère pacifique du Hirak algérien».

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Tags:
droits de l’homme, Algérie, Amnesty International
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