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    Revue de la presse russe du 17 janvier

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    La modification de la loi sur les avantages sociaux dépend de l'engagement des protestataires

    Des hommes politiques et des experts commentent la situation faisant suite à l'annulation des avantages sociaux qui a déclenché des protestations massives dans différentes régions du pays.

    Mikhaïl Zadornov, député indépendant de la Douma fédérale : Pour les autorités il était évident que des problèmes surgiraient après le 1er janvier. Les documents qu'il fallait mettre au point au niveau des membres du gouvernement et des régions ne pouvaient tout simplement pas l'être pendant un délai aussi court. Aujourd'hui, si la protestation de la population décroît, des amendements minimums seront apportés à la loi abrogeant les avantages et la responsabilité sera rejetée sur les autorités régionales. Mais si la tension dure et s'aggrave, la loi sera remaniée d'une façon considérable.

    Serguéi Markov, directeur du Centre d'études politiques : Les autorités n'ont pas de canaux de retour d'information. Le gouvernement a trompé le président. Le président l'avait chargé il y a six mois d'élaborer un programme de monétisation des avantages sociaux absolument nécessaire à la population. Le gouvernement a ajouté une réduction radicale des avantages. Maintenant, il peut ou bien accepter les revendications des retraités, en modifiant le concept de la réforme, ou bien ordonner des répressions partielles.

    Stanislav Belkovski, directeur de l'Institut de la stratégie nationale : L'administration du président a complètement cessé d'être sensible à l'opinion des experts. Le point de vue dominant soutenu par les députés de Russie Unie et le comité de la politique sociale de la Douma a conduit à voir diminuer inexorablement le nombre de gens intervenant contre ces lois impopulaires. Pour cette raison, les autorités ont conclu que le peuple ne descendrait pas dans la rue. Cette même logique a conduit à l'échec de la politique russe en Ukraine : selon les prévisions, le peuple aurait dû tenir trois jours sur la place de l'Indépendance pour se disperser ensuite à cause du froid. La conclusion suivante vient naturellement à l'esprit : les autorités ne veulent pas apprendre à dialoguer avec le peuple.

    Alexéi Mitrofanov, député du Parti libéral démocrate : Il faut demander des comptes aux gouverneurs régionaux. Pratiquement, toutes les protestations ont commencé dans les régions donatrices. Dans les régions les plus pauvres, à Pskov ou à Kostroma, la situation reste calme. Tout simplement, dans certaines régions les autorités ne veulent pas partager les ressources avec le peuple.

    Novyé izvestia

    La visite du chef de la diplomatie nippone en Russie n'a pas éclairci le problème des Kouriles

    La visite du ministre japonais des Affaires étrangères, Nobutaka Machimura, en Russie la semaine dernière a fait courir des bruits nouveaux sur le sort des îles Kouriles : les deux parties seraient prêtes, affirme-t-on, à marchander pour résoudre le problème le plus douloureux des relations russo-japonaises mais le contour de ce marchandage n'est toujours pas apparent", note le quotidien "Novyé izvestia".

    L'absence d'information concrète sur les ententes russo-japonaises (sans compter les déclarations vagues des services diplomatiques des deux pays), prouve que les deux parties n'ont pas encore trouvé un langage commun. En effet, la Russie propose de résoudre le "problème des Kouriles" partant de la Déclaration conjointe de 1956 (qui prévoit la transmission au Japon de deux îles seulement : Chikotan et Habomai). Le Japon, par contre, a choisi comme point de départ la Déclaration de Tokyo de 1993, signée par le président Boris Eltsine (dans laquelle, de l'avis de la partie nippone, Moscou reconnaît la souveraineté de Tokyo sur les quatre îles Kouriles).

    Comme les négociations font du surplace, la date à laquelle le président Vladimir Poutine pourrait se rendre au Japon n'est toujours pas connue. C'est un mauvais signe, d'après les analystes des deux pays. Certains experts moscovites admettent que le compromis 3+1 débattu dans la coulisse du parlement japonais (transmission de Kounachir, Chikotan et Habomai en laissant à la Russie l'île la plus importante et la plus septentrionale, Itouroup, dont le sort serait négocié) est possible en théorie à condition que la souveraineté de Moscou sur cette île reste incontestable. D'autre part, soulignent-ils, la formule 3+1 n'est possible que si le Japon fait des investissements énormes dans l'économie russe. La Russie, rendrait au Japon un "service de réciprocité" en soutenant son ambition d'entrer au Conseil de sécurité de l'ONU à titre de membre permanent.

    De nombreux analystes japonais rappellent que la Russie aurait avantage à transmettre les îles du point de vue politique et économique : autrement il n'est pas réaliste d'envisager des investissements japonais considérables dans l'économie russe.

    Vremia novostei

    Les juges russes pourront examiner les contentieux concernant les Etats étrangers

    La Douma (chambre basse du parlement russe) a l'intention d'examiner prochainement le projet de loi "De l'immunité juridictionnelle d'un Etat étranger et de ses biens". Si ce document est adopté, les tribunaux russes pourront examiner les litiges concernant les Etats étrangers.

    Il est à remarquer que le projet de loi, dont l'élaboration a été amorçée au Centre de droit privé auprès du président il y a trois ans, est apparu à la Douma avant l'examen de la demande de la compagnie YOUKOS d'interdire la vente de son actif principal "Youganskneftegaz" (vendu aux enchères le 19 décembre pour 9,1 milliards de dollars en tant que remboursement de la dette fiscale de YOUKOS) adressée au tribunal des faillites de Houston (Sud du Texas). Le projet est resté dans les tiroirs des cabinets gouvernementaux durant deux ans, sans subir pratiquement d'amendements.

    La note explicative jointe au projet indique que la loi est une réponse aux multiples procès intentés à la Russie à l'étranger, alors que Moscou ne se le permettait pas. Effectivement, en URSS, il n'était possible d'engager une action judiciaire contre un Etat étranger qu'avec son accord. Le droit russe a hérité de cette approche.

    Le projet de loi soumis à l'examen n'abroge pas le principe fondamental selon lequel l'Etat étranger jouit de l'immunité judiciaire en Russie, mais il contient une liste assez longue d'exceptions à ce principe. Premièrement, le renoncement volontaire à l'immunité mentionné dans un accord bilatéral ou international, ou bien la participation au procès en qualité de défendeur. Deuxièmement, une série d'exceptions liées à l'activité commerciale de l'Etat étranger, de ses organes, provinces et Etats. Autrement dit, il s'agit des cas où le gouvernement étranger est partie dans une transaction, par exemple, s'il contracte un crédit auprès d'une banque russe.

    Comme le soulignent les observateurs, le projet de loi est un instrument juridique important pour le gouvernement russe, un avertissement donné sur le fait que les biens d'un Etat étranger peuvent être saisis.

    Vedomosti

    "TNK-BP Holding" peut remplacer YOUKOS sur le marché russe des valeurs

    TNK-BP a publié vendredi le plan de restructuration qui doit simplifier la structure de la propriété du holding qui regroupe plus de 600 compagnies et déplacer le centre des bénéfices en Russie.

    TNK, "SIDANKO" et "ONAKO" rejoindront la compagnie "TNK-BP Holding" enregistrée dans la région de Tioumen. Ensuite, la plupart des autres entreprises du groupe seront également consolidées, fait savoir le journal "Vedomosti".

    Si tous les actionnaires minoritaires acceptent l'échange d'actions, leur part dans le capital de "TNK-BP Holding" constituera un peu moins de 7 %.

    La transformation de "TNK-BP Holding" en compagnie publique sera le pas suivant. Ses actions seront cotées en bourse en Russie.

    Tous les analystes interrogés ont déclaré qu'ils recommanderaient à leurs clients d'échanger les titres des entreprises du groupe contre les actions de "TNK-BP Holding". Les investisseurs attendent l'apparition de ces actions sur le marché et leur promettent un avenir brillant. Cette troisième compagnie pétrolière du pays (par son volume d'extraction) est pratiquement assurée contre les risques politiques, car sa création a été approuvée par le président Vladimir Poutine et la qualité de sa gestion est garantie par la réputation de BP.

    "Il ne fait pas de doute que les actions de TNK-BP seront un nouveau blue chips sur le marché russe, a dit Alexei Dolguikh, négociateur principal de la compagnie d'investissement "Troïka Dialog". Cela ne peut pas ne pas réjouir les investisseurs, surtout dans le contexte du déclin de YOUKOS (dont les actions ont été exclues par la bourse des valeurs RTS de ses listes de cotations).

    De l'avis des experts, la valeur marchande de la nouvelle compagnie se situera entre "Sibneft" (au 14 janvier, 14,7 milliards de dollars à RTS) et "Sourgoutneftegaz" (26,4 milliards de dollars). La compagnie d'investissement "Aton" l'évalue également au niveau des leaders du marché: à environ 25 milliards de dollars. La compagnie s'est autoévaluée à 18 milliards de dollars, mais le marché la prise plus haut.

    Une quantité suffisante de titres pour un blue chips seront en circulation libre (7 %), plus que ceux de "Sibneft", disent les experts.

    Kommersant

    Deux compagnies étrangères s'installent sur le marché du processing russe

    Deux compagnies étrangères indépendantes s'installent sur le marché du processing russe (technologie de paiement par carte) : Euronet Worldwide et Euro-Processing International, annonce le quotidien "Kommersant". Jusqu'à présent il n'y avait pas de processeur indépendant en Russie.

    Euronet Worldwide a déjà ouvert une succursale en Russie, en décembre dernier. "La société est en négociation sur des services avec plusieurs banques", a déclaré le vice-président d'Euronet Russia, Janusz Diemko. Les négociations avec la Banque industrielle internationale (MPB) notamment en sont à leur dernière phase. Parallèlement, la société Euro-Processessing International est en cours d'enregistrer une filiale en Russie. EuroProcessing a déjà passé un accord de partenariat stratégique avec BIN-bank.

    "Le marché russe des cartes de paiement est très attrayant parce qu'il dispose d'un potentiel énorme", estime le vice-président exécutif d'Euro-Processing pour les pays scandinaves, baltes et la Russie, Gerd Müller. Cette affaire peut rapporter à BIN-bank 3 à 4 millions de dollars, selon une source proche des deux parties.

    L'apparition en Russie d'une société de processing indépendante promet des avantages aux banques de petite ou moyenne taille, russes aussi bien qu'étrangères. Pour les grandes banques, la situation est différente. Chacune d'entre elles préfère avoir son propre processeur, puissant et performant.

    Cependant, les centres indépendants espèrent pouvoir les persuader, estimant que les établissements de crédit importants auraient avantage à se concentrer sur les principaux services et produits bancaires pour fidéliser les clients plutôt que d'entretenir un réseau de guichets automatiques ou de services de processing.

    Euronet Worldwide, fondée en 1994 à Budapest, est présente dans plus de 65 pays du monde, en Europe, en Australie et aux Etats-Unis où la société sert plus de 168 000 points de vente. EuroProcessing International, fondée en 2000 en Norvège, est représenté dans neuf pays d'Europe et dans les pays Baltes.

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