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    Revue de la presse russe du 8 février

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Gazeta

    Le Japon donne des leçons de diplomatie à la Russie

    Malgré les interminables déclarations sur le rôle fondamental du problème des territoires litigieux pour les relations russo-japonaises, c'est le pétrole qui reste la question principale pour les Japonais. Le Pays du Soleil levant est même plus intéressé que la Russie à mettre en veilleuse le problème des "territoires du nord". Les "territoires du nord" sont nécessaires à Tokyo comme levier d'influence sur Moscou. Le voisin oriental met à profit le fait évident que les îles ne peuvent pas lui être restituées pour des raisons de prestige.

    Le danger de crise énergétique globale est déjà visible et le Japon a besoin des hydrocarbures russes comme de l'air. Et il est entré en concurrence avec la Chine qui se met en quatre pour décider la Russie à construire un oléoduc direct.

    C'est le pétrole et non pas la polémique stérile sur les "territoires du nord" qui a été le principal sujet abordé lors de la rencontre Poutine-Koizumi en novembre 2005. La Russie a accédé aux desiderata japonais, acceptant de faire aboutir la canalisation en 2008 au port de Nakhodka, à deux pas du Japon. Mais elle a pris soin de ne pas offenser les Chinois. Dans l'idéal, ce pipeline devra fournir au Japon 1,6 million de barils par jour, quantité suffisante pour apaiser sa faim énergétique pendant bien des années.

    Moscou a beaucoup fait pour réaliser son projet oriental et a même créé une commission spéciale auprès du ministre Viktor Khristenko, responsable des ressources énergétiques. Mais au lendemain des fêtes du Nouvel An on a appris que la date de mise en chantier de la canalisation pouvait être reportée une nouvelle fois en raison des imperfections constatées dans le projet. En effet, les plans définitifs de rattachement du tube au terrain ne sont pas encore prêts. Sans parler des problèmes de financement : Transneft n'a toujours pas trouvé la totalité des fonds nécessaires à la réalisation du projet.

    Les Japonais ne comprennent pas ces "subtilités" du laisser-aller traditionnel russe. Ils soupçonnent même la Russie de saboter le projet. Que la "journée des territoires du nord" (7 février) ait été largement célébrée au niveau officiel ne signifie qu'une chose : le Yamato veut du pétrole. Serguéi Lavrov, qui ne mâche pas ses mots, ferait bien de se familiariser avec les finesses orientales.

    Izvestia

    Le Kremlin lance un programme de rapatriement

    D'ici au 1-er juin la Russie doit adopter un programme d'assistance au rapatriement bénévole des compatriotes. Vladimir Poutine a signé un décret approprié, a-t-on appris hier.

    Le président a déjà plus d'une fois annoncé que la Russie a besoin d'un afflux de migrants, en précisant cependant qu'ils devraient s'installer dans les régions et travailler dans les industries où leur présence sera la plus efficace. Le programme devra assurer l'afflux non seulement de main-d'�uvre provisoire, mais de spécialistes qualifiés. C'est-à-dire, dans l'idéal, le rapatriement doit être une réponse à la "fuite des cerveaux" pour tenter d'assurer leur retour au pays.

    "C'est en fait une tentative de corriger les erreurs commises lors de l'adoption de la loi sur la citoyenneté qui a causé un préjudice énorme au pays", estime Valeri Tichkov, directeur de l'Institut ethnologique et anthropologique de l'Académie des sciences de Russie et membre de la Chambre civile. "Nettoyer l'espace post-soviétique des Russes serait une grande erreur stratégique. La présence de populations russes dans de nombreux pays est un facteur qui ne permet pas à l'extrémisme ethnique de se déchaîner", affirme l'expert.

    L'expérience d'autres pays qui ont réalisé des programmes de rapatriement nous fournit un plan d'actions approximatif. Le rapatriement est un processus strictement contrôlé : le programme doit stipuler nettement le nombre nécessaire de personnes, dont chacune passe un entretien, la région qui doit accueillir les immigrants, parfois le métier qu'ils doivent posséder. Par exemple Israël qui pratique le rapatriement depuis sa création maîtrise les finesses de cet art : il élabore des sous-programmes, par exemple pour les stomatologues. D'autre part, le rapatriement requiert des financements publics considérables : outre le passeport, des conditions de vie et de travail normales doivent être assurées à la personne qui a décidé de revenir.

    Nezavissimaia gazeta

    Les députés veulent s'autoriser à travailler dans les structures commerciales

    Les députés de la Douma (chambre basse du parlement russe) pourront bientôt assumer la direction - par cumul - de grandes structures commerciales russes. A la récente réunion de la fraction Russie unie, l'élaboration du projet de loi approprié a été confiée à certains parlementaires du parti du pouvoir, notamment à Lioubov Sliska, première vice-présidente de la Douma, et à Artour Tchilingarov, vice-président de la chambre basse.

    Ce dernier a montré mardi le projet fin prêt qui contient quelques lignes sur l'annulation de la clause interdisant aux députés de la Douma et aux sénateurs (membres du Conseil de la Fédération, chambre haute du parlement russe) "d'être membres du conseil d'administration d'une société ou autre organisation commerciale".

    Artour Tchilingarov a spécialement souligné qu'il ne s'agissait pas d'une activité rémunérée: "On peut représenter les intérêts de l'Etat sans être rémunéré par les sociétés par actions". Comme l'a précisé le vice-président de la Douma, "des représentants du gouvernement, de l'administration présidentielle, des ministères et des départements y sont déjà présents, mais il n'y a pas de représentants du pouvoir législatif".

    Serguei Rechoulski, coordinateur de la fraction KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie), a rappelé que la Constitution interdisait aux députés un tel cumul. Selon lui, cette initiative témoigne "du désir de légaliser ce qui existe déjà: certains députés enfreignent l'interdiction". Viktor Ilioukhine, vice-président du comité pour la sécurité, estime que les intérêts cupides, matériels intéressent probablement plus la fraction Russie unie que les problèmes des gens. De l'avis de Dmitri Rogozine, leader de la fraction Rodina (Patrie), "les députés sont suffisamment payés pour ne pas penser à de nouvelles sources de gain".

    Les dirigeants des associations d'hommes d'affaires ne sont pas enthousiasmés par la nouvelle parvenue de la Douma. Alexandre Ioffe, président de l'Association russe des petites et moyennes entreprises, a déclaré: "Si l'on estime que nos députés sont des gens irréprochables, il serait ridicule d'objecter. Cependant, je ne suis pas sûr que les députés ne soient pas impliqués dans des affaires de lobbyisme, y compris au niveau législatif".

    Kommersant

    La douane prévoit de légaliser l'importation d'appareils électroménagers

    Les dirigeants du Service fédéral des douanes (FTS) ont annoncé mardi leur projet ambitieux de légaliser totalement l'importation d'appareils électroménagers. Les douaniers comptent y parvenir en compliquant les procédures de déclaration des marchandises et en créant une base unique de données sur les prix des produits importés. Les experts et les intervenants sur le marché ont réagi avec scepticisme aux déclarations des fonctionnaires: malgré le durcissement en 2005 du contrôle de l'importation des appareils électroménagers et électroniques, plus de la moitié du matériel parvenant en Russie suit des schémas de contrebande.

    D'après les données du FTS, les appareils électroménagers et électroniques importés en Russie en 2005 ont été évalués à 4,2 milliards de dollars (contre 2 milliards en 2004). Cependant, selon l'Association des compagnies commerciales et des producteurs d'électroménager et d'ordinateurs (RATEK), la somme réelle des appareils électroménagers et électroniques livrés à la Russie a constitué environ 12 milliards de dollars.

    Le FTS a l'intention de mener des opérations de dépistage des importations malhonnêtes conjointement avec les services douaniers de la Finlande d'où parvient en Russie près de 60% de l'électroménager et avec ceux des pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants), de créer une base unique de données sur les prix de tous les types d'appareils électroniques et de contrôler leur vente sur le marché intérieur.

    Les experts qualifient d'exagérés les espoirs des douaniers liés à l'introduction d'un contrôle supplémentaire. "A la fin de l'année dernière, la proportion de téléphones portables légalement importés est passée de 10 à 50%, fait remarquer Anton Gouskov, responsable des relations publiques de la RATEK. Mais les importateurs malhonnêtes ont la possibilité de minorer le coût en douane en recourant aux intermédiaires off shore. Il n'est possible de légaliser au maximum le marché qu'en passant à l'importation directe du matériel".

    Les mesures proposées par le FTS n'assureront pas la légalisation totale de l'importation et ne feront qu'entraîner des frais supplémentaires, a dit Elizaveta Totounova, directrice des relations publiques du réseau de distribution Mir. Quant à l'idée de créer une base unique de données sur les prix, le FTS provoquera une plus grande confusion, car les importateurs achètent les produits à des prix différents, en fonction des volumes et des conditions de travail avec les producteurs".

    Novye izvestia

    La crème des inventions russes part à l'étranger

    La Journée de la science est célébrée ce mercredi en Russie. Cependant, beaucoup de chercheurs n'ont pas l'esprit à la fête. C'est qu'aujourd'hui le fruit de leur travail - les inventions - n'intéresse presque plus personne. Et ils baissent les bras devant cette indifférence de l'Etat et des fonctionnaires. Par contre, la situation qui prévaut actuellement est savamment utilisée par les sociétés industrielles occidentales qui s'en donnent à coeur joie d'acheter les inventions russes à vil prix et sans barrières bureaucratiques.

    Les fonctionnaires du Rospatent (Service fédéral des brevets) et du ministère de l'Education et de la Science ne voient dans cela rien de bien inquiétant du moment que l'économie n'est pas en mesure d'assimiler même la plus petite partie de ces inventions. Finalement, selon les calculs les plus modestes, au cours des dix dernières années la Russie a perdu plus de 30 milliards de dollars d'inventions non matérialisées.

    "La diminution du nombre de patentes délivrées (500 en 2005, soit 4% de moins qu'en 2004) ne signifie pas du tout qu'il y a moins d'inventeurs, a dit le président du Conseil informationnel du Service fédéral pour la propriété intellectuelle, Sergueï Louknitski. Non, c'est que maintenant les inventeurs n'ont pas la possibilité de faire breveter leurs idées. Vous avez déjà essayé de promouvoir un dossier auprès des instances bureaucratiques? C'est un véritable parcours du combattant".

    "Les sociétés commerciales sont trop récentes pour investir de l'argent dans la matérialisation de dispositifs techniques inédits. Quant aux entreprises anciennes, elles jugent plus avantageux d'acheter des technologies nouvelles à l'étranger, se plaint Vassili Fiodorov, détenteur d'une kyrielle de brevets. Il est plus simple d'acheter à l'étranger une chaîne d'assemblage de voitures, de téléviseurs ou de magnétophones que d'élaborer quelque chose soi-même".

    Très significative est l'histoire du microprocesseur russe Elbrous qui avait été conçu pour équiper des superordinateurs modernes, de l'avionique et des matériels militaires. De l'avis des spécialistes d'Intel, le rendement d'Elbrous est supérieur aux analogues américains. Le travail sur ce microprocesseur était sur le point de s'achever, mais les concepteurs n'ont pas réussi à trouver l'argent nécessaire pour lancer sa production. Les banques et les structures publiques ont estimé que sa fabrication n'apporterait aucun avantage. Finalement, en 2004 Elbrous et ses pères presque au complet sont passés chez Intel.

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