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    Revue de la presse russe du 7 décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Izvestia/Vedomosti

    A la nouvelle présidentielle en Abkhazie il n'y aura qu'un seul candidat

    Le leader de l'opposition Serguéi Bagapch a accepté de devenir président de l'Abkhazie (république autoproclamée sur le territoire de la Géorgie) dans la même équipe avec Raoul Khadjimba (candidat du pouvoir soutenu par Moscou) qui s'est laissé persuader, avec l'entremise de la Russie, de se porter candidat à la vice-présidence "investi de larges pouvoirs".

    Le président Vladimir Poutine a salué l'entente intervenue. Le ministre d'Etat de Géorgie chargé du règlement du conflit, Gueorgui Khaïndrava, a déclaré que cette entente est le résultat de la "pression" exercée sur Bagapch par la Russie.

    La nouvelle élection du président aura lieu avant le 13 janvier, écrit le quotidien "Izvestia".

    Tout porte à croire que le président sera connu avant l'élection car le duo Bagapch-Khadjimba n'a pas d'adversaire de taille. D'ailleurs, ce n'est pas l'unique particularité de la future campagne électorale : d'après la loi abkhaze une nouvelle élection présidentielle ne peut avoir lieu que deux mois après son annonce. L'Abkhazie ne peut pas se permettre une pause aussi longue. On étude donc la possibilité d'apporter les modifications nécessaires à la loi. Si le parlement refuse, il pourrait être dissous et des élections législatives anticipées pourraient être ordonnées.

    "Tout est possible pendant la période qui reste avant le nouveau scrutin, même l'abandon des ententes intervenues", a déclaré au quotidien "Vedomosti" Arthur Mikvabia, leader du mouvement "Abkhazie Unie" qui soutient Serguéi Bagapch.

    Même si la nouvelle élection se déroule dans le calme, on doit s'attendre à des conflits nouveaux entre Bagapch et Khadjimba et entre leurs partisans quand il faudra définir les pouvoirs du vice-président et nommer le premier ministre et les ministres, estime Alexéi Makarkine, du Centre des technologies politiques.

    Un expert de l'Institut russe des études stratégiques Alexandre Skakov, doute qu'après le scrutin Bagapch puisse augmenter sensiblement les pouvoir de Khadjimba parce que ce serait une menace pour son propre pouvoir.

    Gazeta

    Dans un an, il ne resterait que sept partis politiques en Russie

    Compte tenu des nouveaux critères adoptés par la Douma qui impose aux partis politiques de compter au moins 50 000 adhérents (au lieu des 10 000 actuellement) il ne resterait en Russie que sept partis dans un an, selon les calculs effectués par le quotidien "Gazeta". En effet, si l'on prend en considération que, comme l'a avoué récemment Boris Gryzlov, le système politique dans le pays serait construit "du haut en bas", c'est le Kremlin qui aura pour charge de se soucier de l'augmentation du nombre des membres des partis "nécessaires", y compris du "parti du pouvoir".

    Ainsi, trois partis se maintiennent sans problème à l'olympe politique, ceux qui répondent au nouveau critère : Russie Unie (372 891 adhérents), le Parti populaire (120 525) et le KPRF (102 859). Parmi les partis absents au parlement, il en a quatre, d'après le ministère de la Justice : le Parti de la Vie ( 81 874), le Parti de la Renaissance de la Russie (71 829), Iabloko (73 134) et le Parti russe des Retraités (60 106). Sept au total.

    Cependant, la loi prescrit aux partis d'informer le ministère de la Justice du nombre de leurs adhérents tous les ans et au ministère de vérifier les partis "une fois par an au maximum".

    Les experts estiment que cette modification de la loi aura pour effet qu'en 2006 la Russie ne comptera pas plus de dix à onze partis. Russie Unie et le Parti Populaire occuperont le centre de la palette politique. A droite, il y aura Iabloko et, ce qui fort peu probable, l'Union des forces de droite (SPS). A gauche, on verra dominer le KPRF, le Parti libéral démocrate, Rodina, le Parti des Retraités et, peut-être, le Parti agraire.

    La Douma de la prochaine législature sera de toute façon composée de représentants d'au moins quatre partis, comme cela établit la loi sur l'élection des députés.

    Le directeur adjoint du Centre des technologies politiques, Alexéi Makarkine, n'est pas d'accord avec ceux qui pensent que l'administration du président s'efforce de créer un système à deux partis, qui serait plus facile à gouverner. A son avis, il est plus avantageux de renforcer le système existant, celui de la pluralité contrôlée, qui permet de survivre aux partis qui répondent aux deux conditions essentielles : le nombre réel des adhérents et le besoin du pouvoir d'avoir un tel parti.

    Vrémia novostéi

    Koutchma sacrifie Ianoukovitch

    Aujourd'hui les parlementaires ukrainiens s'efforceront d'adopter en un seul paquet des amendements au code électoral (pour garantir un nouveau second tour de la présidentielle équitable le 26 décembre) et de voter pour une réforme constitutionnelle afin de faire passer certaines fonctions présidentielles au parlement et au premier ministre élu par le parlement, écrit le quotidien "Vrémia novostéi".

    Le bloc "Notre Ukraine" du leader de l'opposition Viktor Iouchtchenko a consenti à soutenir la réforme constitutionnelle. En contrepartie, le président Léonide Koutchma doit nommer une autre Commission électorale centrale et renvoyer le premier ministre Viktor Ianoukovitch.

    Les politologues s'accordent pour dire que le président sacrifiera Ianoukovitch. Il lui était nécessaire pendant qu'il l'a considéré comme son successeur. Mais le chef de l'Etat a déclaré hier que s'il avait été à sa place (à la place de Ianoukovitch), il n'aurait pas accepté un nouveau scrutin. "Je n'exclus pas que cela puisse être un plébiscite plutôt qu'une élection car il n'y aura qu'un candidat. Ce n'est pas sûr mais la situation peut prendre une telle tournure", a avoué Léonide Koutchma.

    Pour qu'un tel scénario soit réalisé, Ianoukovitch doit se désister en moins de dix jours avant la date du second tour et Iouchtchenko, qui sera l'unique candidat sur le bulletin de vote, doit totaliser plus de 50% des suffrages, ce qui n'est pas facile, estiment les observateurs. Par ailleurs, en cas d'échec du leader de l'opposition, de nouvelles élections pourront être ordonnées pour lesquelles le pouvoir proposera un candidat de compromis, plus acceptable que Ianoukovitch.

    Un plébiscite est parfaitement possible, selon un politologue ukrainien, Mikhaïl Pogrebinski, conseiller du chef de l'administration du président : "Je ne connais pas les projets du premier ministre. Mais il n'a aucune raison d'annoncer son retrait de la course à la présidence avant le 15 décembre".

    Il y a aussi une autre éventualité intéressante : si le premier ministre se désiste à plus de dix jours avant la date du second tour, Iouchtchenko (qui a recueilli 39% des suffrages au premier tour) aura pour adversaire le candidat classé troisième qui est le leader des socialistes Alexandre Moroz (5,8%), mais sa popularité est trop faible pour qu'il puisse lui faire concurrence.

    Nezavissimaia gazeta

    Moscou aspire à conserver son rôle de fournisseur principal des armements sur le marché indien

    Au cours des récentes visites en Inde effectuées par le ministre russe de la Défense Serguei Ivanov, ensuite par le président russe Vladimir Poutine, les agences principales russes ont maintes fois cité une déclaration curieuse, en se référant à des généraux anonymes: "Si les souhaits russes en matière de coopération technico-militaire avec l'Inde ne sont pas pris en considération, Moscou commencera à fournir des armes au Pakistan", lit-on dans le quotidien "Nezavissimaia gazeta".

    Pour l'Inde, toute mention sur la livraison d'armes au Pakistan est équivalente à la trahison aux intérêts nationaux. Si Moscou a décidé d'employer cet atout, il n'est pas difficile de supposer que, malgré les multiples sourires amicaux qui ont accompagné la visite, l'état réel de choses n'est pas brillant.

    Certains experts spécialisés dans la coopération technico-militaire sont unanimes à estimer que la qualité des armements russes ne satisfait plus New Delhi, c'est pourquoi l'Inde voudrait, depuis un certain moment, choisir d'autres fournisseurs d'armes.

    Selon un général haut placé du ministère russe de la Défense, "de l'avis des dirigeants indiens, la Russie reste un pays, dont le développement économique est imprévisible. C'est pourquoi New Delhi voudrait acquérir, avec le temps, son indépendance vis-à-vis des fournitures de pièces détachées russes pour les chars, les avions, les missiles de DCA et les navires déjà vendus: c'est-à-dire les fabriquer en Inde". De l'avis du général, la deuxième visite au sommet effectuée cette année était nécessaire "pour persuader les Indiens qu'en ce qui concerne l'économie russe, tout va bien à présent et le sera à l'avenir, et promettre à l'Inde la clause de la nation la plus favorisée dans le domaine de la coopération technico-militaire".

    En ce moment, l'Inde est le principal partenaire commercial de la Russie dans la coopération technico-militaire. Selon "Rosoboronexport", les contrats signés sont évalués à 5 milliards de dollars. Moscou aspire à conserver son rôle de fournisseur principal des armements sur le marché indien. New Delhi résiste. Le conflit s'étend.

    Kommersant/Gazeta

    LUKOIL peut revenir en Irak grâce à ConocoPhillips

    Le premier ministre irakien Iyad Allaoui est arrivé lundi à Moscou. Les compagnies pétrolières russes et les dettes irakiennes sont le sujet principal pour la partie qui accueille l'hôte irakien. Selon le quotidien "Kommersant", Moscou voudrait lier l'un et l'autre.

    Il y a quelques semaines, après les pourparlers avec l'Union européenne, la Russie a déjà promis de rejoindre la décision du Club de Paris et de rayer près de 90 % des dettes de l'Irak. A présent, il reste aux autorités russes d'expliquer au premier ministre Iyad Allaoui qu'en réponse au geste de bonne volonté de la Russie Bagdad doit remercier Moscou en reconnaissant les contrats conclus par les compagnies russes à l'époque où Saddam Hussein était au pouvoir.

    Les pourparlers porteront également sur la reprise de l'activité de LUKOIL dans le projet de mise en valeur du gisement irakien de West Qurna. C'est pourquoi une rencontre est prévue entre Iyad Allaoui et Vaguit Alekperov, président de LUKOIL.

    Selon les analystes interrogés par le quotidien "Gazeta", l'Irak reprend les pourparlers sur la participation de LUKOIL au projet de West Qurna sous la pression des actionnaires américains de la compagnie russe (fin septembre, 7,59 % des actions de LUKOIL ont été acquis par l'américain ConocoPhillips, qui prévoit de porter, en deux ou trois ans, sa part dans le capital de LUKOIL à 20 %).

    Les analystes estiment que la compagnie américaine a pu employer des moyens administratifs, politiques et économiques en faveur des intérêts de LUKOIL en Irak. A leur avis, cette compagnie russe reviendra prochainement en Irak. Mais il est peu probable que les Etats-Unis acceptent d'accorder entièrement à la Russie le contrôle sur le projet de West Qurna capable de rapporter environ 5 milliards de dollars par an.

    Le contrat entre le gouvernement irakien et LUKOIL a été signé en 1997, mais, à cause des sanctions internationales, la compagnie n'a pu commencer la mise en valeur du gisement. A la veille de l'intervention des Etats-Unis en Irak, le gouvernement de Saddam Hussein a dénoncé le contrat à titre unilatéral.

    Vedomosti

    "Rosneft" ne suffira pas au gouvernement pour avoir le bloc de contrôle de "Gazprom"

    La banque Dresdner Kleinwort Wasserstein (DrKW) n'a évalué "Rosneft" qu'à 6 à 7,5 % des actions de "Gazprom", alors que le gouvernement espérait échanger cette compagnie d'Etat contre 10,7 % des actions du géant monopoliste du gaz.

    Selon les renseignements dont dispose le quotidien "Vedomosti", les résultats préalables de l'évaluation présentés lundi par la banque DrKW à "Gazprom" sont de 5 à 6 milliards de dollars. Des sources proches de "Gazprom" ont confirmé ce diapason de l'évaluation. De plus, elles affirment que c'est bien inférieur au coût, selon la version de DrKW, de 10,7 % des actions du géant gazier.

    La banque DrKW et "Gazprom" ont refusé de donner des commentaires. Une source de l'administration présidentielle a fait savoir que l'Etat n'était pas satisfait des résultats préalables de l'évaluation, car celle-ci ne permet pas de recevoir pour "Rosneft" les actions de "Gazprom" nécessaires pour détenir le bloc de contrôle.

    Deux autres compagnies - "2K Audit - Delovye konsultatsii" et "Morgan Stanley" - chargées par le gouvernement de la Fédération de Russie d'évaluer la fusion entre "Gazprom" et "Rosneft" n'ont pas encore fait connaître leurs avis. Une source proche d'un des appréciateurs a déclaré que son évaluation serait supérieure à celle donnée par la banque DrKW. On estime que les compagnies "2K Audit - Delovye konsoultatsii" et Morgan Stanley annonceront leurs avis avant la fin de cette semaine.

    De l'avis des experts, si "Rosneft" est tout de même évaluée à une somme inférieure à celle des 10,7 % des actions de "Gazprom", le gouvernement pourra lui transmettre un actif supplémentaire pour obtenir le bloc de contrôle du géant monopoliste du gaz. Selon les suppositions émises, en plus de "Rosneft", "Zaroubejneft" peut être transmis à "Gazprom".

    Dans le cadre de la transaction entre le gouvernement et le monopole du gaz, les actifs de "Rosneft" feront transmis à "Gazprom", par conséquent, 50 % plus une action de "Gazprom" appartiendront à l'Etat et "Rosneft" fera partie de "Gazprom". Il est prévu d'échanger 100 % des actions de "Rosneft" contre 10,7 % des actions de "Gazprom".

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