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    Revue de la presse russe du 15 décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Novye izvestia

    Les conseillers politiques invitent le Kremlin à modifier la Constitution

    Le politologue proche du Kremlin Gleb Pavlovski, président de la Fondation russe de politique efficace, a expliqué l'échec de sa stratégie dirigée contre Viktor Iouchtchenko à l'élection ukrainienne par le fait qu'on ne lui donnait pas la possibilité d'élaborer une politique contre-révolutionnaire efficace. A présent, il propose d'appliquer une telle politique en Russie, tant qu'il n'est pas trop tard, lit-on dans les "Novye izvestia". Pour cela,"au mépris du refus de diverses forces de toucher à la Constitution", il propose de récrire la Loi fondamentale qui, selon lui, a vieilli et ne répond pas aux défis du temps.

    Selon Alexei Makarkine, directeur général adjoint du Centre de technologies politiques, "Gleb Pavlovski, mais aussi de nombreux autres experts qui travaillent avec lui sont d'humeur défaitiste depuis la crise de leurs technologies en Ukraine".

    "Craignant de se retrouver au chômage en Russie, ils essaient de proposer un nouveau projet, assez encombrant, de modification de la Constitution, a déclaré Alexei Makarkine. S'ils réussissent à persuader le pouvoir de la nécessité de ces changements, ils garderont leurs positions et auront des commandes". Selon l'expert, ils expliquent comme suit leurs intentions: "Seule l'apparition d'une Loi fondamentale rénovée permettra d'éviter l'ingérence de l'Occident dans nos affaires intérieures et, par conséquent, de protéger le pouvoir actuel contre des bouleversements".

    William Smirnov, directeur du Centre d'études politiques de l'Institut de l'Etat et du droit de l'Académie des sciences de Russie, estime que "le président ne prendra pas le risque de proposer des modifications sérieuses de la Constitution. Mais ce droit peut être délégué à d'autres".

    Cependant, selon William Smirnov, la Constitution actuelle est assez vulnérable à la critique. Ainsi, elle expose d'unefaçon ambiguë les principes de la délimitation des pouvoirs entre le centre et les sujets de la Fédération. Mais, à son avis le problème principal réside, en fait, dans l'inégalité des régions: certains territoires ont un statut de région et d'autonomie, d'autres, celui de république.

    Gazeta

    Le Kremlin forme un nouveau parti de type européen

    Un parti de centre-gauche de type européen, capable de faire concurrence au parti "Russie unie", peut être créé prochainement en Russie, a déclaré mardi Valeri Bogomolov, secrétaire du présidium du Conseil général du parti "Russie unie". Selon lui, cela est prévu dans les plans du Kremlin, informe le quotidien "Gazeta".

    "Le plan présidentiel de réforme sociale prévoit l'apparition, en plus du parti de centre-droite "Russie unie", d'un autre puissant parti, celui de centre-gauche. Cette niche peut être occupée par les sociaux-démocrates russes", a dit Valeri Bogomolov

    "Je peux affirmer que ce ne sera pas "Rodina" ("Patrie"). Nous avons besoin d'un parti d'orientation sociale de type européen", a-t-il dit.

    "Le "parti du pouvoir" a la majorité constitutionnelle absolue à la Douma (chambre basse du parlement russe), 304 députés. D'ailleurs, cela recèle un danger: toute loi impopulaire suscite la critique qui retombe forcément sur "Russie unie". C'est pourquoi la création des partis de droite et de gauche "extérieurs" pourrait épargner "Russie unie".

    Le rôle de l'aile gauche contrôlée devait être joué par "Rodina" qui avait avancé des mots d'ordre de gauche modérés au cours des élections, mais les récentes déclarations faites par Dmitri Rogozine, leader du parti, attestent que "Rodina" occupe des positions radicales nationalistes, c'est pourquoi le pouvoir a besoin d'organiser un nouveau parti de gauche.

    "Il est peu probable que le Kremlin divise le parti "Russie unie" dans la situation actuelle. C'est pourquoi il est nécessaire de réunir la coalition de centre-gauche "Patriotes de la Russie "(dont le leader est le député de la Douma Guennadi Semiguine exclu du Parti communiste de la Fédération de Russie pour "activité scissionniste") et le Parti de renaissance de la Russie (parti de centre-gauche, dont le leader est l'ex-président de la Douma Guennadi Seleznev) et de leur poser des objectifs précis, estime Alexei Makarkine, directeur général adjoint du Centre de technologies politiques.

    Mark Ournov, président de la Fondation "Expertise", estime que, pour créer un nouveau parti de centre-gauche, on se servira probablement de structures comme les "Patriotes de la Russie" et le Parti agraire. Guennadi Seleznev pourrait être leader d'un tel parti, estime l'expert.

    Vedomosti

    Le gouvernement fait traîner l'approbation du projet d'Oléoduc de l'Est

    Transneft (monopole national de transport de pétrole) a présenté encore en août au gouvernement le projet de décision sur la construction de l'Oléoduc de l'Est, mais les fonctionnaires reportent la date d'examen promise (le 15 décembre).

    Cette information a été confirmée au quotidien "Vedomosti" par plusieurs fonctionnaires du ministère russe de l'Industrie et de l'Energie et du ministère du Développement économique et du Commerce. Selon un d'entre eux, le projet prévoit de construire un tuyau d'un débit de 80 millions de tonnes reliant la ville de Taïchet (région d'Irkoutsk) au village de Skovorodino (région d'Amour). Le pétrole sera transporté dans deux directions : 50 millions de tonnes seront acheminées vers la baie Perevoznaïa sur l'océan Pacifique (non loin du port de Nakhodka, territoire du Primorié), encore 30 millions, vers la Chine. Le projet ne précise pas l'ordre de construction de ces branches.

    Le vice-président du monopole, Sergueï Grigoriev, a confirmé que sa compagnie proposait cette même éventualité de construction de l'oléoduc. Selon lui, le coût total du projet est évalué à 11,5 milliards de dollars, celui du tronçon Taïchet-Skovorodino, à 6,5 milliards.

    Cependant, les fonctionnaires ne sont pas prêts à mettre le point final à cette question. Le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, ne donne pas son approbation à ce projet, explique un fonctionnaire. Le ministre se préoccupe de l'absence de garanties de livraisons dans les quantités nécessaires. Transneft confirme qu'elle ne peut garantir que la livraison de 24 millions de tonnes de pétrole provenant de Sibérie orientale.

    Un porte-parole du ministère de l'Industrie et de l'Energie a promis que la décision appropriée serait prise avant la fin de l'année. Un représentant du gouvernement a indiqué que tant que les ministères ne se sont pas concertés sur ce sujet, aucune décision ne sera adoptée.

    Les analystes sont persuadés que les fonctionnaires n'arriveront pas à s'entendre dans un proche avenir. La question n'est pas liée à l'argent, mais à l'approvisionnement en matières premières. La Sibérie orientale recèle des ressources, mais il n'y a pas de programme de mise en valeur, et les fonctionnaires ne veulent pas prendre de risque.

    Kommersant

    Personne ne veut gérer Ioukos

    Depuis hier le dépôt de candidatures au nouveau conseil des directeurs de Ioukos est clos (le conseil des directeurs devait se réunir le 15 décembre au plus tard pour approuver la liste des candidats en vue du vote à l'assemblée extraordinaire des actionnaires le 13 janvier 2005). Cependant, aucune proposition acceptable n'a été faite. Ainsi Ioukos peut suspendre son activité sans se mettre en faillite, pour défaut de dirigeants. Certains d'entre eux demandent qu'on les démette de leurs fonctions tandis que d'autres sont partis à l'étranger pour fuir d'éventuelles poursuites du Parquet général, annonce le quotidien "Kommersant".

    Commentant cette situation, le président du conseil des directeurs du groupe pétrolier, Viktor Guerachtchenko, a déclaré que les membres étrangers du conseil avaient changé d'opinion sur le sort de la société et demandé la cessation anticipée des pouvoirs. "Comme le conseil a été élu par vote cumulatif, il ne peut démissionner qu'au complet et non pas un par un. Si nous n'avons aucune proposition, l'assemblée générale n'aura pas lieu. Mais sans avoir de candidats nouveaux, il est impossible d'accepter la démission des anciens", a dit Viktor Guerachtchenko.

    La veille le directeur du groupe MENATEP qui est le principal actionnaire de Ioukos, Tim Osborne, avait déclaré que le groupe n'avait proposé aucune candidature au conseil des directeurs. "En ce moment, nous suivons attentivement tous les événements liés à la vente de Iouganskneftegaz (principale unité de production de Ioukos) et notre décision sur les candidats au conseil des directeurs de Ioukos dépendra dans une grande mesure de la façon dont se développera la situation autour de la vente de cette entreprise", a dit Tim Osborne.

    Tout porte à croire qu'une telle évolution des événements convient au management et à la majorité des membres du conseil des directeurs de Ioukos. L'assemblée générale des actionnaires qui se réunira le 20 décembre (le lendemain des enchères sur Iouganskneftegaz) recommandera aux managers de faire une demande de mise en faillite. Le tribunal aura cinq jours pour l'examiner et, si la demande est satisfaite, le conseil des directeurs de Ioukos sera dissous automatiquement.

    Vedomosti

    Le ministère du Développement économique présente le programme de développement de l'économie russe

    Si l'Etat russe réussit une percée en matière d'innovation, en 2015 le niveau de vie des Russes sera comparable à celui que les Portugais avaient en 2003. C'est ce qui ressort des prévisions économiques à long terme que le ministère russe du Développement économique et du Commerce a soumises à l'examen du gouvernement, écrit le quotidien "Vedomosti".

    Avec la structure économique existante, la production des biens de consommation et des services ou encore le produit intérieur brut (PIB) ne peuvent pas avoir un taux de croissance supérieur à 4-5 pour cent même avec des prix mondiaux du pétrole élevés et une dynamique favorable des importations de substitution, estiment les experts du ministère. De l'avis des prévisionnistes, le gouvernement va devoir choisir entre trois scénarios de développement économique: d'ensemble, fondé sur les investissements et privilégiant l'innovation.

    Pour les fonctionnaires du ministère, le troisième est préférable. Il peut être envisagé comme un scénario d'économie ouverte, dans laquelle la structure des investissements et celle de la production se mélangent au profit du secteur de l'information et de celui des hautes technologies, dont la part passera de 8,6 pour cent actuellement à 17 pour cent en 2005. De l'avis des prévisionnistes, le climat d'investissement en Russie s'améliorera progressivement et dès 2007 le secteur privé cessera d'exporter des capitaux pour en importer. Dans ce cas en 2015, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat sera de 20.200 dollars. Ce chiffre correspond au niveau affiché en 2003 par la République tchèque et le Portugal.

    Cependant, les experts éprouvent des doutes quant aux capacités organisationnelles de l'Etat, car c'est un fait que le climat d'investissement se dégrade en Russie. Les grandes compagnies ne sont tout simplement pas en mesure de concilier la croissance avec de nouvelles pressions fiscales, rappelle l'économiste en chef de la compagnie d'investissement "Troïka Dialog", Evguéni Gavrilenkov.

    Il faut fixer des objectifs ambitieux, dit le directeur du Groupe d'expertise économique, Evseï Gourvitch. Toutefois, celui-ci estime que la mission essentielle des réformateurs consiste à améliorer la qualité de l'Etat du moment que sans une réduction de l'intervention de l'Etat dans les affaires du patronat et un renforcement du système judiciaire on ne réussira pas à doubler le PIB.

    Veremia novosteï/Kommerçant

    Pourquoi le principal brasseur a-t-il donné sa démission ?

    Le président de la brasserie Baltika, Taïmouraz Bolloïev, l'un des symboles du succès des milieux d'affaires russes et homme de confiance de Vladimir Poutine lors de sa campagne électorale, s'est privé d'une bonne part de son influence. Baltic Bevegrages Holding (BBH, entreprise mixte fondée par Scottish & Newcastle et Carlsberg) qui possède 75% du capital social de Baltika a approuvé la démission de Bolloïev et a confié l'intérim au vice-président de BBH, Anton Artemiev, annonce le quotidien "Vrémia novostéi".

    BBH est devenu actionnaire de Baltika grâce, entre autres, à la participation de Vladimir Poutine, alors premier adjoint au maire de Saint-Pétersbourg, dans la recherche d'un investisseur étranger. Bolloïev, maintenant l'ex-parton de Baltika, passe pour un des hommes, peu nombreux, avec lesquels le chef de l'Etat entretient des relations amicales.

    Selon les bruits qui courent sur le marché, Bolloïev aurait donné sa démission pour avoir provoqué le mécontentement des actionnaires occidentaux, note à son tour le quotidien le "Kommersant". "L'homme a bâti un empire énorme où tout le pouvoir était concentré entre ses mains. Tout ce système ne dépendait que de lui", estime un ancien top-manager de Baltika. L'année dernière à cause des déboires connus par la brasserie (seulement 0,7% de croissance des ventes, ce qui est le plus mauvais résultat depuis son existence) Carlsberg a été obligé d'annoncer 11% de chute du produit des opérations.

    Il y a aussi une autre explication de la démission, selon laquelle Bolloïev aurait préféré abandonner les affaires pour entrer en politique car il est très populaire en Ossétie du Nord dont le président en exercice, Alexandre Dzassokhov, achève son mandat en janvier 2005. Tout cela permet de supposer que Bolloïev briguera ce poste.

    La démission d'Alexandre Dzassokhov semblait décidée en septembre dernier, au lendemain de la tragédie de Beslan, où elle avait été réclamée lors de manifestations massives. Mais alors le Kremlin avait jugé que la démission sous la pression de l'opinion publique pouvait provoquer une réaction en chaîne indésirable dans l'ensemble du Caucase du Nord.

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