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    Revue de la presse russe du 1er décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Novyé izvestia

    La crise ukrainienne peut se répercuter sur l'économie russe

    S'agissant des conséquences de la "révolution orange" ukrainienne pour l'économie russe, les experts se montrent dans leur majorité pessimistes.

    De l'avis du directeur adjoint du Centre des expertises, Viktor Verechtchaguine, l'économie russe se ressent déjà de la crise en Ukraine parce que les milieux d'affaires ukrainiens ont gelé tous les contrats jusqu'au dénouement de la situation actuelle. "Si les adversaires de la Russie arrivent au pouvoir, les possessions des hommes d'affaires russes en Ukraine risquent d'être remises en cause", a-t-il estimé. D'après l'expert, les pertes des plus grandes entreprises énergétiques, métallurgiques, automobiles et d'autres peuvent aller de 10 à 100 milliards de dollars.

    Le directeur adjoint du Bureau russe d'analyse économique, Andréi Chastitko, pense que l'élément le plus faible est le système bancaire ukrainien. "S'il est touché, le secteur réel éprouvera des difficultés, notamment pour effectuer les transferts au profit des partenaires russes", a-t-il déclaré au quotidien "Novyé izvestia". Il admet cependant que certaines branches économiques russes où la Russie et l'Ukraine se font concurrence peuvent tirer profit de la crise dans le pays voisin. Cela peut être en premier lieu la métallurgie car le métal ukrainien qui est moins cher donne mal à la tête aux producteurs russes.

    Le directeur scientifique de l'Institut des problèmes de la mondialisation, Mikhaïl Déliaguine, n'est pas d'accord : "A la suite de la débandade économique du Donbass (partie orientale industrialisée de l'Ukraine) certaines entreprises métallurgiques russes auront un avantage temporaire. Mais ensuite les chômeurs ukrainiens viendront en Russie, prendront des emplois aux Russes et les entreprises seront obligées de débourser au moins autant pour le soutien social des chômeurs que la crise des concurrents ukrainiens leur aura permis de gagner".

    Le danger le plus proche, de l'avis de Déliaguine, est la désorganisation du système financier ukrainien. Avec le temps la situation peut s'aggraver. "Les vols de gaz pourront recommencer (jusqu'à 80% du gaz d'exportation russe passe par le territoire de l'Ukraine) et cela non seulement pour en tirer un gain mais pour passer confortablement l'hiver durant la période de crise".

    Vedomosti

    L'Inde déboursera 2 milliards de dollars pour des armements russes

    Des contrats de livraison de sous-marins et d'avions russes pour un montant total de 2 milliards de dollars pourront être signés dans le cadre de la visite que Vladimir Poutine doit effectuer en Inde du 3 au 5 décembre. Les détails des éventuelles affaires sont déjà débattus à New Delhi avec la délégation russe conduite par le ministre de la Défense Serguéi Ivanov qui vient d'arriver dans la capitale indienne.

    Le quotidien "Vedomosti" a appris dans une entreprise du complexe militaro-industriel qui avait réalisé des commandes indiennes que des documents portant sur la mise en leasing à l'Inde pour dix ans de deux sous-marins du projet 971 "Chtchouka" actuellement en veilleuse dans les chantiers navals de l'Amour pourrait être signés incessamment. Il est également possible, d'autre part, que soit signé un contrat de livraison de deux sous-marins à diesel du projet 877 "Varchavianka" et de trois ou quatre bombardiers moyens Tu-22M3.

    Selon une source informée sur la situation dans les chantiers navals de l'Amour, les travaux d'achèvement d'un des "Chtchouka" (réalisé à ce jour à 70% ; l'autre est prêt à 30%-40%), coûteraient à l'Inde au moins 400 millions de dollars tandis que le leasing peut se monter à 25 millions par an.

    L'achèvement des deux sous-marins, la construction de l'infrastructure côtière dont ils auront besoin et la formation des équipages peuvent rapporter à la Russie jusqu'à 2 milliards de dollars au total, estime un expert du Centredes problèmes du désarmement, Marat Kenjetaev. De toute évidence, les "Chtchouka" seront équipés de missiles anti-navire Bramos de conception russo-indienne. Ces missiles peuvent aussi équiper les bombardiers Tu-22M3. De cette manière, la marine de guerre indienne s'assurera pour longtemps la suprématie dans l'océan Indien face aux forces navales de ses voisins, y compris à celles du Pakistan et de la Chine, estime l'expert naval Mikhaïl Barabanov.

    D'après le rédacteur de Moscow Defence Brief, Rouslan Poukhov, la visite de Poutine doit être suivie de l'ouverture de négociations sur la vente à l'Inde d'encore trois frégates du projet 1135.6 (un contrat de livraison de trois frégates de 900 millions de dollars a été exécuté cette année) et de sous-marins du type "Amour".

    Gazeta

    Gazprom peut devenir la plus grande société pétrogazière du monde

    Mardi, par l'entremise du chef de sa filiale Gazpromneft, Serguéi Bogdantchikov, Gazprom a officiellement rendu public son plan de création de la plus grande société pétrogazière de la Russie et du monde. L'idée consiste à regrouper sous l'égide de Gazpromneft plusieurs sociétés pétrolières et notamment Iouganskneftegaz, Sibneft et Sourgoutneftegaz, écrit le quotidien "Gazeta".

    Le conseil d'administration de Gazprom a reconnu rationnelle la proposition de son conseiller stratégique Deutsche Bank de développer le holding en achetant des entreprises importantes telles que Sibneft, Sourgoutnefegaz et Iouganskneftegaz, a expliqué Serguéi Bogdantchikov. "Puisque la période de l'intégration de Rosneft dans la structure de Gazprom a coïncidé avec la mise aux enchères d'un actif important comme Iouganskneftegaz (77% des actions), il serait logique d'en profiter", a-t-il ajouté.

    De l'avis des experts, les avantages économiques que promet la création d'un tel géant en Russie sont fort douteux. "On sait que les grandes sociétés publiques sont gérées moiNs efficacement que les entreprises privées. Agrandissement n'est pas synonyme d'amélioration", affirme un analyste de la société financière Brokerkreditservis, Maxime Chéine. On ne peut expliquer ces plans que du point de vue des intérêts géopolitiques, à son avis. Les matières premières sont l'un des facteurs qui permettent d'influer sur la communauté mondiale. La Russie possède des leviers pour exercer une influence sur les pays européens car ils dépendent grandement des livraisons de gaz russe. La création de la plus importante société pétrogazière du monde contrôlée par l'Etat permettra à la Russie d'exercer une influence sensible sur le niveau des cours du pétrole dans le monde.

    D'autre part, une telle société permettra au gouvernement de réglementer les livraisons de produits pétroliers aux consommateurs intérieurs, y compris au ministère de la Défense.

    Gazprom occupe actuellement plus de 80% du marché russe du gaz, donc on peut supposer qu'il voudrait s'adjuger aussi une part analogue du marché du pétrole. D'ailleurs, les entreprises qui ne figurent pas sur la liste de Gazprom préfèrent ne pas croire aux plans du monopole gazier. Par exemple les dirigeants de Lukoil et de TNK-BP ont jugé les déclarations du géant gazier peu réalistes et ont refusé de les commenter.

    Nezavissimaia gazeta

    La Cour des comptes met au point un mécanisme de restitution des grandes compagnies à l'Etat

    Au récent congrès de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie, Vladimir Poutine a assuré aux représentants des grandes compagnies que les résultats de la privatisation ne seraient pas revus. Cependant, indique le quotidien "Nezavissimaia gazeta", les fonctionnaires effectuent, en catimini, un travail en vue de l'annuler. La Cour des comptes de la Fédération de Russie a publié le texte de l'Analyse des processus de privatisation de la propriété d'Etat de 1993 à 2003. Il est significatif que le président de la Cour des comptes Serguei Stepachine se prononce depuis longtemps pour la nationalisation des grandes compagnies russes.

    Les résultats de la privatisation peuvent être revus: de l'avis de la Cour des comptes, l'efficacité sociale de la privatisation s'est avérée très insignifiante, les principes de l'égalité des citoyens et la prise en considération des intérêts et des droits de toutes les couches de la population n'ont pas été respectés.

    Dans le rapport, il s'agit, pour l'essentiel, des enchères hypothécaires. Les auteurs du document énumèrent les compagnies, dont les règles de la privatisation semblent douteuses: TNK, YOUKOS, "Sibneft", "Slavneft", SIDANKO.

    Le document a ceci de particulier que son texte mentionne les moyens de rétablir le statu quo. A vrai dire, l'un d'entre eux est déjà en voie d'application: c'est l'exemple de YOUKOS, scénario qui, d'ailleurs, n'est pas très simple. "Les faits révélés à la suite des inspections effectuées par la Cour des comptes et qui ont été confirmés, lit-on dans le document, fournissent des fondements juridiques pour considérer certaines transactions comme non valables dans les limites de la prescription". Par conséquent, les futurs procès annulant les résultats de la privatisation se dérouleront d'après un schéma simplifié, en se fondant sur un précédent.

    On peut considérer comme un soutien implicite à l'intention de Serguei Stépachine, entre autres, l'intervention mardi de Vladimir Poutine au congrès des juges de Russie où il a déclaré que le pouvoir continuait à subir une pression du groupement d'oligarques en Russie. "En partie, c'est un fait que je dois constater malheureusement". "Nous luttons contre cela et nous continuerons de lutter", a souligné le président.

    Kommersant

    Les peintres russes battent des records aux ventes aux enchères à Londres

    Les ventes aux enchères russes de Christie's ont enregistré un succès inouï à Londres. Quatre toiles ont été vendues pour plus d'un million de dollars chacune. L'oeuvre d'Aïvazovski "Cathédrale de Saint-Isaac un jour de gel" aété achetée pour 2 millions de dollars, somme record, écrit le quotidien "Kommersant".

    Dans la salle de Christie's à King Street, il y avait des acheteurs de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Quelques dealers et collectionneurs y sont arrivés de Paris. Les prix initiaux étaient d'abord peu élevés: le catalogue est toujours établi de façon à ce que les clients commencent par acheter des objets peu chers, ce qui est une sorte de lente "mise en train". D'ailleurs, cette prudence s'est avérée inutile: même des dessins ont été l'objet d'une compétition. Un record a été tout de suite établi pour les oeuvres de Nikolai Svertchkov. Sa toile "L'empereur Nicolas II et le kaiser Willhelm Ier assis dans un équipage de chevaux sur fond de la forteresse Pierre-et-Paul" a été achetée pour 300.000 livres sterling (c'est le prix en salle auquel seront ajoutés les 12 % de la maison). La toile a été vendue à un collectionneur anonyme par téléphone: le directeur de la section russe de Christie's, Alexis Tiesenhausen, une pipe à la main, a marchandé pour lui.

    Le prix initial du tableau d'Aïvazovski "Cathédrale Saint-Isaac un jour de gel" datant de 1891 avait déjà été présenté à la vente publique il y a 15 ans pour 1 à 1,5 million de livres sterling. Le commissaire priseur a d'abord annoncé un prix de 550.000 livres sterling. La séance était lente, avec des hésitations et de longues pauses. Le marchandage a eu lieu dans la salle et par téléphone. En fin de compte, le record a été établi: 1 million de livres sterling, soit 1.889.000 dollars (le prix final dépassera 2 millions de dollars). Le tableau a été acquis par un acheteur anonyme.

    Peu après l'achat de la toile d'Aïvazovski, un "Paysage dans une forêt" d'Ivan Chichkine a été vendu à 680.000 livres sterling, record pour les toiles de ce peintre.

    Ensuite, un record a été établi pour Constantin Somov: sa petite peinture "Promenade" datant de 1918 a été vendue 220.000 livres sterling.

    Ilya Répine a également établi un record: une esquisse pour la toile "Portrait de la famille du peintre dans son appartement près l'Académie des Beaux-Arts à Saint-Pétersbourg" datant de 1905 a été vendu pour 900.000 livres sterling. Le prix final sera de 2 millions de dollars.

    La vente aux enchères du tableau "Marchand ambulant en Grèce antique" de Henryk Semiradski, artiste peintre académique, a été conclue pour le prix de 650.000 livres sterling.

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