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Un drone israélien vient d’être abattu par le Hezbollah. Par l’entremise de ce parti politique armé, Téhéran se sert du territoire libanais comme base avancée pour maintenir sa capacité de nuisance face à Israël. Pour l’heure, l’équilibre délicat semble maintenu, à l’avantage d’Israël, estime Mounir Rabih, journaliste à L’Orient Le Jour.

«Le Hezbollah a les capacités militaires suffisantes pour abattre des cibles ennemies», juge d’emblée le journaliste libanais Mounir Rabih en entretien avec Sputnik.

En effet, le 1er février 2021, l’organisation a déclaré «avoir abattu» un drone israélien qui survolait la frontière. De son côté, Tsahal a indiqué que le drone est uniquement «tombé en territoire libanais». Une chose est sûre, le drone survolait la localité de Blida, au sud du Liban, dans le fief du Hezbollah.

Les missions de surveillance, d’espionnage et de survol du territoire libanais sont quasi quotidiennes. Hassan Nasrallah, secrétaire général du parti chiite, avait récemment rappelé que les drones seraient abattus si les Israéliens continuaient à survoler illégalement la zone, précise Mounir Rabih.

«On assiste finalement à une nouvelle forme de confrontation entre les deux belligérants. Ils se provoquent, mais surtout, ils se redoutent.»

L’ensemble de la région subit les répercussions de ce conflit de basse intensité. Le Hezbollah, principale force politique du Liban, répond aux attentes et aux exigences de Téhéran. Ainsi, le Liban est-il devenu –avec la Syrie voisine– le principal champ de bataille de la confrontation entre l’Iran et l’État hébreu.

«On ne peut pas séparer le Liban du conflit israélo-iranien», explique Mounir Rabih: «Le Liban en est le front occidental. Tout dérapage aura des répercussions, des incidences sur le territoire libanais.»

Les autorités libanaises dénoncent régulièrement les violations de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne, qu’elles qualifient d’atteinte à «sa souveraineté».

Israël a toujours un coup d’avance

Une atteinte a minima hebdomadaire, selon Mounir Rabih, au moyen de drones et d’avions de combat. Ce survol intensif serait synonyme d’offensive psychologique, à en croire notre interlocuteur:

«En survolant si facilement l’espace aérien libanais, Tsahal veut prouver au Hezbollah et à ses ennemis régionaux son ascendant psychologique et sa supériorité militaire.»

En effet, l’aviation israélienne survole le Liban pour bombarder des cibles en Syrie. Depuis le début du conflit syrien en 2011, Israël en a visé plus d’une centaine. Les derniers en date ont fait plus de 57 morts à l’est du pays le 13 janvier, et quatre victimes le 22 dans la banlieue de Hama, au nord de la frontière libanaise. Généralement, il s’agit de convois iraniens de matériel militaire à destination du Hezbollah, ou d’une caserne de l’armée arabe syrienne, voire de camps de milices chiites non loin du plateau du Golan. Ce territoire montagneux annexé unilatéralement par l’État hébreu en 1981, est un objectif pour Téhéran et ses alliés, qui veulent maintenir une pression constante sur Tel-Aviv.

«Israël sait tout sur ses ennemis, et connaît tous les faits et gestes du Hezbollah. Chaque manœuvre militaire, sur le territoire syrien, des troupes iraniennes ou du Hezbollah sera la cible de l’aviation israélienne. Israël veut sécuriser ses frontières.»

L’objectif israélien est d’empêcher que le Hezbollah reçoive les armes iraniennes les plus sophistiquées, notamment les roquettes Fajr 5. La hantise de Tel-Aviv est que le parti chiite libanais stocke ses armes à la frontière, estime Mounir Rabih.

Pour l’heure, l’explosion n’aura pas lieu

Les menaces de guerre, jusque-là verbales, entre l’Iran et Israël, font dès lors craindre que le Liban redevienne un jour le théâtre d’une guerre par procuration.

Depuis le conflit de juillet 2006, Israël a considérablement renforcé son arsenal militaire, et semble préparer sa revanche sur le Hezbollah. En effet, auréolé de sa victoire, le parti de Dieu avait fait sauter le verrou psychologique de l’invincibilité israélienne.

Néanmoins, la situation a changé. Israël, à l’aide des États-Unis, a renforcé ses alliances régionales avec les pays sunnites du Golfe, qui pourraient à leur tour entrer dans la danse en montant les sunnites libanais contre le Hezbollah chiite. Prudent, ce dernier entend désormais, selon Mounir Rabih, défendre ses intérêts politiques au Liban même et la souveraineté du pays, plutôt que de se lancer dans des offensives incertaines.

Ainsi, malgré les discours belliqueux de part et d’autre, l’escalade militaire semble pour l’heure contenue. Ni Israël ni le Hezbollah ne veulent en effet d’une explosion. Bien sûr, le jeu des alliances, entre l’Iran, le Hachd Al-Chaabi irakien, les troupes syriennes de Bachar el-Assad et le Hezbollah libanais pourrait générer une riposte, si l’un de ces protagonistes était visé par Israël. Mais à ce petit jeu, Israël aura toujours le dernier mot, du fait de supériorité militaire, conclut Mounir Rabih.

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Iran, Liban, Israël, Hezbollah
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