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    Revue de la presse russe du 29 septembre

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Gazeta

    Un gouverneur propose de réécrire la Constitution pour Poutine

    Le gouverneur de la région de Novgorod, Mikhaïl Proussak, a proposé de modifier sans plus tarder la Constitution pour que "Vladimir Poutine reste président après 2008". Les experts estiment que la proposition du gouverneur traduit la position d'une partie de l'administration présidentielle qui considère que la modification de la Loi fondamentale serait plus acceptable que l'opération "Successeur".

    Mikhaïl Proussak déclare qu'il ne voit pas d'homme "capable de consolider la société russe". Si Poutine s'en va, "le pays replongera dans le chaos qu'il a connu au début du XXe siècle où il y avait des prétendus partis qui demandaient l'abdication du tsar et ont finalement perdu le pays". Pour éviter une catastrophe, Proussak a proposé de "réfléchir dès maintenant aux amendements à apporter à la Constitution de la Fédération de Russie, autorisant un troisième mandat présidentiel".

    Tout l'été les hommes politiques ont rivalisé de générosité pour savoir qui proposerait le plus grand nombre de mandats au président. Le directeur général adjoint du Centre des technologies politiques, Alexéi Makarkine, explique ce regain d'activité autour du troisième mandat présidentiel par l'incertitude qui règne parmi les divers groupes d'influence au Kremlin quant au scénario de sauvegarde du régime actuel : monter l'opération "Successeur" ou maintenir Poutine au pouvoir. Si le Kremlin ne trouve pas un successeur qui remportera sans faute la campagne électorale et qui sera accepté par toute l'élite au pouvoir, il a toujours un "scénario de secours". Il faudra donc s'attendre à ce que la prorogation des pouvoirs du président et la modification de la Constitution restent deux thèmes permanents des bulletins d'information, affirme Alexéi Makarkine.

    L'adoption d'une loi constitutionnelle fédérale requiert la majorité constitutionnelle à la Douma et au Conseil de la Fédération (300 et 119 voix respectivement), ainsi que l'approbation par deux tiers des assemblées législatives des membres de la Fédération.

    Novyé Izvestia

    Requête en constitutionnalité du droit du président de nommer et de congédier les gouverneurs formulée par vingt-six députés de la Douma régionale de Iaroslavl

    "Depuis deux ans déjà nous constatons que la Russie glisse vers l'autocratie. La nomination des gouverneurs a procuré à l'administration du président un pouvoir illimité sur le pays. Le gouverneur nommé n'aura aucune obligation envers la population de sa région", explique Oleg Vinogradov, auteur de l'interpellation et un des leaders de la section régionale de l'Union des forces de droite (SPS).

    La Cour doit décider qui a le droit de former les organes du pouvoir exécutif et législatif des régions constituant la Fédération de Russie, d'élire et de limoger les chefs régionaux supérieurs, de dissoudre les parlements régionaux, indique l'auteur de l'interpellation.

    Le directeur de l'Institut d'études politiques, Serguéi Markov, estime que la proposition de la Douma de Iaroslavl va dans le sens de la recherche de moyens capables d'améliorer le modèle proposé par le président. En prenant sa décision, affirme l'expert, le président a opté pour la version la plus rigide : la nomination du gouverneur et sa validation par le parlement régional ou la dissolution de la Douma dans le cas contraire. Elle a étouffé la concurrence et effacé le rôle des élites locales. La classe politique russe est aujourd'hui à la recherche des moyens d'adoucir ce modèle. Peut-être le président proposera-t-il le droit d'être élu à celui qui aura bénéficié de la majorité aux élections législatives régionales, alors que l'opposition n'aura pas beaucoup de chance.

    D'après le directeur général de l'Institut des problèmes régionaux, Maxime Dianov, l'unique moyen dont dispose le pouvoir législatif régional pour influer sur le pouvoir exécutif est le processus budgétaire, c'est-à-dire l'adoption du budget régional de l'exercice suivant. Mais les députés ont compris que cette possibilité leur échappe également. Dans la situation actuelle le gouverneur ne dépendra plus de la population et n'insistera pas sur une répartition du budget à l'avantage des districts pauvres. Cette tâche incombera dans sa totalité à l'assemblée législative.

    Novaïa Gazeta

    Le contrôle de Moscou permettra de maîtriser la situation en Russie

    Il est difficile de trouver une autre région russe où l'élection du parlement local aurait autant d'importance que celle de la Douma de Moscou. Après l'annulation de l'élection directe des gouverneurs régionaux, ce sont les députés moscovites qui auront le droit d'approuver ou de refuser le maire suivant de la capitale. Or le contrôle de Moscou ce n'est pas seulement la maîtrise d'un budget de 500 milliards de roubles (1 dollar US = 28,54 roubles), des principaux flux financiers du pays et d'une propriété hors prix, c'est aussi le moyen d'influer sur la situation politique dans l'ensemble du pays.

    Des discussions sur la possibilité d'une "révolution orange" en Russie se poursuivent dans le pays depuis le début de l'année. Beaucoup se rendent compte que les révolutions ont lieu dans les capitales, affirme le président de la fondation "Indem", Gueorgui Satarov. "Le contrôle de Moscou est un levier essentiel pour ceux qui voudraient changer la situation et pour ceux qui voudraient l'éterniser. Ce n'est donc pas par hasard que pour la première fois de toute l'histoire des élections dans la ville les autorités fédérales engagent des moyens aussi importants dans cette campagne", indique l'expert. D'autre part, gagner les élections à Moscou en 2005, c'est déblayer la route pour les élections législatives fédérales de 2007.

    Deux à quatre partis seront représentés dans la nouvelle Douma, selon différentes estimations. Le favori de la course est connu d'avance : Russie Unie dont le maire actuel de Moscou, Youri Loujkov, est tête de liste. Et pourtant, malgré l'existence d'un leader évident, il est pratiquement impossible de prédire l'avenir de la région la plus alléchante de la Fédération de Russie.

    Aujourd'hui, la Douma est un organe très hétéroclite. Mais lorsque le problème de la nomination du maire se posera carrément, les autorités moscovites se réorganiseront autrement, non plus selon les partis, mais en fonction de la conjoncture.

    "Quant à savoir qui sera le maire suivant - un successeur du gouverneur actuel de la ville ou un promu du Kremlin - c'est chercher la réponse dans le marc du café", affirme Gueorgui Satarov. "Une chose est claire aujourd'hui : au cas où ce serait un homme de l'équipe pétersbourgeoise et du FSB, Moscou devrait s'attendre à une réédition de la situation qui règne dans le reste du pays. Vu qu'il y a pas mal de choses à partager", ajoute l'expert.

    Vremia novostei

    Gazprom achètera Sibneft pour 13 milliards de dollars

    La Russie a une compagnie pétrolière privée de moins. Gazprom et Millhouse Capital (qui gère les actifs du gouverneur de Tchoukotka Roman Abramovitch et de ses compagnons) ont annoncé mercredi que 72,7% des actions de Sibneft seraient bientôt propriété du consortium gazier d'Etat. Ce sera une transaction grandiose dans l'histoire de la Russie: son montant de 13,091 milliards de dollars correspond environ à la valeur de Sibneft évaluée sur le marché.

    Le consortium gazier sera propriétaire de 75,679% des actions de la compagnie pétrolière (Gazprom se propose d'acheter plus de 3% des actions de Gazprombank).

    Par conséquent, Gazprom qui n'a pas réussi à fusionner avec la compagnie publique Rosneft accroîtra tout de même ses volumes d'extraction de pétrole et deviendra un consortium énergétique conforme aux critères européens (c'est-à-dire produisant toutes les ressources énergétiques traditionnelles, sauf la houille).

    Après la vente de Sibneft à Gazprom, il n'y aura pratiquement pas de changements sur le marché russe du pétrole, à l'exception d'un détail: deux structures d'Etat apparaîtront parmi cinq les plus grands producteurs. Si la compagnie publique Rosneft réussit à absorber entièrement IOUKOS, l'Etat contrôlera un tiers de toute l'extraction du pétrole dans le pays.

    Les experts n'y voient aucun mal. "En règle générale, dans les pays producteurs de matières énergétiques, toute l'extraction est contrôlée d'une façon ou d'une autre par l'Etat, a dit Valeri Nesterov, analyste de la compagnie d'investissement Troïka Dialog. Quant à la transformation, elle relève du secteur privé".

    Pour l'instant, on ne sait pas si Gazprom rachètera les autres 24% des actions des actionnaires minoritaires (selon les Statuts de Sibneft, ce n'est pas nécessaire).

    D'ailleurs, l'Etat peut vendre à un investisseur, même étranger, 20% des actions bloquées de Sibneft appartenant à IOUKOS.

    Selon un top-manager de la compagnie pétrolière russe, l'Etat est intéressé au management et aux technologies des étrangers, qui seront dans le même temps obligés à concerter leurs actions avec l'Etat.

    Vedomosti

    Baisse de la note de compétitivité de la Russie

    L'appareil d'Etat inefficace empêche l'économie russe de concurrencer sur un pied d'égalité d'autres pays. Dans la notation de la compétitivité évaluée par le Forum économique mondial, la Fédération de Russie occupe la 75e place sur les 117 possibles.

    Cette dernière année, la Russie est descendue de cinq positions dans la "notation de la croissance" établie par le Forum économique mondial. Le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan figurent parmi les novices dynamiques. La Russie est descendue de 13 points, jusqu'à la 74e position, dans la notation générale.

    "Votre côté fort est le bon milieu macro-économique", fait remarquer Jennifer Blank, principal économiste du Forum économique mondial. Pour le niveau de l'excédent budgétaire, la Russie occupe la 9e place, ses indices concernant la dette publique et les épargnes de la population sont satisfaisants.

    "Mais le malheur principal de la Russie, c'est la mauvaise qualité des institutions de l'Etat", estime Jennifer Blank. Par exemple, la Russie occupe la 102e place pour l'indépendance du système judiciaire et la 109e place pour la défense des droits des représentants des minorités.

    "Comme il ressort de nos études, votre pays ne reconnaît pas la propriété privée: les gens sont certains qu'elle peut être confisquée à tout instant", s'exclame l'économiste du Forum économique mondial. La majorité des PDG qui travaillent en Russie sont préoccupés par la corruption (16%), les impôts (14%), l'inefficacité des organes d'Etat (12%), l'accès au financement (11%) et l'inflation (9%).

    Les conclusions tirées par le Forum économique mondial reflètent les réalités russes, estime Vladimir Ioujakov, dirigeant du Centre des projets stratégiques, chargé de la réforme administrative. Selon lui, le processus de réforme administrative ne fait que commencer. "Si cette réforme est de nouveau reportée, le retard de la Russie deviendra irréversible", affirme Vladimir Ioujakov. "Il n'y a pas de problèmes sur le contenu: les moyens de réformer l'administration publique en Russie sont connus depuis longtemps", admet Youri Simatchev, vice-directeur du Centre analytique intersectoriel. Mais la lourdeur de la machine d'Etat est un obstacle à la réalisation des idées, ajoute-t-il.

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