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    La Russie reviendra en Asie du Sud par le corridor "Nord-Sud"

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    Moscou, 20 mai (par Vassili Zoubkov, commentateur économique de RIA Novosti). Les dirigeants des chemins de fer de l'Iran, de l'Azerbaïdjan et de la Russie ont commencé à discuter à Moscou du projet de construction de la nouvelle voie ferrée Kazvin (Iran) - Astara (Azerbaïdjan). Le nouvel embranchement bouclera l'itinéraire terrestre occidental (détour) du corridor de transport international "Nord-Sud". Il comporte 511 km de chemins de fer de l'Azerbaïdjan, ainsi que les voies ferrées iraniennes et russes. Le chemin de fer Kazvin-Astara a la même longueur que le trajet du passage du ferry-boat transcaspien qui relie le port iranien de Bender-Abbas au port russe d'Olia situé près d'Astrakhan.

    Le nouvel embranchement rétablira la circulation ferroviaire entre la Russie et l'Iran suspendue il y a quatorze ans. Selon Guennadi Fadeiev, président de la Société "Chemins de fer russes", qui dirige la délégation russe, grâce au transport rapide des cargaisons et des passagers (le gain de temps est de 5 à 14 jours), la voie terrestre fera partiellement concurrence aux ferry-boats de la Caspienne sur le trajet de transport international "Nord-Sud", mais on s'attend dans les prochaines années à un transit des cargaisons si intense que tout le monde y trouvera son compte. Le trafic marchandises actuel est évalué à 15 millions de tonnes, mais, en perspective, il peut atteindre 20 millions de tonnes, voire plus. D'après les estimations des experts russes, le transport des marchandises d'exportation et de transit par la gare frontalière d'Astara peut atteindre, dès les prochaines années, environ 10 millions de tonnes par an.

    Mr. Mohammad Saindhnejad, vice-ministre des routes et des transports, directeur général des chemins de fer de la République Islamique d'Iran qui participe aux pourparlers, a rappelé que le trafic marchandises bilatéral entre l'URSS et l'Iran était de 3 millions de tonnes. Avant 1990, environ 1/6 du total des cargaisons du commerce extérieur de l'Iran à destination de l'URSS étaient transportées par chemin de fer. Le projet international actuel est avantageux pour tous les pays participants, a fait remarquer le fonctionnaire iranien. Il a exprimé la certitude que le rétablissement de la circulation ferroviaire deviendra une nouvelle manifestation de la coopération économique croissante entre l'Iran et la Russie. Il est important de souligner que la mise en oeuvre du projet de construction du nouvel embranchement commence à la veille de la visite du président russe Vladimir Poutine en République Islamique d'Iran.

    Arif Askerov, chef du chemin de fer azerbaïdjanais, a indiqué que l'Azerbaïdjan participait déjà à plusieurs corridors internationaux. Bakou qui participe au projet de transport international "TRACECA", réplique de l'antique "Route de la soie" ralliant l'Asie centrale à l'Europe via la Turquie, envisage de rejoindre l'Accord sur le corridor de transport international "Nord-Sud".

    De l'avis de la délégation azerbaïdjanaise, le projet de construction de l'embranchement ferroviaire examiné à Moscou est très important, car il rétablit la circulation ferroviaire entre Bakou et Téhéran, assure l'exportation azerbaïdjanaise vers l'Asie du Sud et promet de grands avantages économiques du transit des cargaisons et des passagers.

    Toute la documentation du projet de construction de l'embranchement Kazvin-Rasht-Astara a déjà été préparée par la firme iranienne "Metra" avec la participation des experts japonais. Le coût approximatif des travaux est de 170 millions de dollars.

    Selon Guennadi Fadeiev, l'Europe suit attentivement la mise en oeuvre du projet de corridor de transport international "Nord-Sud". Par exemple, l'Allemagne est déjà prête à transporter en conteneurs par cette voie environ 6 millions de tonnes de cargaisons par an. La Finlande espère utiliser cette voie pour transporter à bon marché et rapidement son papier et d'autres marchandises d'exportation en Iran et en Inde.

    En ce qui concerne l'avantage économique de la voie "Nord-Sud", on peut dire que l'envoi d'un conteneur de 40 pieds de Francfort-sur-le-Main en Asie du Sud par le canal de Suez revient aujourd'hui à 5 670 dollars. Son transport par le corridor de transport international "Nord-Sud" coûte, dès aujourd'hui, 2 000 dollars moins cher et il est de 15 à 20 jours plus rapide.

    Comme l'a souligné Guennadi Fadeiev, la Russie participe activement à la mise en service du corridor de transport international "Nord-Sud". Le ferry-boat est déjà prêt à traverser la Caspienne à partir de Makhatchkala. Le port d'Olia sera prochainement relier aux chemins de fer de la Russie. Bien que cela soit prévu pour août prochain, environ 0,9 million de tonnes de cargaisons d'exportation et de transit par an passent déjà par le port d'Olia. Le rendement du port atteindra 4 millions de tonnes en 2005 et jusqu'à 8 millions de tonnes vers 2010. Des capacités existent déjà pour accueillir près de 200 000 tonnes de cargaisons des bateaux Ro-Ro, 0,5 million de tonnes de frets divers. La première tranche du terminal pour conteneurs d'un rendement de 0,4 million de tonnes (en 2005, on pourra y ajouter encore 0,5 million de tonnes) fonctionne déjà. La construction du terminal de céréales a commencé. Il est déjà prévu d'envoyer, en août 2004, un train de conteneurs direct sur l'itinéraire Europe-Olia-Bender-Abbas-Mumbai en vue de démontrer les avantages du corridor de transport international "Nord-Sud" par rapport aux itinéraires maritimes alternatifs. A la fin de l'été, il est prévu d'envoyer aussi, à titre d'essai, le premier train de passagers Moscou-Téhéran.

    Les plans de création d'un consortium international pour la construction de la voie ferrée Iran-Azerbaïdjan-Russie et d'exploitation de cet itinéraire sont examinés dans la capitale russe. Mais il est d'ores et déja clair que la reprise de la circulation ferroviaire avec l'Iran et du transit "Europe-sous-continent d'Asie du Sud", permettra à la Russie d'assurer non seulement le développement de l'économie et de l'infrastructure du District fédéral du Sud, mais aussi la promotion des technologies, des équipements et des innovations russes dans le domaine du transport ferroviaire.

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