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    L'Ukraine ne doit pas créer de précédent dangereux de violation du droit international

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    par Constantin Kossatchov, président du comité de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour les affaires internationales

    Ces jours-ci, l'Ukraine traverse une crise politique des plus graves. La Russie et l'Occident devraient conjuguer leurs efforts pour stabiliser la situation dans ce pays. Mais réussiront-ils à le faire?

    Je ne suis pas enclin à idéaliser l'élection ukrainienne. Il est évident que des fraudes ont été commises pendant le scrutin. Mais la réaction des États-Unis et de l'Europe aux événements en Ukraine est bien étonnante. Ils critiquent les actions des autorités ukrainiennes, la Commission électorale centrale. Mais ils ne se prononcent pas sur les actions anticonstitutionnelles de Victor Iouchtchenko qui a prêté serment sur la Bible sans attendre les résultats du travail de la Commission électorale centrale, alors qu'il s'agit d'un "coup d'État constitutionnel". Ils ne commentent pas les actions de certaines autorités régionales ukrainiennes, surtout dans l'ouest du pays, qui se sont proclamées indépendantes des autorités centrales et limogé les gouverneurs nommés par le pouvoir précédent.

    Cette réaction de l'Occident confirme la tendance extrêmement négative des dernières années: l'Occident renonce aux critères juridiques au profit de la pure politique en évaluant les élections dans un tel ou tel pays. Son attitude à l'égard du scrutin, ou plutôt son évaluation de leur caractère démocratique, change en fonction du gagnant qui est soit "bon" soit "mauvais". Quant aux élections dans les pays de la CEI, les politiciens occidentaux soutiennent le plus souvent les candidats "antirusses" et critiquent ceux qu'ils considèrent comme "prorusses".

    Il est étonnant que les hommes politiques occidentaux, qui préconisent toujours la suprématie de la loi, renoncent à leur position habituelle dans le cas de l'Ukraine. Ils ne réagissent pas à la violation des lois par Victor Iouchtchenko et ses partisans. Cela est d'autant plus étrange que l'Occident a jusqu'ici considéré l'Ukraine comme un pays civilisé n'a jamais mis en doute la légitimité de ses structures du pouvoir.

    L'Ukraine est un membre de plein droit du Conseil de l'Europe et de son Assemblée parlementaire. Cela signifie que la communauté internationale a reconnu la conformité du système politique ukrainien, notamment de ses normes électorales, aux normes mondiales, y compris européennes. Mais si l'Ukraine est un État démocratique civilisé, il faut donc respecter ses institutions. Ce sont elles qui doivent proposer une solution du conflit et c'est cette solution qui doit être choisie.

    Le conflit persistant qui oppose le pouvoir et l'opposition peut rétrograder l'Ukraine et ralentir sa croissance économique. Il importe d'éviter la violence et de régler la situation par les moyens juridiques. Cette décision doit être prise par l'Ukraine elle-même et le monde entier doit la respecter. Ce sera notre grande contribution au règlement de la crise ukrainienne.

    L'Ukraine ne doit pas craindre que le monde ne reconnaisse pas sa décision. Le droit international ne prévoit pas des normes en ce sens. Autrement dit, si le peuple ukrainien reconnaît son président, les autres pays seront obligés de le reconnaître.

    L'Ukraine ne doit pas créer de précédent dangereux en permettant aux forces extérieures de lui dicter sa conduite. Cela sera une autre violation flagrante du droit international identique à celle commise en Irak.

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