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    Les tendances du marché de la téléphonie mobile désavouent tous les pronostics

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    MOSCOU, 29 novembre - par Vassili Zoubkov, commentateur économique de RIA Novosti. Avant la fin de l'année, un Russe sur deux sera connecté au réseau de téléphonie mobile. Ainsi, il aura suffi d'une année pour que le nombre des utilisateurs de portables soit multiplié par deux! Selon une estimation de Léonid Reiman, ministre des Technologies de l'information et des Télécommunications de Russie, le nombre des possesseurs de téléphones mobiles avoisinera le chiffre de 76 millions, soit une augmentation de plus de 70 millions en quatre ans. Selon les indices quantitatifs des télécommunications cellulaires, la Russie devance largement tous les pays d'Europe Orientale et Centrale.

    La téléphonisation accélérée revêt une importance extrême dans un pays où, selon les propos mêmes du ministre des Télécommunications, 47 000 villages et bourgades ne sont pas connectés au réseau téléphonique extérieur. Il s'agit des régions éloignées et des zones rurales de Sibérie et d'Extrême-Orient, du Grand-Nord européen. Et il y a peu d'espoir pour que les fils téléphoniques atteignent un jour ces territoires - connecter au réseau interurbain des villages comptant seulement quelques dizaines d'âmes reviendrait bien trop cher.

    La Loi sur les télécommunications, entrée en vigueur au début de 2004, stipule l'installation rapide dans chaque localité de la Fédération de Russie d'au moins une cabine téléphonique (à connexion satellitaire ou terrestre) avec accès gratuit aux services d'urgence. La loi prévoyait également la création généralisée de points d'accès collectif à l'Internet. Aujourd'hui, quelque 19 millions de Russes sont reliés à la toile (à titre de comparaison, on recensait 700 000 abonnés en 1997.

    La téléphonie mobile est en mesure de contribuer à résoudre ce problème global. Un prélèvement à hauteur de 2% des recettes des opérateurs de télécommunications mobiles permettrait de créer un fonds destiné à compenser les dépenses des firmes et des entreprises qui seront chargées de mettre en oeuvre ces projets excessivement coûteux, mais d'un intérêt social certain, dits de "prestations universelles de télécommunications". Selon les premières évaluations, ce fonds pourrait collecter 200 millions de dollars en l'espace d'une année.

    Certes, il est prématuré de parler de couverture équilibrée de l'ensemble du territoire du pays par le réseau téléphonique mobile. Moscou est le leader incontesté dans ce domaine, et le niveau de saturation y atteint presque 90%. Les capitales régionales, les grands centres industriels concentrent plus de la moitié des abonnés. Mais, chaque année, la province gagne un peu plus de terrain sur le centre. Ce qui aide les autorités locales à résoudre les problèmes liés à la téléphonisation des régions.

    Par exemple, dernièrement, dans les localités urbaines de moins de 50 000 habitants, la file d'attente des personnes désireuses de s'abonner au réseau téléphonique terrestre a diminué de 25% par rapport à l'ensemble de l'année, pour se chiffrer à 3 millions de demandeurs, en grande partie grâce au développement de la téléphonie mobile. Il y a quatre ans, plus de 6 millions de personnes étaient inscrites sur les listes d'attente. On compte à l'heure actuelle dans le pays 36 millions de postes fixes, soit deux fois moins que de téléphones portables. En d'autres termes, le réseau terrestre le cède au réseau satellitaire, mais cette défaite profite en fin de compte à l'ensemble de la population du pays.

    La spécificité des communications cellulaires en Russie - tout comme celle du business - réside dans le fait qu'environ 70% des abonnés au réseau sont des gens aux revenus relativement peu élevés, et donc peu bavards au téléphone (15-30 dollars par mois). Et quoique le niveau du salaire moyen soit en constante augmentation, une percée est ici peu probable. Seulement un abonné sur cent opte pour les tarifs illimités des réseaux GSM, qui se montent en moyenne à 100 dollars par mois.

    C'est pourquoi, les opérateurs les plus importants doivent déployer des trésors d'imagination pour réussir à faire en même temps des bénéfices et à investir gros dans le développement de leur business. Dans la prospection de nouveaux clients, les fournisseurs de télécommunications mobiles commencent à s'implanter activement dans les provinces russes. Même dans la remuante Tchétchénie, 11.000 habitants ont des portables. Pour le moment, une seule compagnie - Mégaphone - dessert cette république. Mais le gouvernement de la Tchétchénie a déjà reçu des propositions émanant d'autres opérateurs.

    Les leaders sur le marché russe des prestations de téléphonie mobile sont les compagnies Télésystèmes mobiles (MTS) et Vympelkom - marque déposée de BeeLine, avec un nombre d'abonnés à la mi-2004 respectivement de 20,842 millions et de 19,516 millions. Mégaphone occupe la troisième place avec 11,459 millions de clients. Les autres fournisseurs de télécommunications mobiles ont une audience nettement plus modeste. Plus du million d'abonnés pour Ouralsviazinform - 1,832 million et pour Smarts - 1,590 million.

    Selon le ministre Léonid Reiman, en 2004, les principaux opérateurs de téléphonie mobile ont réalisé globalement chaque trimestre environ 2 milliards de dollars de recettes. Soit une augmentation de 20% par rapport à l'année dernière. Les compagnies russes investissent par trimestre presque 500 millions de dollars dans leur propre développement.

    On s'attend à ce que d'ici au Nouvel an, le volume global des investissements russes et étrangers dans cette branche dépasse 4 milliards de dollars. Ce chiffre viendra conforter l'opinion des analystes et des experts occidentaux selon laquelle le marché russe des télécommunications est le plus dynamique du monde. Le secteur de la production et de l'assemblage d'équipements et de portables est considéré comme un créneau particulièrement porteur. A l'heure actuelle, seulement trois usines en Russie fabriquent des portables de la seconde génération.

    Et les télécommunications de la troisième génération 3G sont pour bientôt. Selon les pronostics du ministre, les opérateurs russes pourraient s'y intéresser de près en 2006. D'ici là, on s'attend à la saturation du marché des télécommunications cellulaires, suivie du début du développement qualitatif du marché et de l'émergence d'une véritable "concurrence des services". La téléphonie mobile de la troisième génération élargira la gamme des prestations et rehaussera la qualité et la rapidité de l'image vidéo.

    Enfin, on est en train d'élaborer les conditions des appels d'offres pour la délivrance des licences fédérales. Le principal critère pris en compte sera le volume des investissements que les opérateurs seront en mesure de placer dans le développement de la 3G.

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