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    Le secteur transport russe attend des investissements

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    MOSCOU, 28 juin (par Vassili Zoubkov, commentateur économique de RIA Novosti). Au cours du récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le vice-ministre russe des Transports, Alexandre Micharine, a déclaré qu'il ne doutait pas que les institutions financières internationales étaient disposées à investir annuellement jusqu'à 10 milliards de dollars dans de grands projets de transport en Russie. Que s'est-il donc produit dans la branche pour qu'on manifeste un tel intérêt à l'étranger pour l'infrastructure de transport russe?

    Premièrement, on envisage tout à fait autrement la formation de la politique économique publique dans les transports. La Stratégie de développement de la branche jusqu'à 2010 et la Stratégie de transport de la Russie jusqu'à 2020 ont été adoptées. Il est notoire que la clarté des perspectives est nécessaire pour les investissements. Cette clarté, elle est là désormais.

    Deuxièmement: la Russie s'implique de plus en plus dans l'intégration économique internationale. Les transports deviennent l'un des facteurs assurant la compétitivité des producteurs nationaux en matière d'exportation. Les chiffres concernant la croissance de la branche sont patents: le trafic-marchandises/voyageurs routier et ferroviaire est en hausse (de 5,5 pour cent en 2004) tout comme le volume des marchandises transitant par les ports maritimes russes (23,4 pour cent la même année). En conséquence, les frais de transbordement des frets exportés dans les ports des Etats limitrophes ont augmenté de 3,4 pour cent.

    Il est important aussi que l'Etat russe commence à accroître les crédits pour la modernisation du système de transport. Selon Alexandre Micharine, cette année quelque 17 milliards de dollars ont été alloués à ces fins, toutes sources de financement confondues. 60 pour cent de cette somme iront à la construction et à la modernisation des routes, celles-ci constituant l'un des points les plus faibles du secteur. Toutefois, on pense au ministère des Transports que dans l'ensemble les problèmes qui se sont accumulés sont si nombreux que les seuls investissements dans la branche ne devraient pas être inférieurs à 4 pour cent du produit intérieur brut (plus de 21 milliards de dollars).

    Tout en conservant son rôle de principal gestionnaire du marché des investissements et grand investisseur lui-même, l'Etat fait de plus en plus appel à des ressources extérieures pour le développement de son patrimoine, à savoir les sites infrastructurels. Ce qui permet aux investisseurs russes et étrangers de faire fructifier leurs capitaux en Russie.

    Il existe déjà une liste de 150 projets d'investissement à haut rendement. Ce sont, à titre d'exemple, la voie ferrée à grande vitesse et une autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg, des ponts sur la Volga à Volgograd, sur la Kama au Tatarstan, sur l'Angara à Irkoutsk. On trouve aussi mentionnée sur cette liste la construction où l'adaptation d'aéroports au système "hub" réduisant au minimum la durée de l'escale pour les voyageurs en correspondance. Ces aéroports sont ceux de Moscou, de Krasnoïarsk et de Iekaterinbourg. Rappelons aussi le complexe de transport Europe-Asie, un tunnel sous-marin et une infrastructure terrestre sur l'itinéraire Sakhaline-Japon, et d'autres projets.

    Le programme étatique Développement de l'exportation des services de transport de la Russie (2006-2010) prévoit lui aussi le recours au partenariat public et privé dans les transports. Ce projet vise à réaliser l'immense potentiel de transit de la Russie en utilisant les couloirs de transport internationaux, à améliorer l'acheminement des matières premières exportées, à accroître la compétitivité des transporteurs nationaux et à augmenter leur part sur le marché mondial des services de transport.

    Alexandre Micharine estime que la réalisation de ce programme permettrait dès le moyen terme de multiplier par 8-10 les revenus procurés par le transport de transit, par 5-7 le trafic-voyageurs aérien et de réduire le volume des frets transbordés dans les ports limitrophes de la Russie. Et cela malgré l'harmonisation des tarifs ferroviaires dans le cadre de l'adhésion du pays à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le flux d'investissements de capitaux russes et étrangers attendu au cours des dix prochaines années dans les transports russes, ce sont des dizaines de milliards de dollars, certes, mais c'est aussi l'accession de la Russie à des technologies pointues, à l'expérience mondiale d'avant-garde.

    Cependant, Alexandre Micharine pense que pour que ce flux d'investissements ait lieu, il est indispensable d'instituer des rapports concessionnels légaux comme cela a été fait en Chine et dans d'autres pays de la Région Asie-Pacifique. C'est la raison pour laquelle le parlement russe prépare en toute hâte les projets de loi Des accords concessionnels, Des routes à péage, Du Registre international (numéro deux) des navires et d'autres.

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