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    Revue de la presse russe du 25 novembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Gazeta

    La droite russe prépare un rebranding

    L'Union des forces de droite (SPS) se prépare à changer d'image. Iabloko, selon certaines informations, veut en faire autant. Des experts admettent non seulement une alliance mais aussi un réenregistrement des deux organisations comme une seule. La nouvelle alliance peut être complétée par le Parti démocratique de Mikhaïl Kassianov. Mais, comme toujours, cette route bute sur la sempiternelle pierre d'achoppement : à savoir quelle organisation doit servir de base à la réunification de la droite.

    L'expérience acquise par le SPS lors de sa participation aux élections régionales montre que son ancienne marque lui joue à bien des égards un mauvais tour. "Sa marque est liée à demeure à Tchoubaïs, à Nemtsov, à la défaite de 2003, aux espoirs déçus en 1999", estime le directeur adjoint du Centre des technologies politiques, Alexéi Makarkine.

    La droite est-elle capable de s'unir ?

    Dmitri Orlov, directeur général de l'Agence des communications politiques et économiques : "Je ne vois le SPS et Iabloko agir ensemble aux élections fédérales, surtout pas avec Kassianov à leur tête. Les divergences entre le SPS et Iabloko sont évidentes. De surcroît, les leaders des deux partis sont pleins d'ambitions qui ne leur permettent pas de s'unir autour de Kassianov. Pour le SPS, il existe aussi le "facteur Tchoubaïs", il n'acceptera pas de conflit avec le pouvoir en place. Poutine lui est plus cher que Kassianov".

    Alexéi Mitrofanov, LDPR : "Qui sera candidat unique à la présidence? Ils vont se briser sur cette question. Un autre écueil est Tchoubaïs. Le SPS est le parti de Tchoubaïs qui ne voudra pas se brouiller avec Poutine à cause de Kassianov et perdre son poste à RAO EES et ses gros capitaux".

    Serguéi Babourine, leader du parti "Narodnaïa volia" ("Volonté du peuple") : "Pour satisfaire les ambitions des leaders, il est possible d'inventer une structure à échelons multiples : leader - président du parti - secrétaire du conseil général. Il ne faut pas lésiner sur les postes et tout ira bien".

    Edouard Limonov, leader du Parti national-bolchevik : "Il est peu judicieux de faire entrer Kassianov dans un parti, même dans un parti unifié. Kassianov doit être un candidat de la droite au-dessus de tout parti. Il perdra du poids s'il accepte d'adhérer au nouveau parti. Ceux qui l'y poussent sont des gens obtus et irréalistes".

    Kommersant

    Le contrôle de l'activité sociale détruit la société civile

    Vladimir Poutine a de nouveau déclaré que "le financement par l'étranger des activités politiques devait être contrôlé par l'Etat". Le Kremlin est prêt à accepter certains compromis en vue d'atténuer les amendements scandaleux aux lois sur les associations sociales et sur certaines ONG, approuvés hier en première lecture par la Douma (chambre basse du parlement russe). Mais le pouvoir ne renoncera pas à l'idée de placer toutes les ONG sous le contrôle de l'Etat.

    Ces actions s'expliquent par la "révolution de couleur" que le Kremlin considère toujours comme l'un des principaux dangers politiques.

    Ces desseins du pouvoir sont inadmissibles pour la majorité absolue des militants des ONG.

    Lioudmila Alexeieva, présidente du Groupe d'Helsinki de Moscou: C'est un projet de loi monstrueux qu'il ne faut pas examiner mais jeter tout de suite à la poubelle. J'espère que le président comprendra lors de sa rencontre avec les députés qu'ils sont atteints de marasme. S'il ne le comprend pas, ce sera une honte pour lui-même et pour le pays lorsqu'il assumera la présidence du G8.

    Valentin Guefter, directeur de l'Institut des droits de l'homme. La position du pouvoir nous a été expliquée: nous vous avons donné la Chambre publique, à présent, donnez-nous la possibilité de vous contrôler.

    Irina Yassina, directeur de la fondation "Russie ouverte": Pourquoi le critère principal d'enregistrement (des ONG) n'est-il pas la conformité des statuts des organisations à la Constitution, mais l'image de leurs fondateurs? Notre fondateur est Mikhail Khodorkovski, il faudra donc réenregistrer notre fondation sans lui.

    Elena Bonner, défendeuse des droits de l'homme: Au lieu de créer la société civile, le pouvoir la détruit en voulant contrôler l'activité sociale. Les lois sur les ONG ne sont pas nécessaires si leur activité n'est pas criminelle. Et dans ce cas, c'est à la justice d'agir.

    Oleg Orlov, président du centre de défense des droits de l'homme Mémorial: Cette loi ne peut pas être améliorée, 80% de ses articles doivent être supprimés, car ils interdisent de fait l'activité des ONG étrangères.

    Izvestia

    Le gouvernement formé par un seul parti conduira-t-il au monopartisme?

    Le parti Russie unie, dont le congrès s'ouvre samedi à Krasnoiarsk, relance de plus en plus énergiquement son initiative de formation du gouvernement par un parti. Naturellement, Russie unie est certaine de gagner les futures élections. L'omniprésence de ce parti dans toutes les sphères de la vie socio-politique du pays est évidente. Mais son idée n'aboutira-t-elle pas, au lieu de garantir un avenir progressiste, au retour du système de parti unique?

    Dmitri Rogozine, coprésident de la fraction Rodina (Patrie): Nous avons déjà un système à un parti, de même qu'en RDA où il y avait une force dirigeante entourée de divers partis aux noms différents. Si le gouvernement est formé par un parti, cela confirmera cette enseigne.

    Mikhail Leontiev, présentateur à la télévision: Nous devons avoir un système à un parti politique. Un seul parti prédomine au Japon depuis la fin de la guerre. La démocratie japonaise est-elle l'objet de critiques globales? S'il est impossible de créer un tel système politique, cela veut dire que la Russie n'est pas prête pour cela ou ne veut pas de la démocratie représentative.

    Youlia Latynina, journaliste: Je conseille de ne pas surestimer l'importance du parti Russie unie. C'est un instrument du processus politique et nullement une force dirigeante. En tout cas, le gouvernement sera formé par le président Vladimir Poutine et son entourage. La faute n'en incombe pas au pouvoir, mais au peuple qui a ce qu'il a voulu.

    Farid Moukhametchine, président du Conseil d'Etat du Tatarstan: L'apparition d'un gouvernement formé par un parti ne conduira nullement au système de parti unique. La loi sur les modalités de formation de la Douma suppose déjà que les représentants de plusieurs partis sont élus au parlement. C'est la condition sine qua non. A mon avis, la barre des 10% pourra être franchie non pas par un seul parti, mais par plusieurs formations. Le parti qui occupera la deuxième place après le vainqueur sera automatiquement un parti d'opposition. Ce sera une véritable opposition, comme c'est le cas dans les Etats civilisés. Le parti qui occupe la deuxième place devient un parti d'opposition qui critique les actions du gouvernement et la fraction qui a remporté les élections. Nous aurons le même schéma.

    Vedomosti

    L'Etat accroît avec esprit de suite sa part dans l'économie russe

    Les fonctionnaires parlent régulièrement du rôle principal de l'initiative privée dans le développement de la Russie, mais l'Etat accroît avec esprit de suite sa part dans l'économie.

    Les déclarations d'Igor Chouvalov, assistant du président russe ("le capitalisme d'Etat n'est pas notre avenir, nous considérons les entrepreneurs comme un moteur du développement social") ou la résistance opposée par le ministre du Développement économique Guerman Gref à la transaction entre Gazprom et Sibneft ne peuvent pas arrêter le processus de nationalisation. Ses étapes sont largement connues: la vente de Youganskneftegaz à la compagnie d'Etat Rosneft; le rachat par l'Etat des actions de Gazprom à ses propres filiales; l'absorption de Sibneft par ce monopole d'Etat; l'achat de Guta Bank par Vneshtorgbank d'Etat; l'achat de Power Machines par RAO EES (Electricité de Russie, compagnie d'Etat), enfin, la nationalisation d'AvtoVAZ.

    Il reste à faire des conjectures sur les motifs du choix des secteurs et des entreprises où, comme l'a dit le président, "l'Etat assure ses intérêts". On comprend également mal comment sont choisis les "mécanismes légaux du marché" pour assurer les intérêts de l'Etat. Par exemple, "les sources proches d'AvtoVAZ" font remarquer à juste titre qu'il est peu rationnel pour l'Etat d'acheter les actions du géant automobile et de dépenser à cet effet environ 500 millions de dollars, car ces actions appartiennent à l'usine dont il suffit de remplacer les dirigeants.

    Les investisseurs sont sceptiques sur le rôle de propriétaire joué par l'Etat: après l'annonce de la nouvelle, le prix des actions d'AvtoVAZ a baissé de 11% pour remonter ensuite légèrement. Il en a été de même pour Sibneft dont le coût avait également baissé de 9% après l'annonce de sa nationalisation: ces pertes ont été essuyées par l'Etat.

    Puisque, malgré le préjudice causé à l'économie, ce processus se poursuit, il faut appliquer une politique de nationalisation établissant les règles du jeu. Cela vaut mieux que de faire comme s'il ne se passait rien. En effet, la législation sur la nationalisation existe même aux Etats-Unis, rempart du libéralisme économique. Des amendements et des précisions y sont apportés jusqu'à présent.

    Gazeta.ru

    Les Pays-Bas ont classé l'affaire IOUKOS

    Le tribunal d'Amsterdam a refusé jeudi de satisfaire la demande de Youganskneftegaz (filiale de la compagnie d'Etat Rosneft) de saisir les actifs étrangers de IOUKOS. Selon les experts, il fallait s'y attendre. Mais Rosneft affirme que la décision du tribunal est préliminaire.

    En fait, cette décision permet de commencer à vendre les actifs étrangers de IOUKOS: sa part dans la firme hollandaise Yukos Finance B.V. qui détient les actions de la raffinerie de pétrole lituanienne Mazeikiu Nafta (MN) et de l'opérateur du pipeline en Slovaquie Transpetrol. La compagnie a besoin d'argent pour rembourser un arriéré d'impôt. Parmi les principaux prétendants à l'actif lituanien de IOUKOS se trouvent la compagnie TNK-BP, le consortium polonais PKN Orlen et le consortium kazakh KazMunaïgaz.

    La situation concernant MN sera réglée très rapidement. La transaction de vente de la raffinerie de pétrole lituanienne sera conclue dans les jours qui viennent et il n'y aura rien à saisir", estime Andrei Gromadine, analyste de MDM Banque.

    "Le tribunal russe agit dans l'intérêt de Rosneft. Le tribunal étranger agit selon la loi. C'est là que réside la différence. Il n'y avait pas de raisons valables de saisir les actifs étrangers de IOUKOS", estime Mikhail Bakoulev, analyste du groupe de compagnies AVK.

    Rosneft a réagi tranquillement au verdict des juges néerlandais. "Cette décision du tribunal est préliminaire, par conséquent, nous attendrons le verdict définitif à ce sujet", a déclaré Nikolai Manvelov, représentant de la compagnie. Cette déclaration suggère à Edouard Koutcherov, représentant du bureau juridique de Baker Tilly Rusaudit, l'idée que la compagnie d'Etat a contesté la décision du tribunal d'Amsterdam auprès de l'instance supérieure".

    Evidemment, Rosneft continuera à prétendre aux actifs étrangers, estime Mikhail Bakoulev. Il se peut qu'une compagnie inconnue achète la raffinerie de pétrole lituanienne, comme c'était le cas de Youganskneftegaz. J'admets que MN peut devenir propriété d'Etat en Russie. La question est de savoir si les fonctionnaires russes pourront s'entendre avec le gouvernement lituanien.

    Nezavissimaia gazeta

    Et si la Russie rachetait l'Alaska?

    Les experts russes commentent la proposition de Steven Pearlstein, commentateur du Washington Post, qui estime que les dépenses des Etats-Unis pour l'Alaska ne peuvent être couvertes que par sa vente à la Russie pour mille milliards de dollars.

    Mikhail Deliaguine, directeur de l'Institut des problèmes de la mondialisation: Avant d'acheter l'Alaska, la Russie doit créer d'abord un Etat civilisé. A mon avis, à peu près dans 10 ans, nous pourrons surmonter les conséquences de la catastrophe nationale et les problèmes des Américains atteindront leur apogée. Alors, il sera possible de parler de cette acquisition. D'ailleurs, il n'est pas exclu que le prix de l'Alaska soit alors bien plus bas.

    Serguei Markov, directeur de l'Institut d'études politiques: A quoi bon acheter un territoire presque inhabité, couvert de neige et de glaces, lorsque les gens vivent dans la pauvreté, alors que les systèmes de Santé publique, d'enseignement et d'autres sont détruits? En Russie, il y a d'immenses territoires que nous n'arrivons pas à mettre en valeur, par exemple, la Sibérie qui risque d'être peuplée de représentants d'autres peuples. S'il y a une province de plus, cela ne facilitera pas les choses.

    Dmitri Orechkine, chef du groupe d'études Merkator: Tout cela ressemble à une blague. Il est vrai, de nombreux patriotes seront ravis, ils crieront que c'est le triomphe de la justice historique. Ils ont la mentalité du 19e siècle ou de l'ère stalinienne, lorsqu'on estimait que le territoire est équivalent à la puissance de l'Etat. Cependant, les Pays-Bas, dont la superficie est égale à celle de Moscou et de sa région, ont une économie mieux développée que celle de la Russie avec ses 17 millions de kilomètres carrés. L'idée est absolument absurde. La Russie n'a pas besoin de nouveaux territoires. Nous vivons à une époque où l'infrastructure est plus importante que les richesses des territoires.

    Evgueni Yassine, directeur scientifique du Haut collège d'économie: Si nous sommes préoccupés par les problèmes de la stérilisation (des excédents financiers), il faut éliminer en premier lieu tous les freins qui entravent la libre entreprise. Or, c'est le contraire qui se produit chez nous: la nationalisation continue. Cela étant, une question se pose: et si l'on achetait l'Alaska?

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