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Fadwa Ghnim, 27 ans, a un grand rêve: entrer dans le Livre Guinness des records. Mesurant 60 cm, cette jeune Marocaine originaire de la petite ville de Fkih ben Salah (centre du royaume) espère être reconnue comme étant la femme la plus petite au monde à la place de l'Indienne Jyote Amge (62,8 cm).

«La vie est une dure épreuve lorsque l’on mesure ma taille et que l’on ne trouve pas sa place dans un monde bâti pour des personnes de gabarit standard… Mais il faut lutter pour exister», lance Fadwa Ghnim à Sputnik, avec un sourire éclatant d’espoir et de détermination.

Sous le regard admiratif de son petit frère, la jeune femme affirme qu’en postulant pour le Guinness, elle ambitionne de transformer son nanisme en force. Désormais, son plus grand souhait est d’être officiellement reconnue sur les pages du célèbre livre des records comme étant la plus petite femme au monde.

Âgée de 27 ans, Fadwa mesure 60 cm, soit la taille d’un bébé de trois mois. C’est aussi -et c’est le plus important pour elle- 2,8 cm de moins que Jyoti Amge. Cette Indienne de 26 ans est l’actuelle recordwoman du monde de la petite taille avec 62,8 cm. 

Elle a fait oublier la Néerlandaise Pauline Musters (1876-1895) dont l’histoire retenait le nom comme ayant été, de son vivant, la plus petite de toutes les femmes avec 61 cm. Un titre que revendique désormais Fadwa Ghnim avec enthousiasme.

Dans la catégorie «homme», l’actuel détenteur du titre est le Colombien Edward Nino Hernandez  (34 ans) qui mesure 70,21 centimètres.

«Je suis fière d’être aussi petite, je remercie Dieu de m’avoir créée ainsi. Je suis en bonne santé et je suis heureuse comme je suis. Si demain on me proposait de devenir grande de taille, je dirais non», affirme-t-elle.

Pour voir son grand rêve se réaliser, la jeune Marocaine a déposé en ligne sa demande auprès du Guinness World Records mercredi 12 août. Pour elle, sa consécration sera plus qu’un symbole.

«Je veux contribuer à donner de la visibilité à toutes les personnes qui, comme moi, souffrent du regard cruel des gens pour leur différence. Je veux que l’on arrête de nous traiter comme des bêtes de foire. Mon objectif est aussi d’éveiller les consciences sur ma maladie afin de dédramatiser, ne serait-ce qu’un peu, ce handicap», clame-t-elle.

Le handicap dont parle notre interlocutrice est l’achondroplasie. Une maladie génétique de l'os diagnostiquée chez Fadwa dès sa naissance, en 1993.

Son petit frère, Mohamed, est atteint de la même anomalie, ainsi qu’un cousin de la famille.

Enfant, elle n’a pas pu poursuivre sa scolarité. Adulte, elle n’a pu dérocher le moindre poste. La jeune femme vit toujours avec ses parents et ses trois frères et sœur à Fkih ben Salah, une petite ville du centre du Maroc, située à près de 180 kilomètres de Rabat. «Je ne peux aller nulle part toute seule… À chaque fois que je postule pour un emploi, on refuse ma candidature. J’aurais tellement aimé aider mes parents», confie-t-elle, émue. Mais ces obstacles qui semblent insurmontables ne l’empêchent pas de voir grand. Aujourd’hui, elle rêve d’une carrière dans le cinéma.

Reportage vidéo avec interview de Fadwa et Mohamed, son petit frère. Les deux se relaient au micro du média marocain Al3omk.com.

«Il n'y a que très peu de personnes atteintes de nanisme qui ont la chance d’apparaître sur le grand écran dans notre pays. Et même ceux qui parviennent à y figurer sont totalement déshumanisés. C’est triste! Si je veux devenir actrice, c’est surtout pour mieux représenter les gens comme moi et leur permettre d’avoir quelqu’un en qui ils pourraient s’identifier», explique Fadwa avec assurance.

Aux côtés de son petit frère, elle a déjà joué dans une pièce de théâtre.

Avec un père maçon et une mère au foyer, eux-mêmes cousins germains, Mohamed et Fadwa ont toujours aimé le cinéma, malgré leur manque de moyens. «Depuis tout petits, nous adorons regarder les films, mémoriser les textes et imiter les acteurs. C’était notre façon de nous évader», se souvient Mohamed en réponse aux questions de Sputnik.

Le jeune homme de 19 ans est membre d'une troupe de théâtre amateur. Il rencontre les mêmes difficultés que sa sœur et regrette l’absence de soutien des autorités aux artistes marocains aux besoins spécifiques.

«À plusieurs reprises, nous avons sollicité, Fadwa et moi, les services concernés en vue d’obtenir des aides sans jamais recevoir de réponse», déplore Mohamed.

À travers leur rêve de grand écran et de Livre des records, le frère et la sœur affirment, d’une même voix, qu’ils veulent attirer l’attention de leurs concitoyens et celle des autorités sur la situation et le handicap des personnes de petite taille. Une sacrée grande mission que les Ghnim s’imposent et se disent déterminés à accomplir.

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Tags:
handicap, taille, Livre Guinness des records, Maroc
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