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    La Russie vue par la presse de la CEI et des pays baltes

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    ESTONIE

    L'intervention du vice-président américain Dick Cheney à la conférence des pays de la mer Noire et de la Baltique à Vilnius, dans laquelle il a violemment critiqué la Russie pour les limitations des droits de l'homme et les pressions économiques sur les Etats voisins, reste l'un des sujets les plus débattus par les médias estoniens. "La Russie bénéficie actuellement d'une attention particulière, car elle présidera le sommet du G8. Si la Russie spécule sur ses ressources énergétiques, impose des restrictions à la liberté des médias et renforce le pouvoir central, il devient clair qu'elle est loin de la démocratie et du bien-être mondial. La Russie accuse les autres de ressusciter les "fantômes de la guerre froide" mais, en réalité, c'est Moscou qui rétablit pas à pas le potentiel des époques révolues, à l'exception de la menace directe de recours à la force" ("Postimees", 09.05).

    La presse suppose que le forum de Vilnius a été une sorte de préparation au sommet du G8 qui se déroulera en juillet à Saint-Pétersbourg. "En partant du bilan de la rencontre de Vilnius, on peut évoquer l'existence de l'agenda politique Russie-Occident. Mais il ne faut pas dramatiser, comme le font les observateurs qui prédisent le début d'une nouvelle "guerre froide". L'époque et les circonstances ne sont pas les mêmes et, pour une plus grande confrontation, il faut que les forces soient égales. La Russie n'est plus la même, aussi fort que soit son désir de redevenir ce qu'elle a été dans le passé. Il serait donc plus raisonnable de considérer la rencontre de Vilnius comme une préparation au sommet de Saint-Pétersbourg. De quoi pourrait-il s'agir en juillet à Saint-Pétersbourg ? La Russie, au lieu d'une tape amicale sur l'épaule, devra écouter des remontrances. Relatives, en premier lieu, à la situation politique intérieure dans le pays" (Parnu Postimees", 11.05).

    La campagne visant à jeter le discrédit sur la Russie en tant que fournisseur fiable de ressources énergétiques se poursuit. "Les anciens membres de l'UE se sont retrouvés dans une telle dépendance vis-à-vis du gaz russe qu'ils n'ont plus aucune envie de résister à la Russie dont les dirigeants ont fait comprendre leur désir d'utiliser les ressources énergétiques comme une arme politique "("Eesti Paevaleht", 05.05).

    LETTONIE

    L'intervention du président russe au Kremlin est présentée par les journaux de langue lettonne comme l'annonce d'une nouvelle course aux armements. "Le message annuel de Vladimir Poutine dans lequel il a tenté de contrarier les Américains et a beaucoup parlé de l'accroissement de la puissance militaire de la Russie pourrait être considéré comme le coup d'envoi d'une nouvelle course aux armements entre Moscou et Washington (...). Tout montre que le Kremlin a décidé de renoncer à la conception du monde "multipolaire", à l'aide de laquelle il avait essayé, dans les années 1990, de s'opposer au monde unipolaire formé par l'unique superpuissance, les Etats-Unis. L'intention de la Russie de s'engager dans une nouvelle course témoigne de son intention de renouveler l'ordre mondial bipolaire des années de la "guerre froide", lorsque la planète était divisée en deux camps dirigés par les Etats-Unis et l'URSS" ("Diena", 12.05).

    Certains analystes lient la recrudescence des crimes xénophobes en Russie à la campagne électorale qui vient de commencer. "Il se peut que les techniciens en politique travaillant pour le compte du Kremlin estiment que les activités des groupes et des partis xénophobes pourraient intimider l'Occident et une grande partie de la population russe. Cela devrait, selon eux, pousser les électeurs à voter en 2007 et 2008 pour les milieux actuellement au pouvoir et issus essentiellement du KGB. Il importe d'obtenir que le moins possible d'électeurs russes et d'hommes politiques occidentaux comptent sur les libéraux russes restants et que le Kremlin présente comme des traîtres et comme la principale menace à sa superpuissance" ("Latvijas avize", 08.05).

    LITUANIE

    Le gros des informations est consacré à la conférence de Vilnius des pays de la mer Noire et de la Baltique. "Il n'y a pas d'alternative à la démocratie. De ce fait, la Lituanie et les autres pays démocratiques sont prêts à enseigner les principes de la démocratie aux pays réfractaires, avant tout à la Biélorussie et à la Russie" ("Kauno dena", 05.05). "Même si le principal thème de la conférence était le développement de la démocratie dans les pays de l'est voisins (...), on peut affirmer ouvertement que son objectif numéro un consistait à encourager le développement de l'UE et même de l'OTAN vers l'Est ou, au moins, à sonder les perspectives d'un tel développement" ("Veidas", 15.05).

    La presse lituanienne a surtout attiré l'attention sur le fait que le Kremlin avait totalement ignoré la conférence de Vilnius. Elle a attentivement suivi les commentaires négatifs des politiques russes qui ont comparé le discours de Dick Cheney à celui de Churchill à Fulton en 1946.

    Les journaux sont unanimes à affirmer que le dédain affiché par Moscou envers les critiques occidentales témoigne de ce que le Kremlin est sûr de la stabilité de ses positions sur le marché énergétique mondial. "Le leader russe a fait clairement comprendre qu'il se considère comme le dirigeant d'un Etat qui monte. D'un Etat qui en a fini avec la dégradation de la dernière décennie du siècle dernier et qui a conscience de ses intérêts nationaux qu'il est prêt à les défendre même lorsqu'ils divergent avec ceux des Etats-Unis (...). Ce message était une réponse claire aux critiques récemment émises par le vice-président américain Cheney. Le discours de Poutine a montré que les Etats-Unis s'adressent à une Russie qui n'existe plus" ("Lietuvos zinios", 13.05). "La renaissance de la politique agressive russe qui s'appuie sur les hauts cours du pétrole sur les marchés internationaux a commencé. Le Kremlin est sûr que ses ressources énergétiques presque inépuisables feront céder les pays d'Occident. Même en Russie, les libéraux remarquent que quoi que fasse le Kremlin, Vladimir Poutine reçoit, de la part de l'Occident, une tape sur l'épaule et signe un contrat juteux (...). D'aucuns craignent qu'au lendemain du sommet du G-8 le comportement de la Russie envers ses voisins soit encore plus insolent" ("Lietuvos rytas", 13.05).

    UKRAINE

    La longue période de refroidissement des relations avec Moscou et l'absence de progrès sur le volet "russe" de la politique extérieure dans le contexte du conflit "gazier" qui se profile ont servi de prétexte aux récentes déclarations de certaines personnalités officielles ukrainiennes qui ont remis en question la nécessité de la présence de l'Ukraine au sein de la CEI (Communauté des Etats indépendants). En prévoyant la réaction du Kremlin à ces démarches de Kiev, les éditions ukrainiennes ne doutent pas que Moscou donnera une réponse "adéquate".

    "Après toutes les zizanies gazières et alimentaires (viande et lait) il est difficile d'imaginer ce que peut encore inventer la Russie pour punir ceux qui ont trahi l'idée de l'unité de la CEI" ("Gazeta po-kievski", 10.05).

    "Si l'Ukraine se retire de la CEI, les marchés de la CEI s'éloigneront de l'Ukraine... Les conséquences concerneront le versement de l'assistance sociale, de l'argent aux Ukrainiens qui vivent dans les autres pays de la CEI... Si elle se retire de la CEI, la question de l'annulation de ces avantages s'imposera" ("Delo", 10.05).

    Certaines sources recommandent de ne pas se hâter d'adopter une décision définitive quant au retrait de la CEI.

    "Est-ce que ce retrait vaut les conséquences négatives que nous subirons? Il ne faut pas tuer un malade incurable" (ForUm, 12.05).

    D'autres experts se prononcent en faveur de la recherche de nouvelles formes de partenariat de l'Ukraine avec la Fédération de Russie et d'autres pays de l'espace post-soviétique, en premier lieu de partenariat économique.

    "Les diverses formes de coopération dans l'espace postsoviétique se justifient économiquement plus que la présence au sein de la CEI" (ForUm, 12.05).

    Certains médias ont trouvé dans le message du président russe une allusion dissimulée à l'escalade ultérieure de la tension dans les relations avec Kiev.

    "Poutine a formulé assez nettement sa prétention au leadership dans l'espace post-soviétique, et il cherchera à soumettre aux intérêts russes ses voisins les plus proches... La "pacification" de l'Ukraine est une des tâches clés pour les dirigeants russes" ("Obozrevatel", 15.05).

    MOLDAVIE

    Les commentateurs affirment que le sommet de Vilnius a marqué la création d'une alliance anti-russe avec l'envoi d'un ultimatum à la Russie et à ses "ambitions impériales".

    L'éloignement de la Russie du monde libre est devenu si évident qu'il est impossible de le passer sous silence. Washington n'a plus qu'à prendre les mesures de précaution qui s'imposent. Les Américains ont décidé de séparer la Russie potentiellement hostile par un mur de protection, un cordon sanitaire... Sur les ruines du Traité de Varsovie, on voit donc se former son antipode, un "Pacte de Vilnius", appelé à rabattre les ambitions revanchardes de la Russie" ("Fluks", 12.05).

    Selon les observateurs, l'élite politique russe n'est pas à même de se rendre compte des changements survenus dans l'espace post-soviétique.

    "La Russie n'arrive pas à former de mécanismes adéquats d'application de sa politique extérieure, elle utilise un arsenal de moyens obsolètes. C'est pourquoi la déclaration de Condoleezza Rice [selon laquelle les Etats-Unis ont des intérêts légitimes et des liens avec les pays qui faisaient partie de l'Union soviétique] est saluée par tous ceux qui sont las des prétentions et des caprices du "frère aîné", qui n'a rien proposé de constructif depuis 15 ans à ses anciens alliés de la CEI" ("Moldova Suverana", 04.05).

    ARMENIE

    Les médias se montrent préoccupés par la façon dont se déroule l'enquête sur l'accident de l'A-320 arménien qui s'est abîmé en mer Noire, près de Sotchi, et accusent la Russie de dissimuler les vraies raisons du crash. "Si la Russie avait réellement intérêt à éclaircir les origines de la catastrophe, si elle était réellement innocente, elle aurait présenté l'enregistrement des conversations entre le pilote arménien et le contrôleur aérien russe" (168-jam, 06.05). "Les médias russes et certains fonctionnaires tentent de rejeter l'entière responsabilité de l'accident sur les pilotes. Qu'y a-t-il de plus facile et de plus immoral que d'accuser des morts?" (Aravot, 06.05). "La vérité ne refera surface qu'avec le feu vert russe. Si l'enquête sur les origines de l'accident aérien s'éternise et tombe dans les oubliettes, on pourra affirmer avec certitude que la responsabilité incombe essentiellement à la Russie" (Aravot, 11.05).

    La Russie est directement accusée de soutenir et d'encourager le mouvement des skinheads. "Il semble que le slogan fasciste 'La Russie aux Russes' inquiète peu les forces de l'ordre. Alors que toutes les actions des skinheads se déroulent en public, souvent en présence de nombreux témoins, les forces de l'ordre russes ne peuvent ou ne veulent pas rechercher les criminels, les punir et couper court aux manifestations des jeunes fascisants aux crânes rasés" (Azg, 04.05). "La société russe connaît une recrudescence des tendances xénophobes, fascistes, nazies et chauvines" (Aravot, 04.05).

    GEORGIE

    L'hypothèse du retrait de la CEI annoncée par la Géorgie fait la "une" des médias depuis les dernières semaines. Si les autorités insistent sur la nécessité de mesurer tous les "pour" et les "contre" de cette démarche, la presse en parle comme d'une chose décidée. "Presque personne ne doute que la Géorgie quittera la CEI. On dit même que le président géorgien veut en faire cadeau à son peuple à l'occasion du Jour de l'Indépendance, le 26 mai" (Rezonansi, 12.05). "Deux pays (Géorgie et Ukraine) ont préalablement annoncé leur retrait de la CEI. Il se peut que la Moldavie leur emboîte le pas pour marquer le début du démembrement de la CEI" (24-saati, 06.05).

    Certains experts estiment qu'en quittant la CEI la Géorgie ne sera plus en mesure de régler ses problèmes économiques. D'autres pensent que le retrait de la CEI aggravera les relations russo-géorgiennes. "Si nous décidons aujourd'hui de quitter la CEI, cela veut dire... que nous paierons plus cher le gaz et l'électricité... En Géorgie, l'agriculture et l'industrie sont inexistantes. C'est un pays consommateur où les conditions sociales sont médiocres... Comment la Géorgie peut-elle intégrer l'Union européenne?... Si nous quittons la CEI, nous ne pourrons plus satisfaire nos besoins énergétiques" (Akhali Taoba, 08.05). "La Russie interpréterait notre retrait de la CEI comme un camouflet. Nous devons donc réfléchir à l'utilité de cette démarche pour la Géorgie. Si nous faisons preuve de pragmatisme et de sang-froid, nous comprendrons qu'en quittant la CEI nous aggraverons nos relations avec la Russie" (Sakartvelos Respoublika, 09.05).

    La suspension par la Russie de l'importation des eaux minérales Borjomi et Nabeglavi qui a suivi l'embargo sur le vin géorgien n'a pas étonné les analystes. Ces derniers avertissent que Moscou ne s'arrêtera pas là et que les pressions économiques sur la Géorgie vont s'accentuer. "La Russie ne s'arrêtera pas à l'embargo frappant le vin géorgien et l'eau Borjomi. D'autant plus que nul n'est dupe au Kremlin, car nous avons affaire à des professionnels, des professionnels aux allures impériales qui excellent dans l'art de l'expansion. Tout régime de bon voisinage est fondamentalement contraire à la mentalité expansionniste et impériale de Moscou" (Rezonansi, 10.05). "La coupure des communications aériennes et terrestres devrait être la prochaine démarche russe à l'encontre de la Géorgie. Dans les milieux politiques russes, on évoque ouvertement une diminution des contacts dans le domaine bancaire... Il est évident que la Russie a acculé la Géorgie au pied du mur... Une menace réelle de destruction plane sur le pays" (Georgian Times, 11-18.05).

    AZERBAÏDJAN

    L'éventuel retrait de la CEI annoncée par la Géorgie serait un précédent gênant pour le Kremlin. "Moscou tente toujours de faire bonne mine à mauvais jeu... Beaucoup d'analystes sont convaincus que Moscou ferait bien de ne pas sous-estimer le danger potentiel que représente la démarche géorgienne: si Tbilissi va jusqu'au bout, un précédent remarquable entachera l'histoire de la CEI. C'est d'autant plus froissant que la Russie aurait elle-même poussé la Géorgie à cette démarche radicale. Mais elle semble avoir oublié un détail: désormais, les décisions sont prises non seulement à Moscou, mais aussi à Tbilissi" (Ekho, 04.05).

    Les médias critiquent les activités déployées par les compagnies pétrolières et gazières russes dans la région de la mer Caspienne. "Moscou s'apprête à investir des milliards de dollars dans les grands gisements pétro-gaziers de la mer Caspienne... Et si par le passé la Russie usait du chantage et de la menace pour contrer l'intention de l'Occident de mettre la main sur les ressources énergétiques de la Caspienne, le Kremlin semble avoir emprunté un autre chemin. Grâce aux milliards de pétrodollars, la Russie peut désormais rétablir son contrôle sur la région par le biais des investissements" (Ekspress, 12.05).

    KAZAKHSTAN

    L'aggravation du conflit entre la Russie et la Géorgie a provoqué de vives discussions dans la presse. Commentant l'intention de Tbilissi de se retirer de la CEI, les journalistes critiquent la politique antirusse des autorités géorgiennes et insistent sur l'absurdité des accusations réciproques. "Les pragmatiques comprennent que malgré le retrait de la CEI, les pays sortants ne se débarrasseront pas de la Russie qui continuera à exercer des pressions... Mikhaïl Saakachvili a reconnu lui-même que la Géorgie et la Russie sont voués à être voisins... Quant à la Russie, elle passe traditionnellement d'un excès à l'autre... A présent, elle brandit la matraque tout en s'étonnant qu'on ne l'aime pas trop" (Liter.kz, 11.05).

    Les journaux reviennent sur la création d'une alliance des pays d'Asie Centrale, initiée par le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev en février 2005. Les intérêts géopolitiques des grandes puissances, surtout de la Russie, entravent la création d'une telle union, selon les observateurs. "La Russie veut tenir le haut du pavé en Asie Centrale, elle souhaite une intégration maximale avec le Kazakhstan, mais s'oppose à l'intégration entre le Kazakhstan et les pays centrasiatiques. Il y a trop de contradictions entre ces pays; les États de la région sont trop différents... Il ne reste qu'à intimider la Russie et la Chine par une éventuelle union, au lieu de s'unir pour de bon (Kompromat.kz, 15.05).

    Les médias insistent sur l'idée que Moscou est indifférent aux communautés russes des pays étrangers, notamment du Kazakhstan. Une telle politique encourage les sentiments antirusses dans les États postsoviétiques. "Les États-Unis ont tendance à appuyer le bilinguisme et la société bicommunautaire à condition que la communauté russe de l'Ukraine soit hostile à Moscou. Comme la politique russe à l'égard des États postsoviétiques ne fait que rebuter les Russes qui y résident, la stratégie américaine a de fortes chances de réussir... Si les Russes du Kazakhstan lancent un mouvement de protestation, ils rechercheront assistance et soutien auprès de l'Occident" (Navigator II, 04.05).

    KIRGHIZIE

    Les médias s'intéressent aux problèmes des immigrés en Russie. "Pour le moment, les migrations de travail font du bien au pays... Mais la Kirghizie a pratiquement perdu son élite ouvrière. Un tel reflux portera un préjudice économique, social, politique et intellectuel à la république" (Kabar, 11.05).

    OUZBEKISTAN

    La presse d'opposition accorde une attention particulière à l'intention du président ouzbek d'encourager la privatisation d'entreprises ouzbèques par des hommes d'affaires russes. Les journalistes supposent que l'Ouzbékistan fait des concessions économiques à la Russie en échange de l'indulgence du Kremlin envers les événements d'Andijan. "La faiblesse du président ouzbek profite à Moscou. La Russie va tirer un avantage économique de la situation difficile de son allié centrasiatique. Ces derniers temps, des fonctionnaires de haut rang et des dirigeants de monopoles publics russes viennent souvent à Tachkent" (Ferghana.Ru, 12.05).

    TADJIKISTAN

    Le sort de la centrale hydraulique de Rogoun reste le thème préféré des médias qui évoquent les problèmes du chantier. Les journalistes estiment que l'intérêt réciproque russo-tadjik permettra de surmonter les divergences et d'achever la réalisation du projet. "La Russie souhaite conforter sa présence économique et politique dans la région en coulant ses déclarations et ses intentions dans le béton et l'acier, en complétant la politique par l'économie... Quant au Tadjikistan, ce projet lui donne une chance de sortir d'une crise économique longue de dix ans, de relever son rôle et son prestige dans la politique régionale" (Avesta, 04.05).

    La presse craint de plus en plus souvent que la Russie cherche plutôt à atteindre des objectifs politiques en réalisant des projets économiques (en l'occurrence, les projets de construction des centrales hydrauliques de Rogoun et de Sangtouda) au Tadjikistan. "Il reste encore du temps pour revoir la décision de remettre ces ouvrages à la Russie, pour ne pas mettre en péril l'indépendance tadjique, pas seulement sur le plan énergétique" (Millat, 04.05). "Les propos des représentants de la Russie sur leurs projets d'exportation d'électricité et de diminution de la part tadjique dans les projets déçoit le peuple tadjik... Les investissements étrangers sont aussi indispensables que l'air à la république. Mais il faut agir de sorte que les actions du gouvernement ne portent pas atteinte à l'indépendance de notre pays, selon les spécialistes" (Nadjot, 11.05).

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