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    Le miracle spatial chinois

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    Par Andreï Kisliakiov, commentateur politique de RIA Novosti

    Dans les constructions mécaniques, l'industrie nucléaire, les transports et l'astronautique chinois il n'y a aucun miracle dans le sens que nous donnons à ce terme habituellement. Non, tout simplement les dirigeants chinois sont conscients de la signification du progrès scientifique et technique pour l'économie du pays et des avantages que procurent les gros investissements dans la science et la technique. Un exemple tout simple. En 2003, les dépenses pour la recherche-développement représentaient 1,3% du PIB et plaçaient la Chine en 37e position dans le monde et à la 12e pour les dépenses consacrées à la recherche.

    Dans le cadre d'une telle conception, le développement des hautes technologies, un secteur qui aujourd'hui détermine le statut de puissance mondiale, ne saurait être autrement qu'accéléré. Voici quelques réalisations affichées par la Chine au cours du 10e quinquennat 2001-2005 dans l'astronautique et les hautes technologies:

    - lancement en octobre 2003 du premier vaisseau spatial habité;

    - deuxième lancement en octobre 2005 d'un vaisseau emportant deux taïkonautes à bord;

    - placement sur orbite de six satellites météorologiques de la série Fengyun;

    - lancement de la fabrication de téléviseurs TCL avec utilisation du label Thomson;

    - victoire dans la course à l'organisation des Jeux Olympiques de 2008, qui seront retransmis par la télévision numérique;

    - création à Pékin de la zone de développement scientifique et technologique Zhongguancun (17 universités, 50 centres académiques de recherches) et de 30 technopoles un peu partout dans le pays;

    - inauguration en décembre 2002 d'un monorail reliant Shanghai à Pudong;

    - maîtrise de la technologie du clonage (quatrième pays au monde);

    - création d'un superordinateur capable d'effectuer 11000 milliards d'opérations à la seconde;

    - exploration de l'Antarctique et ouverture de la première station polaire chinoise au Spitzberg.

    L'idée de transformer la Chine en grande puissance mondiale est visiblement liée à la réalisation de la conception de la puissance nationale globale, dans laquelle une place particulière est conférée au programme spatial.

    Le lancement, le 24 avril 1970, du premier satellite Dongfanghong-1, peut être considéré comme le point de départ de l'astronautique chinoise. Aujourd'hui la Chine est le troisième pays au monde à avoir maîtrisé la technologie du retour sur Terre des satellites artificiels avec un taux de fiabilité conforme aux standards internationaux et le cinquième à pouvoir mettre au point et à lancer des satellites de télécommunications géostationnaires. Au début des années 90, la Chine s'était hissée au niveau mondial dans le domaine des satellites météorologiques et des satellites d'observation de la Terre.

    Le vice-président de l'Institut des technologies spatiales de la Chine, Xu Fuxiang, a déclaré que son pays était désormais capable de fabriquer des satellites de petites dimensions pour les besoins civils et militaires, dont des satellites de navigation et de télécommunications.

    La Chine possède une vingtaine de satellites-espions à même d'observer les déplacements de troupes et de navires. Selon l'Institut d'études stratégiques des Etats-Unis, les forces armées chinoises ont passé commande d'un système de satellites destiné à fournir en temps réel des informations sur l'ennemi à toutes les formations militaires sur le terrain, y compris les plus petites.

    D'un autre côté, en octobre de l'année dernière la version en ligne du Renmin Ribao (Drapeau Rouge) avait cité le concepteur en chef du programme chinois de vols habités, Wang Yongzhi. Celui-ci avait relevé que la Chine réalisait un programme spatial civil, exclusivement pour ses propres besoins et conforme aux réalités de la Chine.

    A cet égard il est remarquable que les succès de la Chine dans les domaines de la balistique, des lancements de satellites et plus particulièrement dans celui des vols pilotés sont associés exclusivement aux réalisations de l'Union soviétique et de la Russie. Cependant, en dépit de la ressemblance d'ensemble des matériels spatiaux dans le monde et de la similitude des objectifs des programmes spatiaux nationaux, on ne saurait sous-estimer les propres acquis de la Chine. Car ce n'est pas en restant indéfiniment à côté d'un chauffeur que l'on apprend à conduire.

    Cela dit, on ne saurait minimiser la portée de la coopération russo-chinoise en astronautique, surtout dans le domaine des futurs programmes d'exploration de l'espace lointain. Un programme décennal de coopération ad hoc devrait être lancé en 2007.

    Roskosmos avait annoncé à la fin de l'année dernière que la Russie avait proposé à la Chine de concevoir conjointement une mini-sonde destinée à être placée sur une orbite martienne en 2008-2009. En outre, Roskosmos a fait part de sa disposition à prendre part à l'exploration de la Lune dans le cadre du programme chinois. La Russie envisage de créer un satellite pour l'étude de la Lune et elle a suggéré à la Chine de s'impliquer dans ce projet.

    La conjugaison des efforts de la Russie, grande puissance spatiale, et de la Chine, un pays dont l'économie est en plein essor, permettrait de réaliser prochainement d'ambitieux projets en matière d'exploration interplanétaire.

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